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Matthieu Esposito : « Nous n’avons pas modifié notre allocation stratégique avec la crise sanitaire »

Selon Matthieu Esposito, Directeur Investissements & Trésorerie de La Mutuelle Générale, l’équipe d’investissement a simplement repriorisé certaines classes d’actifs. Avec la baisse des marchés, elle a tactiquement cherché à bénéficier de points d’entrée plus bas sur les actifs liquides...

Next-Finance : Pouvez-vous nous présenter La Mutuelle Générale et le montant actuel de vos encours ?

Matthieu Esposito : Troisième mutuelle de France et experte des métiers de l’assurance santé et de la prévoyance depuis 75 ans, La Mutuelle Générale assure 1,5 million de personnes et réalise un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros. Ses offres s’adressent aux entreprises de toutes tailles comme aux particuliers. En 2020, La Mutuelle Générale diversifie ses activités en lançant une nouvelle offre de services destinés à faciliter le quotidien de ses clients tout en contribuant à leur mieux-être. Acteur de l’économie sociale et solidaire, La Mutuelle Générale mène toutes ses actions au bénéfice de ses adhérents, en mobilisant ses 1 915 collaborateurs et ses 1 500 élus bénévoles.

Les encours sont de 2,7 milliards au 31/12/19.

Quelle est votre allocation d’actifs actuelle ? A-t-elle été modifiée depuis la crise boursière de ce début année ?

Notre allocation d’actif est composée de la manière suivante :

  • Obligataire classique : 70%
  • Titres diversifiés (y c dettes privées) : 4%
  • Actions : 5%
  • Immobilier de placement (pierre papier) : 11%
  • Stratégique (y c immobilier d’exploitation) : 9%
  • Trésorerie : 1%

Nous n’avons pas modifié notre allocation stratégique avec la crise sanitaire. Nous avons simplement repriorisés certaines classes d’actifs. Avec la baisse des marchés, nous avons tactiquement cherché à bénéficier de points d’entrée plus bas sur les actifs liquides (actions cotées, obligations haut rendement, subordonnées financières).

Pensez-vous que la crise sanitaire actuelle va renforcer l’intérêt des investisseurs pour la thématique ESG ?

Le mouvement était déjà fort avant la crise sanitaire et nous pensons qu’il va s’accentuer.

Utilisez-vous les critères ESG dans votre politique de gestion ? Avez-vous des projets ou développements en cours sur ce sujet ?

Nous bénéficions des développements qui ont été fait chez nos partenaires en charge de la gestion d’actifs. Ainsi, les investissements de notre mandat obligataire sont notés et nous fixons des objectifs de notation. Par ailleurs, nous appliquons des listes d’exclusions et nous venons d’exclure les entreprises liées au charbon de notre mandat obligataire.

Par ailleurs, sur la sélection des fonds, nous nous assurons que les sociétés de gestion ont pris des engagements dans ce sens notamment au travers d’adhésion à des programmes tel que les PRI soutenus par l’ONU.

Déléguez-vous toujours l’intégralité de la gestion de votre portefeuille à des sociétés de gestion ?

Oui, sauf les titres stratégiques.

Avez-vous des objectifs de rentabilité sur votre portefeuille ? Quelle a été sa performance l’an dernier ?

Nous visons un rendement du portefeuille proche des 2,4 % en 2024. L’an dernier, le portefeuille a généré un rendement de 2,65 %.

Quelles sont vos différentes contraintes en matière d’investissements (SCR par exemple) ?

En plus des contraintes liées à l’ESG, notre allocation stratégique est définie selon 3 paramètres : ALM, SCR et rendement.

Notre allocation stratégique vise à augmenter notre exposition à la dette privée entreprise et infrastructure, en actions cotées et en capital investissement.
Matthieu Esposito, Directeur Investissements & Trésorerie de La Mutuelle Générale

Sur quelles classes d’actifs comptez-vous vous positionner ?

Notre allocation stratégique vise à augmenter notre exposition à la dette privée entreprise et infrastructure, en actions cotées et en capital investissement.

Ces différentes classes d’actifs nous paraissent aussi intéressantes car elles permettent de financer le tissu économique et notamment les petites et moyennes entreprises françaises et européennes.

RF , 9 juillet

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