Introduction à l’investissement responsable

Au sein de l’activité de gestion d’actifs, l’ISR consiste à appliquer les principes de développement durable aux investissements financiers. C’est une manière d’investir qui, tout en recherchant une performance financière compétitive, prend en compte les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans le processus d’évaluation et de sélection des actifs.

Le développement durable, ou la notion de développement économique répondant aux besoins présents sans compromettre ceux des générations futures, est né d’une initiative prise par l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans les années 1980. À l’époque, l’ONU cherchait à répondre aux inquiétudes au sujet de la détérioration de l’environnement humain et l’épuisement des ressources naturelles.

L’expression « développement durable » a toujours intégré des objectifs de développement économique, développement social et protection de l’environnement.

L’idée selon laquelle la seule façon de mener à bien le progrès économique et social est de l’associer à la protection de l’environnement a été énoncée dans le 4e principe de la Déclaration de Rio de 1992 sur l’environnement et le développement : « Pour parvenir à un développement durable, la protection de l’environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être considérée isolément ».

Depuis lors, des avancées importantes ont été réalisées grâce à l’engagement généralisé en faveur de l’adoption et la mise en œuvre de stratégies nationales de développement durable. Pourtant, les écosystèmes mondiaux, essentiels au développement économique et à la vie en général, continuent à se détériorer. Même si des progrès considérables ont été accomplis en matière de réduction de la pauvreté, celle-ci demeure un problème capital dans de nombreuses régions du monde.

L’investissement socialement responsable (ISR) consiste à intégrer le développement durable à la gestion d’actifs

BNP Paribas Asset Management a assimilé depuis longtemps le principe selon lequel la prise en compte du développement durable dans son processus de prise de décisions d’investissement lui permet, en sa qualité de gestionnaire d’actifs, de jouer un rôle important dans la prospérité économique à long terme. Le postulat de base du développement durable est que la dégradation de l’environnement sape ou limite le développement économique, le bien-être social et la sécurité.

Au sein de l’activité de gestion d’actifs, l’ISR consiste à appliquer les principes de développement durable aux investissements financiers. C’est une manière d’investir qui, tout en recherchant une performance financière compétitive, prend en compte les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans le processus d’évaluation et de sélection des actifs.

Initiatives politiques guidant notre démarche d’investissement responsable

En 2000, le Pacte mondial, une initiative politique stratégique commune au secteur public et au secteur privé et destinée aux entreprises engagées en faveur du développement durable, a été lancée. Il est communément admis que la création de valeur à long terme suppose un engagement sur les dix principes du Pacte mondial, qui fournissent un cadre pour le développement, la mise en œuvre et la communication des principes et des pratiques de développement durable en matière de droits de l’Homme, conditions de travail, environnement et lutte contre la corruption. Les entreprises qui souscrivent au Pacte mondial sont également tenues de présenter chaque année une Communication des progrès réalisés décrivant les efforts de l’entreprise pour mettre en œuvre ces dix principes.

Les Principes de l’investissement responsable (PRI) adoptés en 2006 sous l’égide du Pacte mondial de l’ONU et du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) s’adressent spécifiquement aux investisseurs institutionnels. Il s’agit d’une série de six normes destinées aux investisseurs, d’application volontaire, dont le but est d’intégrer les questions ESG au processus régulier de prise de décisions en matière d’investissement et aux politiques et pratiques d’actionnaires. Les professionnels de l’investissement reconnaissent de plus en plus que les questions ESG peuvent affecter la performance des portefeuilles de placement, et c’est justement ce qui a donné naissance aux PRI. Ceux-ci fournissent aux investisseurs un cadre leur permettant de prendre en compte correctement les questions ESG dans l’accomplissement de leurs obligations fiduciaires et, par conséquent, d’améliorer la rentabilité à long terme pour leurs clients.

En préambule des PRI, on trouve le texte suivant :

« En tant qu’investisseurs institutionnels, nous avons le devoir d’agir au mieux des intérêts à long terme de nos bénéficiaires. Dans ce rôle fiduciaire, nous estimons que les questions environnementales, sociales et de gouvernance d’entreprise (ESG) peuvent influer sur la performance des portefeuilles d’investissement (à des degrés divers selon les entreprises, les secteurs, les régions, les classes d’actifs et le moment). Nous sommes en outre convaincus que l’application de ces Principes pourra mettre les investisseurs mieux en phase avec les grands objectifs de la société. »

Le projet de divulgation des émissions de carbone (CDP, Carbon Disclosure Project), lancé en 2006, a pour but de motiver les investisseurs, les entreprises et les États à « éviter une évolution dangereuse du climat » grâce au recueil et à la distribution d’informations sur les mesures que ces entités ont prises pour lutter contre le changement climatique. Le premier pas consiste à mesurer les émissions, puis à les contrôler et les réduire. Le projet CDP constitue la plus grande base de données au monde sur les émissions de gaz a à effet de serre (GES) des entreprises et fournit une analyse détaillée de la façon dont les grandes multinationales réagissent face au changement climatique.

