Opportunités alors que le pétrole approche de son niveau le plus bas

Les prix du pétrole suivent une tendance baissière. Le Brent (référence internationale des prix) et le WTI (référence américaine) ont tous deux reculé de plus de 30% par rapport aux sommets de 2018. Où va le pétrole à partir de là ? Nous voyons les prix du pétrole proches de leur plus bas et une reprise potentielle des prix ouvrant des perspectives aux investisseurs.

Les prix du pétrole suivent une tendance baissière. Le Brent (référence internationale des prix) et le WTI (référence américaine) ont tous deux reculé de plus de 30% par rapport aux sommets de 2018. Où va le pétrole à partir de là ? Nous voyons les prix du pétrole proches de leur plus bas et une reprise potentielle des prix ouvrant des perspectives aux investisseurs.

Prix du pétrole brut et les baisses de production de l’OPEP, 2016-2018

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La performance passée ne préjuge pas des performances futures.
Source : BlackRock Investment Institute, avec des données de Thomson Reuters, novembre 2018. Notes : le graphe montre la performance cumulée du prix du Brent commençant 60 jours de Bourse avant trois annonces antérieures de l’OPEP concernant la réduction de la production et la prochaine réunion de l’OPEP. Les dates tiennent compte d’une réduction de l’OPEP le 30 novembre 2016 et d’une prolongation de la période de restriction les 25 mai et 30 novembre 2017. La courbe orange mène à la prochaine réunion de l’OPEP le 6 décembre.

Une des raisons pour lesquelles les prix du pétrole peuvent être proches d’un plancher : la production semble en passe de baisser après la récente déroute déclenchée par les préoccupations sur l’offre prétendument excédentaire. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses partenaires devraient réduire leur production lors de leur réunion de cette semaine afin de contribuer à stabiliser les prix. Les restrictions de l’OPEP depuis 2016 ont eu cet effet, comme indiqué ci-dessus. Le Brent a réagi lors la première réduction en novembre 2016 et s’est stabilisé avec des extensions de restrictions. Nous estimons la décision de cette réunion à une réduction d’environ 1,2 million de barils par jour. Cela se situe à mi-chemin de la fourchette de consensus, car nous prévoyons une croissance de la production américaine légèrement inférieure à celle de certains participants du marché, mais suffisante pour aider à gérer une offre excédentaire, à notre avis. Les pressions exercées par le gouvernement américain pour éviter des prix élevés pourraient limiter l’ampleur de la réduction et pourraient toutefois avoir des effets pervers.

Où va le pétrole à partir de là ?

Les stocks mondiaux de pétrole ont connu la plus forte augmentation trimestrielle en trois ans au cours du dernier trimestre. Cependant les inquiétudes concernant un excès d’offre sont sur le point de s’atténuer, avec la réduction potentielle de la production de l’OPEP, les dérogations aux sanctions iraniennes et la baisse de production de nombreux producteurs américains en raison de la baisse des prix du pétrole. Pourtant, la baisse récente ne concernait pas que l’offre. Autres contributeurs : les craintes d’un affaiblissement de la demande et d’un ralentissement de la croissance mondiale ont joué un rôle, alors que les baisses de prix ont été exacerbées par le déséquilibre des positions longues des opérateurs boursiers, bâti sur des spéculations antérieures sur la hausse des prix du pétrole, évidentes si l’on s’en tient aux données de la Commodity Futures Trading Commission. Notre GPS BlackRock affiche une croissance mondiale solide, même si elle se ralentit, qui devrait soutenir la demande à court terme et le sentiment du marché. Et la faible demande récente des raffineurs n’est pas préoccupante, à notre avis, car de nombreuses raffineries sont fermées pour entretien annuel.

Les actions et obligations du secteur énergétique ont souffert à des degrés divers avec le pétrole brut. Les valeurs énergétiques ont sous-performé les prix du pétrole au comptant au début de la baisse, mais récemment elles ont diminué d’environ deux fois moins.

Cependant, nous pensons que le récent recalage des prix pourrait constituer un point d’entrée intéressant, car la discipline du capital et la gestion des bilans demeurent des priorités pour de nombreuses sociétés du secteur de l’énergie. Nous voyons des opportunités pour les investisseurs disposés à accepter de la volatilité.

Dans les actions du secteur énergétique, nous préférons les entreprises du secteur intermédiaire axées sur le stockage et le transport du pétrole. Leur nature à haut rendement peut constituer un amortisseur dans un environnement sans risque. Nous favorisons également les sociétés de services pétroliers à plus long terme, car le schiste américain est nécessaire pour répondre à la demande mondiale dans les années 2020. Dans les obligations nous préférons les sociétés du secteur intermédiaire du segment investment grade et certaines sociétés d’exploration et de production de grande qualité.

Plus généralement, les actions mondiales apparaissent moins sensibles aux fluctuations du prix du pétrole que par le passé. Un rebond du prix du pétrole entraîné par une demande en hausse associée à une croissance mondiale supérieure à la tendance pourrait être favorable aux actifs risqués.

Un ajustement de l’offre qui bloque la baisse du prix du pétrole pourrait ne pas avoir un impact aussi généralisé. La stabilisation du prix du pétrole devrait aider les marchés mondiaux à aller de l’avant, mais nous prévoyons qu’il y aura des gagnants et des perdants, en particulier sur certains marchés émergents. Les marchés des pays exportateurs de pétrole pourraient tirer profit de la stabilisation des prix, mais un rebond important pourrait nuire aux marchés des pays importateurs confrontés à des problèmes de compte courant.

Isabelle Mateos y Lago , 6 décembre

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