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Les marchés n’en font-ils pas un peu trop ?

Les marchés financiers rebondissent fortement depuis début octobre, alors que la plupart des investisseurs conservaient une perspective baissière. En effet, l’atteinte de niveaux techniques importants, a permis à certains de profiter de faible volume et d’une actualité réduite pour démarrer une forte hausse qui persiste depuis maintenant deux mois.

Le Dow Jones est revenu à moins de 7% de son plus haut historique, à l’image de l’indice français CAC 40. Bien que les valeurs technologiques n’aient pas rattrapé leur retard, suite à la chute constatée pendant près d’un an, les valeurs cycliques ont, elles, fortement profité de la perspective du « soft landing », plébiscité par la Fed.

Jusqu’ici, les marchés se sont convaincus que la Fed semblait en bonne voie pour faire baisser l’inflation, sans avoir à pousser l’économie en récession. Ainsi, les valeurs cycliques, sensibles à la conjoncture économique, ont fortement accéléré depuis le mois d’octobre, conduisant certaines d’entre elles sur de nouveaux plus hauts historiques.

Or, les investisseurs anticipent, d’un côté, cette idée du « soft landing » et de l’autre une rapide baisse des taux de la Fed, mais ces deux scénarii ne peuvent cohabiter. En effet, si la Fed venait à réaliser son pivot et devenait accommodante, au point de baisser son taux et ralentir la baisse du bilan (QT), cela signifierait que l’économie ne peut subir davantage de resserrement monétaire.

Par ailleurs, il est peu probable que la Fed s’arrête à temps, étant donné le décalage entre la modification de la politique monétaire et les effets sur l’économie.

Après quatre hausses de 75 pdb, il est pertinent de dire que seules les deux premières ont un réel effet sur l’économie actuellement et au vu des ralentissements constatés de certaines données économiques, les effets à retardement vont très certainement conduire à une récession aux Etats-Unis en début d’année prochaine.

Ainsi, les investisseurs seront particulièrement attentifs au discours de Jerome Powell la semaine prochaine, car il pourrait confirmer le ralentissement du resserrement de la politique monétaire, du fait de craintes de récession et ainsi, écarter la perspective d’un soft landing.

Bien que les marchés attendent une Fed accommodante avec impatience, ces derniers pourraient par la suite, comprendre que cela indique qu’une forte récession est à venir et cela pourrait créer une nouvelle forte baisse sur les marchés.

Dans l’attente du FOMC la semaine prochaine, les données économiques seront surveillées avec attention, car les investisseurs voient encore les mauvaises nouvelles comme des bonnes nouvelles, car trop focalisés sur la politique monétaire.

Ainsi, mercredi, nous serons attentifs aux publications en Chine, sur le commerce extérieur et à la production industrielle en Allemagne, avant la publication du PIB pour le troisième trimestre en zone euro. L’après-midi, quelques données sur le marché immobilier aux Etats-Unis seront également surveillées.

Jeudi, les données au Japon, et notamment le PIB, seront analysées de près. En effet, le pays commence à observer une inflation qui dépasse les 3% et une croissance du PIB négative, alors que la Banque du Japon (BoJ) opère une politique des plus accommodantes, et ce, depuis de très nombreuses années.

Dans l’après-midi, seules les inscriptions hebdomadaires au chômage seront surveillées avec attention aux Etats-Unis, alors que le marché de l’emploi reste toujours très solide.

Vendredi, nous regarderons les prix à la production en Chine, qui pourraient à nouveau ralentir, avant ceux publiés aux Etats-Unis, qui pourraient, eux, montrer une décélération. Par ailleurs, nous serons attentifs aux indices Michigan de confiance des consommateurs et d’anticipation d’inflation au sein de la première puissance mondiale.

Au-delà de la politique monétaire et des statistiques, les investisseurs regarderont avec soin du côté de la Chine. Alors que les rumeurs de réouverture, qui avaient démarré début novembre, semblent se confirmer, les investisseurs craignent que cela prenne du temps et que la situation économique continue de se dégrader.

A l’heure actuelle, les indices profitent encore de la baisse des restrictions et du soutien à l’économie annoncé par le parti. Par ailleurs, la baisse continue depuis plus d’un an et demi des indices en Chine et à Hong Kong permet aux investisseurs de profiter du rebond, en investissant sur des actifs qui présentent des valorisations attractives.

Vincent Boy , Décembre 2022

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