En 2017, treize propriétaires d’actifs et cinq gestionnaires d’actifs internationaux, parmi lesquels BNP Paribas Asset Management, ont lancé l’initiative TPI (Transition Pathway Initiative) afin de mieux comprendre de quelle manière la transition vers une économie à faible émission de carbone pourrait impacter leurs investissements. À l’aide d’un outil en ligne public et transparent, la TPI évaluera comment les entreprises se positionnent face à la transition vers une économie à faible émission de carbone. L’objectif est d’envoyer un message clair aux entreprises sur ce que nous attendons d’elles quant à leur positionnement face à la transition vers une économie à faible émission de carbone.

Application de critères ESG ou « extrafinanciers » à nos investissements

Pour évaluer les qualités d’une entreprise, nous appliquons des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Le champ d’application de ces critères dépasse le cadre classique de l’analyse financière et englobe les domaines suivants :

Critères environnementaux : impact direct ou indirect des opérations d’une entreprise sur l’environnement (émissions de GES, efficacité énergétique, prévention des accidents industriels, gestion des ressources en eau, etc.).

Critères sociaux : impact des opérations d’une entreprise sur ses salariés, ses clients et sur la société civile pour tout ce qui concerne les valeurs universelles (droits de l’Homme, normes internationales de travail, lutte contre la corruption, etc.).

Gouvernance d’entreprise : ce critère englobe la façon dont une entreprise est dirigée, administrée et contrôlée. Il s’intéresse tout particulièrement aux relations qu’elle entretient avec ses actionnaires, le conseil d’administration et l’équipe dirigeante.

Comment l’engagement en faveur de l’ISR se traduit-il en pratique ?

Notre démarche d’investissement socialement responsable se décline dans deux domaines principaux : les fonds de placement thématiques et les fonds généralistes.

Fonds thématiques
Ce sont des fonds dont l’objectif est d’investir dans des entreprises qui, selon notre équipe d’analystes, auront un impact social et/ou environnemental majeur.

Parmi les thèmes environnementaux il convient de citer les économies d’énergie, les énergies renouvelables, la gestion et le contrôle de la pollution de l’eau, ainsi que le traitement et le recyclage des déchets.

Les thèmes sociaux sont, entre autres, la lutte contre la pauvreté, la protection de la santé, l’éducation, le commerce équitable, les biens et les services destinés aux populations défavorisées.

Les fonds thématiques comprennent également les fonds de microfinance investis dans des organisations dont le rôle est de prêter des sommes limitées à des propriétaires de microentreprises n’ayant généralement pas accès aux sources de financement classiques, ainsi que de soutenir des entrepreneurs sociaux dont le but est de vendre des produits et des services améliorant les conditions de vie de populations défavorisées et/ou de protéger l’environnement.

Pour qu’une entreprise puisse faire partie d’un fonds thématique, nous exigeons que les activités mentionnées ci-dessus représentent une part importante de son chiffre d’affaires (typiquement plus de 20 %).

Fonds multisectoriels ou fonds « best-in-class »
De plus, les fonds ISR offrent souvent des caractéristiques particulières liées à des investissements spécifiques ou à la redistribution des bénéfices.

Fonds dont le portefeuille est composé exclusivement d’entreprises d’un secteur d’activité économique donné qui appliquent les meilleurs pratiques en matière de relation avec les salariés (par ex., création d’emploi, gestion des ressources humaines) et d’environnement (par ex., efforts en faveur de la prévention du changement climatique, économies d’énergie, protection de l’environnement) et qui respectent les principes de bonne gouvernance d’entreprise (par ex. indépendance du conseil d’administration, respect des droits des actionnaires).

De plus, les fonds ISR offrent souvent des caractéristiques particulières liées à des investissements spécifiques ou à la redistribution des bénéfices.

Fonds solidaires
Ces fonds investissent entre 5 % et 10 % de leurs actifs dans des entreprises solidaires ou des projets d’économie solidaire reconnus comme tels par leur statut juridique (par ex. aide à l’intégration sociale, logement social, etc.).

Fonds de partage
Ce sont des fonds qui reversent au moins 25 % des bénéfices générés par leur croissance à des organisations caritatives. Ils s’inscrivent dans une démarche solidaire.

Andrew C. Craig , 12 septembre

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