Obligations sécurisées : tendances et perspectives dans le contexte de marché actuel

Henrik Stille, gérant des portefeuilles Nordea 1 – European Covered Bond, Nordea 1 – Low Duration European Covered Bond et Nordea 1 – European Covered Bond Opportunities, analyse le comportement du marché des obligations sécurisées (covered bonds) dans l’environnement économique et financier actuel.

Les niveaux de spread des obligations sécurisées canadiennes, australiennes et néo-zelandaises libellées en euros sont, selon lui, actuellement attrayants.

Au sein de l’indice iBoxx EUR Covered Bond, qui couvre l’univers de obligations sécurisées libellées en euro, l’évolution des spreads ces dernières semaines se caractérise par une divergence assez marquée, d’un point de vue géographique et en termes d’échéances [1] : « les spreads des échéances courtes de 3-4 ans se sont beaucoup plus élargis que ceux des échéances plus longues. Nous avons également observé un élargissement significatif sur des titres de certains émetteurs non européens » constate Henrik Stille.

A titre d’exemples, malgré leurs perspectives de crédit solides, les obligations sécurisées australiennes et canadiennes émises en euro ont vu leurs spreads s’accentuer beaucoup plus que ceux de leurs équivalentes européennes. « Cela peut notamment s’expliquer par le fait que les obligations sécurisées d’Australie, du Canada ou encore de Nouvelle-Zélande ne sont pas incluses dans les programmes d’achat de leurs Banques centrales locales et qu’elles font l’objet d’une demande locale limitée. Ce mouvement significatif des spreads offre évidemment des opportunités d’investissement intéressantes » analyse Henrik Stille.

Une baisse générale du volume d’émissions

Du côté de l’offre, les émissions depuis le début de l’année sont en baisse de 22% par rapport à la même période en 2019. Les émissions proviennent en grande partie de pays où les banques centrales n’opèrent pas d’assouplissement quantitatif sur le marché des obligations sécurisées : ainsi, 70% des émissions d’obligations sécurisées au cours des trois dernières semaines proviennent du Canada. Ces émissions concernent surtout l’extrémité la plus courte de la courbe, à des taux d’emprunt très attractifs pour les émetteurs [2].

En Europe, les émetteurs du secteur bancaire les plus fragiles préfèrent accéder au financement de la BCE. « Nous n’attendons donc pas beaucoup d’émissions issues de pays comme l’Italie et l’Espagne ». Les émetteurs les plus robustes ont tendance à lancer des obligations de durée légèrement plus longue, bien qu’ici également une réduction des émissions est, au global, observée.

Concernant la demande, celle-ci pourrait évoluer plus que proportionnellement à l’offre. La BCE a accéléré ses achats, en ajoutant le programme d’achat d’urgence pandémique (PEPP) à son programme assouplissement quantitatif existant. La banque centrale a récemment montré un ratio d’achat d’obligations sécurisées d’environ 1,7 milliard d’euros par semaine. « Si elle se poursuit au rythme actuel, la demande sera plus que proportionnelle à l’offre. Fait intéressant, la BCE semble avoir décidé de ne pas restreindre les investisseurs sur le marché primaire, mais soutient les obligations sécurisées sur le marché secondaire, ce qui est encourageant ».

Le ‘biais domestique’ des investisseurs se manifeste plus fortement en ce moment – ce qui est typique en temps de crise – et cela rend la situation plus difficile pour les marchés sans forte demande intérieure en obligations sécurisées.

« C’est une autre raison pour laquelle les obligations sécurisées canadiennes, australiennes et néo-zélandaises ne reflètent actuellement pas, avec précision, le risque de crédit de ces émetteurs. Les banques canadiennes, par exemple, sont notées AAA, et il faudrait des chutes de 4 à 5 crans avant que les notes de leurs obligations sécurisées ne soient affectées » conclut Henrik Stille.

Next Finance , 21 avril

Notes

[1] Source : Nordea Investment Management AB et Nordea Analytics. Au 14.04.2020

[2] Source : SG 14.04.2020

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