Le meilleur remède ? Investir dans la santé et la prévention des maladies

Le Covid-19 a donné un coup de projecteur au secteur de la santé. Mais chez Robeco, cela fait des années que nos équipes d’investissement et d’actionnariat actif s’intéressent à la santé, aux soins et à l’alimentation saine. Nous en acceptons les bons aspects, mais aussi les mauvais...

Le Covid-19 a donné un coup de projecteur au secteur de la santé. Mais chez Robeco, cela fait des années que nos équipes d’investissement et d’actionnariat actif s’intéressent à la santé, aux soins et à l’alimentation saine. Nous en acceptons les bons aspects, par exemple d’excellentes opportunités d’investissement dans la prévention des maladies, la pharmacie, l’activité physique, l’alimentation saine et les régimes à base de plantes, mais aussi les mauvais. Pour cela, nous dialoguons avec les entreprises afin de créer de nouveaux modèles de santé capables de réduire les coûts, de produire des aliments moins gras, moins sucrés et moins salés et de diminuer l’utilisation des antibiotiques dans la filière viande.

L’avenir de l’alimentation sera sain et durable

Ces 50 dernières années, la production mondiale de nourriture et les habitudes alimentaires ont considérablement évolué. L’augmentation des rendements et l’amélioration de la production ont contribué à accroître l’espérance de vie et à réduire la famine. Mais ces avantages sont contrebalancés par une détérioration massive de l’environnement due aux pratiques agricoles non durables, ainsi que des problèmes de santé allant de l’obésité aux maladies cardiaques, car les produits alimentaires sont de plus en plus caloriques et transformés.

D’après l’Organisation mondiale de la santé, le surpoids et l’obésité ont triplé depuis 1975, et concernent respectivement 39 % et 13 % des adultes aujourd’hui. Dans le même temps, 9,2 % des adultes souffrent d’insuffisance pondérale. Cette coexistence de surnutrition et de sous-nutrition a créé un double fardeau nutritionnel dans notre monde, et l’on peut raisonnablement dire que la malnutrition est un problème.

Dans ce contexte, nous observons une évolution des préférences de consommation en faveur d’aliments plus sains et produits durablement. Nous trouvons les opportunités d’investissement les plus intéressantes dans les aliments et boissons à base de plantes, les fournisseurs de kits repas tels que HelloFresh et Marley Spoon, ainsi que les logiciels de destinées au secteur de la restauration. Dans ces segments, les consommateurs s’intéressent de plus en plus aux « pure players » de l’alimentaire, qui opèrent sur de vastes marchés et affichent des taux de pénétration relativement bas. Ce qui leur offre d’excellentes opportunités de croissance. Ainsi, la viande cultivée est prometteuse d’un point de vue environnemental et ses coûts de production baissent, mais sa viabilité commerciale reste incertaine.

La difficulté pour les géants de l’agroalimentaire est que ce sont toujours les produits les moins bons qui génèrent la majorité de leur chiffre d’affaires. Ces produits s’améliorent, cependant. Mais certains petits fabricants de produits transformés présentant un meilleur profil en matière de santé et de durabilité nous semblent mieux positionnés pour le moment.

Comment investir dans les modes de vie sains

Outre ces thématiques alimentaires, Robeco propose une stratégie d’investissement axée sur les sociétés qui favorisent les modes de vie sains . Nous distinguons quatre domaines d’intérêt, trois liés à la prévention et un au traitement des maladies.

1. Sensibilisation du consommateur à une alimentation saine : étroitement lié à l’avenir de l’alimentation, ce thème investit dans les aliments d’origine biologique et naturelle, mais aussi dans les entreprises qui fournissent des solutions d’analyse et de sécurité alimentaire. Avec une part de marché du bio de seulement 5 % aux États-Unis, par exemple – mais qui ne cesse cependant d’augmenter –, le potentiel de croissance est très élevé.

2. Sensibilisation du public aux modes de vie sains : les taux d’obésité sont déjà élevés, mais malheureusement près d’un tiers de la population mondiale a pris du poids durant la pandémie (y compris l’auteur de ces lignes), à raison de 6,1 kg en moyenne ! Tout cela favorise les titres liés au fitness et à l’activité physique (équipements et vêtements de sport essentiellement).

3. Produits d’hygiène et de santé : les produits d’hygiène sont un autre domaine dans lequel nous investissons depuis un certain temps, mais qui est devenu très tendance depuis le début de la pandémie, en particulier les produits bucco-dentaires, pour les cheveux et la peau, les vitamines et les compléments alimentaires.

4. Outre la prévention, l’incidence des maladies liées aux modes de vie est tout aussi intéressante, aux premiers rangs desquelles figurent la « diabésité », les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et le cancer. Nous investissons dans la prévention et le diagnostic, l’efficacité des soins et la prise en charge des maladies chroniques.

La santé est véritablement une thématique de long terme. Le risque, tel que mesuré par la volatilité, est relativement faible, et depuis son lancement en 2007, la stratégie a surperformé le marché.

