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La disruption favorise le secteur technologique

L’innovation est un des leviers historiques de la performance des entreprises technologiques. Cette année ne fait pas exception à la règle, nous semble-t-il. Cependant, certains changements technologiques majeurs créent des avantages (et des désavantages) inégaux selon les sociétés du secteur, et au-delà de ces dernières...

L’innovation est un des leviers historiques de la performance des entreprises technologiques. Cette année ne fait pas exception à la règle, nous semble-t-il. Cependant, certains changements technologiques majeurs créent des avantages (et des désavantages) inégaux selon les sociétés du secteur, et au-delà de ces dernières. En conséquence, nous recommandons de faire preuve de sélectivité en investissant dans les valeurs technologiques, en particulier après le récent rebond qu’elles ont connu.

Principales mesures du secteur de la technologie par rapport aux actions mondiales, 2014-2019

Les innovations disruptives ont soutenu la forte demande de produits et de services en provenance du secteur technologique et contribué à sa surperformance durable. Les sociétés qui le composent ont affiché des marges bénéficiaires et une croissance de leurs ventes supérieures à celles de l’ensemble du marché au cours des cinq dernières années, avec par ailleurs un effet de levier nettement moins important (voir le graphique ci-dessus). Pourtant, la prime qu’en retirent leurs valorisations reste modeste en moyenne. D’autres disruptions technologiques sont à venir, nourries par la technologie sans fil de cinquième génération (5G) et l’intelligence artificielle (IA). Ces technologies n’en sont encore qu’à leurs débuts, mais la course que se livrent les entreprises, tous secteurs confondus, pour exploiter leur potentiel devrait déterminer les revenus et les bénéfices futurs des sociétés technologiques.

Nous estimons que les valorisations actuelles de ces dernières sont dans l’ensemble correctes.

Les valeurs concernées se négocient désormais avec une prime de 5 % par rapport à leur moyenne sur 5 ans, sur la base de leurs ratios cours / bénéfices prévisionnels, soit bien en dessous de la prime de 20 % qui avait été observée en juin 2017.

La 5G, l’intelligence artificielle et au-delà

La technologie mobile à haut débit 5G représente un changement radical par rapport aux quatre générations qui l’ont précédée. Elle offrira pour commencer une plus grande bande passante et des débits Internet plus rapides, sachant que ce ne sera qu’un début. Les principaux attributs de la 5G - une capacité de données considérable et des vitesses ultra-rapides - pourraient permettre et accélérer l’application de l’IA dans tous les secteurs, avec des avancées dans des domaines aussi variés que les voitures sans conducteur, les villes intelligentes ou la télémédecine. Les essais de mise en œuvre de la 5G ont déjà commencé, mais son déploiement plus large ne devrait pas intervenir avant le début des années 2020. La compétition est forte parmi les opérateurs de téléphonie mobile, pour être le premier à proposer la 5G et en récolter les fruits. Tous déploient déjà un réseau d’infrastructure coûteux, afin de dynamiser leurs offres de 4G existantes tout en préparant leur transition vers la 5G.

Les fournisseurs de semi-conducteurs sont les premiers gagnants de cette transformation. Ils devraient bénéficier de l’augmentation significative de la demande de données et d’infrastructures nécessaires à la gestion du trafic qui transitera à l’avenir par le réseau. Les entreprises spécialisées dans la fibre et les tests techniques devraient également en tirer parti, à mesure que l’infrastructure 5G sera construite et que de nouvelles applications 5G seront testées. Mais l’innovation technologique aura des implications qui iront bien au-delà du secteur des technologies au sens strict. Les véhicules autonomes et électriques devraient ainsi bouleverser le secteur automobile et ses chaînes d’approvisionnement au fil du temps. Les véhicules sans conducteur, associés à un recours toujours plus important au covoiturage, pourraient en effet engendrer une baisse du nombre de voitures en circulation. Un tel scénario pourrait également porter préjudice à la valeur des entreprises spécialisées dans les infrastructures de stationnement.

Au sein du secteur des technologies, nous favorisons les sociétés de semi-conducteurs, en raison du redressement potentiel de leurs bénéfices ce trimestre. Nous privilégions également une exposition aux valeurs technologiques américaines et chinoises.

Ces deux pays redoublent d’efforts pour être les premiers à déployer la 5G et à établir les normes mondiales dans ce domaine, et ce dans le cadre plus large de leur compétition pour le leadership technologique mondial. Le secteur technologique fait cependant lui aussi face à des risques. Un ralentissement de l’activité économique pourrait nuire temporairement à la demande de produits technologiques. Les règles de confidentialité applicables aux données et les mesures antitrust sont également autant de risques pour les entreprises de technologie les plus célèbres, qui font désormais partie intégrante des secteurs de la communication et de la consommation. Nous sommes par ailleurs bien conscients du flux considérable d’investissements déjà dirigés vers les technologies, qui donne lieu à une recherche toujours plus poussée de niches de croissance.

En conséquence, nous ne pensons pas que les performances solides enregistrées par les valeurs technologiques au premier trimestre perdurent, mais nous distinguons un certain nombre d’opportunités de croissance dans le secteur, engendrées par des innovations disruptives.

Isabelle Mateos y Lago , 28 mars

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