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Les petites et moyennes valeurs françaises : des valorisations attrayantes dans un contexte économique difficile

Retour de l’inflation, tensions géopolitiques… l’environnement macroéconomique global se dégrade mais la France garde un marché de l’emploi robuste et une politique budgétaire en soutien. Dans ce contexte, les petites et moyennes valeurs (Smidcaps) françaises, largement décotées, gardent leur potentiel d’appréciation à moyen terme.

La pandémie et la réouverture des économies occidentales ont créé un choc sur l’offre globale alors que les restrictions anti-Covid imposées en Chine et la guerre en Ukraine se conjuguent pour ajouter une tension supplémentaire sur les prix. L’inflation ne cesse de surprendre à la hausse même si la France reste l’un des meilleurs élèves de la zone euro à 5,8 %. « Il est malheureusement difficile pour la BCE de lutter contre une inflation issue d’un choc d’offre et non de demande. Or, les hausses de prix issues de la crise énergétique commencent à se diffuser sur les biens et services. Cette inflation importée agit par ailleurs comme une taxe sur le revenu des ménages. Au premier trimestre de cette année, le revenu réel des ménages français a reculé pour la première fois depuis le second trimestre 2020, au cœur de la pandémie » constate Romain Aumond, économiste chez BFT IM. Issues de ce choc d’offre inflationniste, les hausses des anticipations d’inflation ont contraint la Banque centrale européenne à engager un processus de normalisation de sa politique monétaire (fin des programmes d’achats d’actifs, relèvement pré-annoncé du taux directeur de 25 points de base le 21 juillet prochain) après des années de mesures ultra-accommodantes.

La contrainte d’offre pèse en premier lieu sur les entreprises (pénuries de matériel, d’équipement et de main d’œuvre, hausses des coûts des intrants) qui ont su toutefois préserver leurs marges ainsi que leurs investissements et ont bénéficié de conditions financières très accommodantes dans le passé récent. La dégradation prévisible de la conjoncture conduit les ménages à repousser certaines dépenses importantes, la baisse de confiance et l’anticipation d’une dégradation des conditions financières les poussant à épargner par précaution. A 7,3 %, le taux de chômage atteint néanmoins ses plus bas niveaux historiques alors que 350 000 emplois ne sont pas pourvus en France, ce qui peut constituer un support pour la demande interne. De plus, « la politique budgétaire devrait prendre à sa charge une partie du surcoût entraîné par les pressions inflationnistes et le conflit en Ukraine sur l’économie française, grâce à des mesures de soutien aux entreprises et aux ménages. L’incertitude politique actuelle ne devrait pas empêcher ces dispositifs publics de soutien à la croissance de perdurer en 2022 et au-delà sous d’autres formes » estime Romain Aumond. Dans ce contexte, la croissance du PIB devrait ressortir à 2,4% en 2022 et la croissance dans le secteur des services devrait compenser les difficultés du secteur manufacturier pénalisé par cette crise d’offre, contrainte qui devrait lentement se résorber d’ici 2023.

Smidcaps : des ratios de valorisations inférieurs aux moyennes historiques

Sur les marchés, la baisse des indices actions français depuis le début de l’année se situe dans la moyenne européenne. « L’indice CAC Mid & Small a légèrement mieux résisté, mais le retard de performance de la catégorie par rapport aux grandes valeurs s’est accentué au cours des quatre dernières années. Or, les bénéfices des entreprises du Cac Mid & Small restent bien orientés et les taux de croissance des bénéfices par action de cette catégorie de valeurs sont attendus en forte progression alors que les niveaux de valorisations des smidcaps françaises affichent des ratios inférieurs aux moyennes historiques. Malgré une dégradation de l’environnement macroéconomique et une décollecte recensée sur les marchés actions depuis le début de la guerre en Ukraine, les fondamentaux de l’économie française restent bien orientés et les discours des chefs d’entreprises plutôt optimistes » relève Fabrice Masson, Directeur Gestion Actions chez BFT IM.

Parmi les secteurs à privilégier, les secteurs plus défensifs comme la santé et les biens de consommation sont à privilégier. Le secteur financier affiche toujours des décotes significatives et pourrait profiter de la hausse intervenue sur les taux. Les investisseurs peuvent également se tourner vers le secteur technologique, malgré le contexte défavorable aux valeurs de croissance, à condition de sélectionner des entreprises présentes dans des niches d’activité porteuses : l’économie circulaire ou encore les énergies renouvelables sont deux exemples de thématiques attractives.

Fabrice Masson , 1er juillet

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