Les actions à dividende de nouveau dans la ligne de mire

Constatant qu’au minimum 70 % du rendement des actions provient, depuis 1970, des dividendes versés, Ken Van Weyenberg, Investment Specialist chez Dexia AM, estime que tout portefeuille diversifié doit contenir des actions à dividende...

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Depuis le début de l’été, les marchés actions subissent l’incertitude planant sur la croissance économique mondiale et la crainte d’un impact plus important de la problématique de l’endettement en Europe. Le MSCI Europe a déjà perdu près de 17 % de sa valeur cette année et les investisseurs s’arrachent les cheveux. Dans les conditions de marché actuelles, l’investisseur à long terme peut toutefois trouver des opportunités intéressantes.

Nous pensons très concrètement à toute une série d’actions à dividende qui, grâce à la correction, sont de nouveau intéressantes et offrent souvent un rendement généreux. Selon nous, tout portefeuille diversifié doit contenir des actions à dividende. Nous constatons en effet qu’au minimum 70 % du rendement des actions provient, depuis 1970, des dividendes versés. En outre, le rendement moyen du dividende sur actions est actuellement supérieur au taux d’intérêt moyen des obligations des entreprises.

En premier lieu, nous avons sélectionné des actions présentant un dividende solide et un track record correct à travers différentes conditions de marché. Notre première valeur favorite parmi celles qui résistent à la crise est l’action Roche. Cette société suisse produit des produits pharmaceutiques et des solutions de diagnostic. Roche présente un pipeline intéressant qui commence progressivement à porter ses fruits et le flux de nouvelles attendues dans les prochains mois devrait être décisif. Tous les résultats d’études cliniques communiqués jusqu’à présent en 2011 sont positifs. La société est valorisée 9 fois le bénéfice attendu en 2012, tandis qu’elle continue à réaliser une croissance de son bénéfice à deux chiffres et qu’elle distribue un rendement du dividende de près de 5 %.

En outre, le rendement moyen du dividende sur actions est actuellement supérieur au taux d’intérêt moyen des obligations des entreprises

Vodafone aussi est une action défensive qui résiste généralement assez bien aux turbulences du marché. L’entreprise génère un cash-flow solide, elle peut ainsi payer un dividende sans problème et réaliser des acquisitions pour générer de la croissance à la fois dans les pays développés et dans les pays émergents. L’action bénéficie d’une valorisation attrayante à un rapport cours/bénéfice d’environ 10 et verse un dividende brut de 6 %.

Un autre opérateur télécom offrant un excellent rendement du dividende : France Telecom. Au cours actuel, le rendement du dividende a atteint pas moins de 12 %. Ces derniers mois, les investisseurs nourrissaient des doutes quant à la durabilité du rendement, mais ces doutes se sont à présent estompés. Pendant l’été, l’entreprise a en effet annoncé que le dividende actuel sera certainement maintenu jusqu’en 2012.

Pour une alternative encore plus intéressante, sans double taxation du dividende, notons Belgacom. Au cours actuel, on s’attend à ce que Belgacom distribue un dividende brut de plus de 9 %. L’entreprise est censée garder ce dividende stable. En outre, il est possible que le gouvernement belge vende sa position dans l’opérateur télécom, ce qui peut générer une prime supplémentaire pour l’investisseur.

En plus de notre sélection de valeurs résistantes à la crise, nous avons examiné les actions pénalisées du secteur de l’énergie nucléaire. Dans les mois qui ont suivi la catastrophe naturelle et la catastrophe nucléaire au Japon, ces entreprises ont fortement pâtis de la pression politique visant à bannir l’énergie nucléaire. RWE, une entreprise allemande spécialisée dans le secteur de l’énergie, est une de ces valeurs. Au premier semestre, elle a dû concéder une perte de son bénéfice de près de 40 %. RWE a en effet mis de l’argent de côté dans le cadre du plan de fermeture des centrales nucléaires allemandes d’ici 2022. Même après la faiblese des chiffres, l’action cote 7 fois le bénéfice attendu pour 2011 et verse un rendement du dividende de pas moins de 9 %. L’investisseur à long terme qui peut patienter en attendant une reprise des cours, peut profiter entre-temps d’un excellent dividende.

Son homologue allemand E.On peut également être séduisant. Depuis début 2010, l’action a perdu plus de 45 % de sa valeur, de sorte que la majeure partie des mauvaises nouvelles est déjà comprise dans le cours. En outre, l’entreprise pourra profiter dans les prochaines années des économies de coûts escomptées. La valorisation est très attrayante à un rapport cours/bénéfice attendu de 8 et l’action offre, au cours actuel, un rendement de près de 9 %.

Ken Van Weyenberg , Octobre 2011

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