La convexité des convertibles : un atout bienvenu, dans un environnement de marché incertain

Le regain d’incertitudes sur les marchés boursiers milite en faveur de solutions convexes, permettant aux investisseurs de gérer la volatilité et le risque baissier de leur portefeuille. Du fait de leurs propriétés hybrides, les obligations convertibles démontrent qu’elles peuvent tout à fait jouer ce rôle.

Depuis leurs points hauts, fin 2017, les marchés financiers ont connu une évolution en dents de scie qui s’explique par le ralentissement global de l’activité économique, les changements de cap des banques centrales et le regain de tensions politiques. La persistance de facteurs d’incertitudes (développement du conflit commercial sino-américain, issue du Brexit) appelle naturellement à la prudence.

Dans ce contexte de marché, l’allocation d’actifs traditionnelle est mise à rude épreuve. Après les mouvements en « V » éprouvés par les marchés boursiers, et compte tenu de leur revalorisation depuis la fin 2018, il peut être aujourd’hui difficile pour certains investisseurs de rester significativement exposés aux actions. En parallèle, les taux d’intérêt toujours très bas des obligations traditionnelles, notamment en Europe, en font une alternative aux actions relativement limitée pour les investisseurs dans leur quête de rendement.

De réels avantages en termes de convexité et de protection

La recherche de convexité est donc un enjeu important et soutient la thèse en faveur des obligations convertibles dans le cadre d’une allocation globale. Du fait de leurs propriétés hybrides, ces instruments de dette peuvent, contrairement aux obligations traditionnelles, être remboursés au pair à leur échéance ou échangés contre une quantité définie d’actions de l’émetteur, au choix du porteur.

Un tel profil est attrayant de par l’asymétrie « risque/rendement » qu’il procure : la composante obligataire confère des propriétés défensives (perception d’un coupon, plancher obligataire), tandis que l’option d’achat intégrée offre une exposition asymétrique aux évolutions du cours de l’action sous-jacente. L’obligation convertible s’assimile aisément à une exposition action assortie d’une protection.

Et les statistiques le démontrent : sur les vingt dernières années, les obligations convertibles mondiales ont, en moyenne, subi seulement 53% des baisses des marchés actions et ont capturé 65% des hausses (sur la base des données mensuelles [1]). En 2018, les convertibles ont fait preuve de résilience dans les périodes de stress et n’ont subi que 35% et 52% des pertes des marchés actions aux premier et quatrième trimestres [2]. Sur l’année entière, cette participation baissière est de seulement 47% ; ce qui se compare avec une participation au rebond des marchés actions, depuis le début d’année (au 28 juin 2019), qui s’élève elle à 64%. Une « convexité convertible » atteinte avec une volatilité et une correction (« maximum drawdown ») moindres par rapport aux marchés actions (volatilité de 7% et correction de 10% pour les convertibles, contre 12% et 18% pour les actions [3]).

Outre l’optimisation des performances ajustées au risque d’une allocation en actions, les convertibles permettent de dynamiser la poche obligataire en échange de quelques points de volatilité en plus. A titre d’exemple, les convertibles affichent une performance de +9,8% depuis le début de l’année, contre +7.0% pour les obligations traditionnelles [4].

Enfin, autre atout et non des moindres, l’univers d’investissement des obligations convertibles offre un accès privilégié à des sociétés dont l’activité est liée à des tendances séculaires, moins exposées au ralentissement général de l’économie.

Parmi ces tendances, la digitalisation de l’économie, l’accélération de la consommation au sein des classes moyennes en Asie, et le vieillissement de la population recèlent tout particulièrement de la valeur.

Marc Basselier , 11 juillet

Notes

[1] Sources : UBP, Bloomberg Finance L.P., au 28 juin 2019. Le graphique représente la participation moyenne des convertibles aux phases haussières (ou baissières) des marchés actions, sur la base des performances mensuelles enregistrées depuis le 31 décembre 2001. Indice Convertibles : Thomson Reuters Convertibles Global Hedged EUR. Indice Actions : MSCI World Net TR Hedged EUR. Les performances passées ne constituent pas une indication des résultats actuels ou futurs.

[2] Sources : UBP, Bloomberg Finance L.P. Indice Convertibles : Thomson Reuters Global Convertibles Hedged EUR. Indice Actions : MSCI World TR Hedged EUR. Les performances passées ne constituent pas une indication des résultats actuels ou futurs.

[3] Sources : UBP, Bloomberg Finance L.P. Analyse du 29 décembre 2017 au 28 juin 2019. Indice Convertibles : Thomson Reuters Global Convertibles Hedged EUR. Indice Actions : MSCI World Net TR Hedged EUR. Les performances passées ne constituent pas une indication des résultats actuels ou futurs.

[4] Sources : UBP, Bloomberg Finance L.P. Au 28 juin 2019. Indice Convertibles : Thomson Reuters Global Convertibles Hedged EUR. Indice Obligations : Bloomberg Barclays Global Agg. Corp. TR Hedged EUR. Les performances passées ne constituent pas une indication des résultats actuels ou futurs.

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