Quelles leçons tirer des ventes massives sur l’obligataire en novembre ?

Novembre a vu une frénésie soudaine d’échanges sur le marché obligataire. Voici un aperçu des raisons qui expliquent cette situation, comment le marché a réagi et ce que nous en avons appris.

Novembre a été un mois exceptionnellement volatile pour les marchés obligataires et, pour être précis, il s’agit du pire trimestre depuis 2011 pour les obligations High Yield. Les spreads se sont élargis depuis près de deux mois et demi maintenant. Lorsque ce type de volatilité frappe, cela engendre une certaine nervosité chez les investisseurs obligataires pour la sécurité et la stabilité des rendements.

La vague rouge

Comme les spreads se sont soudainement élargis, il n’y a plus de place pour se cacher. Toutes les catégories du fixed income et les investissements obligataires en souffrent, et les marchés vont dans le rouge. Les rapports soulignent que les marchés du crédit ont connu l’une des pires années depuis la crise financière mondiale.

Les papiers high yield et l’investment grade se dirigent vers des pertes, en euros comme en dollars, et les relevés laissent entendre que ce sera la première fois que tous les quatre segments afficheront un rendement négatif depuis 2008.

Les raisons de la volatilité sont dictées par la faiblesse de la macroéconomie et des inquiétudes concernant la croissance mondiale. La crainte de la Banque Centrale Européenne (BCE) mettant fin à son programme de rachat a également poussé les spreads à s’élargir.

Il y a des inquiétudes concernant l’évolution de la politique de taux d’intérêt de la Banque Centrale. Cependant, chez Evli, nous pensons que la BCE gardera des taux à court terme inférieurs à 0% au moins jusqu’à l’été prochain. Les taux négatifs de la BCE fourniront une certaine stabilité aux investisseurs. La « recherche de rendement » reviendra rapidement car les investisseurs ont besoin de trouver du rendement positif. Cela pourrait signifier que les obligations corporate à duration courte se reprendront rapidement. Aussi, comme tant de fois par le passé, les frénésies de ventes massives sur les marchés commencent soudainement, mais elles finissent tout aussi brusquement pour s’orienter vers un rallye sur le marché.

Des côtés positifs

Actuellement, nous observons une attitude défensive sur le marché. Les investisseurs s’efforcent d’éviter les pertes plutôt que de chasser les rendements. Même dans des situations aussi sinistres où tout le monde est perdant, certains ont moins souffert que d’autres. Par exemple, comme dans toutes les ventes massives, le high yield a sous-performé l’investment grade.

Mais ces ventes massives et brutales signifient que les niveaux de spreads sont au-dessus des niveaux médians à long terme, particulièrement dans le high yield, ce qui signifie que pour un investisseur à long terme les niveaux de spreads aussi bien que les rendements en absolu redeviennent à nouveau très lucratifs. Personne ne sait quand le marché tournera, mais nous sommes certainement plus près du bas que du haut.

Pour les investisseurs actuellement investis dans des titres à rendement faible, les obligations d’Etat de duration longue, le marché investment grade de même duration commence à redevenir une alternative intéressante après les ventes massives. Une grande partie des actions à venir de la BCE sont intégrées et, dans de nombreux cas, les rendements sont maintenant de nouveau à des niveaux intéressants. Mais à ce stade du cycle économique, vous devez faire votre sélection de titres obligataires judicieusement car tout ce qui brille n’est pas nécessairement d’or.

L’observation des obligations nordiques a également été intéressante, en particulier pour Evli. Elles ont surperformé à la fois les titres investment grade et les obligations high yield.

Bien qu’habituellement considéré comme plus risqué, il s’avère, même dans le passé, que le marché des obligations nordiques tend à s’améliorer lorsque d’autres marchés européens sont dans la tourmente. Nous avons également vu une tendance similaire plus tôt cette année. Pendant la crise politique en Italie, les effets ont été ressentis sur le marché des entreprises à travers l’Europe tandis que le marché nordique est resté calme.

Cette surperformance peut être créditée au fait que les obligations nordiques ont des maturités plus courtes et les entreprises sont en bonne santé financière. En outre, un autre facteur important est que les ETFs, qui ont tendance à avoir une base d’investisseurs très cycliques, ne sont pas présents dans les pays nordiques. Le marché des obligations nordiques dispose donc d’une base d’investisseurs plus stable.

En outre, certains investisseurs remettent en cause la liquidité sur le marché des obligations nordiques au cours d’une situation de ventes massives. Mais le marché a été pleinement fonctionnel en novembre.

Pendant les pires jours pour la catégorie investment grade et les segments obligataires corporate, il n’y avait que des vendeurs. Cependant, pour les obligations nordiques, il y avait tout le temps des acheteurs.

L’intérêt a été perçu de part et d’autre du marché, ce qui est un très bon signe de liquidités dans des conditions de marché difficile.

Tout cela est simplement une nouvelle preuve que les pays nordiques sont un marché obligataire stable.

Mikael Lundström , Décembre 2018

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Stratégie Actions américaines : comment investir à ce stade du cycle ?

Avec une collecte record de 15 milliards d’euros à fin août, soit plus de 60% de la collecte totale du marché européen des ETF actions, les actions américaines dominent largement les flux ETF depuis le début de l’année, témoignant de l’intérêt d’investisseurs avides du moindre de (...)

© Next Finance 2006 - 2019 - Tous droits réservés