Prendre le bon comme le mauvais

Même si nous considérons que cette tendance en faveur de la prévention et des modes de vie sains est intéressante, les montants investis dans la prévention restent négligeables par rapport aux coûts des traitements. Partout, ces coûts continuent de croître et représentent actuellement presque 17 % du PIB aux États-Unis !

Dans notre dernier SI Opener, nous avons évoqué la menace que pose la filière viande pour la santé mondiale, ainsi que le dialogue que nous entretenons avec les sociétés de secteur dans lesquelles nous sommes investis. Parmi nos thèmes d’engagement dans ce domaine, en voici deux autres.

Le premier concerne les risques liés à la teneur en sucre des aliments . Ce thème que nous avons poursuivi durant trois ans (jusqu’en 2019) s’est révélé très intéressant, les recherches du service national de santé au Royaume-Uni (NHS) ayant montré qu’un tiers des personnes décédées du Covid-19 étaient atteintes de diabète de type 1 ou 2, une maladie souvent liée à l’obésité et au sucre.

Outre ces aspects sanitaires, les conséquences économiques pour les entreprises qui utilisent du sucre dans leurs processus peuvent être significatives. Les coûts liés à l’obésité incluent une augmentation des dépenses de santé, une baisse de la productivité et des décès prématurés. De fait, l’industrie agroalimentaire est confrontée à des risques en matière de réglementation, de législation, de réputation et de marché.

Ainsi, des gouvernements de pays à revenu faible comme élevé ont introduit des taxes sur le sucre ou limité les publicités pour des produits alimentaires de mauvaise qualité destinés aux enfants. La réglementation relative aux allégations nutritionnelles et de santé devient plus stricte, tandis que les exigences d’étiquetage sont renforcées. In fine, les sociétés qui ne s’adaptent pas à l’évolution des préférences alimentaires pourraient voir leurs parts de marché, leurs chiffres d’affaires et leurs profits diminuer.

Révolutionner l’industrie de la santé à l’aide du numérique

Le deuxième thème d’engagement concerne le numérique et l’innovation, qui peuvent réduire les coûts de santé, selon nous. Mais cela doit passer par un changement de mentalité. L’industrie de la santé s’en trouvera-t-elle être bouleversée ? Trois évolutions suggèrent que le changement est en cours.

Premièrement, alors que l’industrie de la santé a toujours été lente à s’adapter aux nouvelles technologies, elle semble aujourd’hui embrasser l’innovation numérique plus rapidement. Ainsi, on assiste de plus en plus à une harmonisation des échanges électroniques de données médicales entre les médecins, les prestataires de santé et des sociétés pharmaceutiques.

Deuxièmement, davantage de firmes sont ouvertes à l’échange de données afin de maximiser le potentiel des informations fournies. Troisièmement, l’avènement de la télémédecine pourrait réduire les coûts et les délais de consultation pour les patients.

En outre, la recherche pharmaceutique utilise de plus en plus de nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle pour réduire le temps et les coûts de développement des médicaments. De récentes réformes montrent aussi que les modèles basés sur l’activité sont délaissés au profit de modèles basés sur les résultats, une tendance que le numérique peut certainement améliorer. Les opportunités sont nombreuses et vont de la promotion de comportements sains à la personnalisation des médicaments, en passant par le suivi à distance, l’analyse holistique et l’amélioration de la prise de décision. Le numérique ne peut résoudre à lui seul les enjeux liés à la santé, mais il peut contribuer à mieux maîtriser les coûts, à améliorer la qualité et à orienter le secteur vers une prise en charge plus centrée sur le client.

Nos principaux objectifs d’engagement

L’engagement vise avant tout à obtenir une vue d’ensemble de la situation actuelle de l’industrie de la santé en matière de numérique, et d’inciter les entreprises à se saisir des opportunités et à connaître (et atténuer) les risques connexes. Dans le cadre de notre engagement, nous envisagerons les objectifs suivants :

1. Stratégie numérique : l’entreprise a-t-elle une stratégie numérique solide et intégrée dans l’ensemble de l’organisation ?

2. Collaboration sectorielle : l’entreprise travaille-t-elle avec d’autres parties prenantes pour optimiser les avantages et limiter les risques liés au numérique ?

3. Gestion de l’innovation : comment l’entreprise utilise-t-elle le numérique pour optimiser ses processus et le développement de nouveaux produits ?

4. Stratégie de vente et de marketing : comment l’entreprise utilise-t-elle le numérique pour améliorer la qualité de ses procédures de vente et marketing ?

5. Cybersécurité : l’entreprise a-t-elle conscience des risques de cybersécurité et fait-elle tout ce qui est en son pouvoir pour réduire ceux-ci ?

Comme tout autre enjeu majeur de l’ESG, nous pensons que le dialogue avec les entreprises de la santé fera avancer ce secteur et nous aidera à intégrer en portefeuille celles qui présentent de bonnes perspectives d’avenir.

Masja Zandbergen , 13 avril

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