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Vincent Denoiseux : « Les expositions factorielles proviennent à ce jour essentiellement des gestions actives »

Selon Vincent Denoiseux, Managing Director, responsable de la Stratégie Quantitative pour DWS Passive AM, il semble prématuré de parler de risque de bulles sur les stratégies factorielles…

Next-Finance : Vous avez lancé en octobre 2013 le fonds DB Platinum IV Equity Risk Premia. Quel bilan pouvez-vous en tirer ?

Vincent Denoiseux : Le fonds DB Platinum IV Equity Factor Premia a réalisé une performance (part EUR couverte en devise) de -1.33 % entre son lancement et sa clôture, à comparer avec -4.99 % pour l’ensemble des Hedge Funds “liquides” (Indice HFRX en Euro couvert en devise, HFRXGLE Index) et -3.64 % pour les Hedge Funds dis ‘Equity Hedge’ (indice HFRX Equity Hedge en Euros couvert en devise, HFRXEHE Index) sur la même période. Cette sur-performance a été réalisée dans le cadre de la réglementation UCITS et avec une liquidité quotidienne. En termes de mise en œuvre, il faut bien distinguer les approches long-only et long short. Ce fonds a été construit sur la base d’une exposition « long-short » a des styles de gestion (d’où la comparaison de sa performance avec celle de hedge funds), son profil de risque performance se différencie donc radicalement des ETF Factoriels qui visent quant à eux à surperformer les indices actions traditionnels. La base d’investisseurs pour les stratégies long-short est relativement étroite, significativement plus restreinte que celle des stratégies plus traditionnelles mises en œuvre par les ETFs factoriels.

Que proposez-vous aujourd’hui chez DeAWM en matière de Smart Beta et facteurs de risques ?

L’offre de DWS couvre une large palette de produits et services :

  • Les ETF factoriels, couvrant l’ensemble des styles de gestion, sur une large plage de régions, et a un coût très compétitif.
  • Les ETFs smart beta, tel le S&P 500 Equal Weight ainsi que des ETFs Fixed Income (Yield Plus et Quality Weighting)
  • Une offre de Mandats dédiés combinant notre expertise de construction de portefeuille et d’analyse factorielle avec notre track-record en réplication optimisée d’indices smart beta.
  • Enfin, nos différentes équipes de gestion ont par ailleurs développé plusieurs approches multi factorielles actives, certaines affichant plus de 16 ans de track-record.

Quels sont les besoins des institutionnels que vous avez identifié ? Utilisez-vous les stratégies de facteur de risque comme un outil tactique dans la construction de vos portefeuilles ou comme outil cœur de vos portefeuilles ? Pouvez-vous bâtir toute votre allocation actions à partir de briques d’ETF sectoriels / factoriels ?

  • Une tendance est certaine : les gestions actives se retrouvent en compétition avec à la fois les gestions passives (par exemple beta « marche », secteurs, pays, régions) et le smart beta. Les institutionnels l’ont bien compris et composent leurs portefeuilles en tirant parti des atouts de chacune de ces briques d’allocation.
  • Initialement considérées comme ‘niches’, les approches factorielles sont en train de rejoindre le cœur des portefeuilles.
  • Par conséquent, il ne me semble pas déraisonnable d’imaginer une allocation actions constituée de briques beta, secteurs et facteurs, c’est d’ailleurs de cette façon que raisonnent la plupart de nos investisseurs.

N’y a-t-il pas un risque de bulles sur les stratégies factorielles ? Ne pensez-vous que la performance de ce type de stratégie va se réduire avec l’engouement grandissant des investisseurs ?

A ce stade, nous avons identifié 700 milliards de dollars actuellement investis en ETFs factoriels. Bien qu’en croissance forte au cours des dernières années, (voir ci-dessous) ces encours sont bien inférieurs à ceux des ETFs actions (environ 3 000 milliards de dollars en tout), à ceux des fonds ouverts (environ 20 000 milliards de dollars) ainsi qu’à la capitalisation boursière des actions (MSCI All Countries : 44 000 milliards de dollars). Les stratégies factorielles étant elles même fortement diversifiées (par région, style, indice et fournisseur d’indice), il me semble ainsi prématuré de parler de crowding (terme le plus usité dans ce domaine) pour les ETFs factoriels. N’oublions pas que les facteurs visent à répliquer – à moindre coût, et de manière robuste et liquide – des styles de gestion, eux même développés par les gestions actives ! Les expositions factorielles proviennent à ce jour essentiellement des gestions actives, nous publierons très prochainement une recherche de fonds à ce sujet.

En termes de développement, quels sont vos objectifs d’encours à moyen terme sur les ETFs à facteurs de risque et plus généralement sur les stratégies à facteur de risque ?

Compte tenu de leur qualités intrinsèques (capacité de surperformer à long terme, diversification forte et stable entre les différents styles de gestion, transparence, faible coût, sensibilité spécifique aux taux d’intérêt) et la reconnaissance croissante des investisseurs de leur rôle au sein de la construction d’un portefeuille, il n’est pas déraisonnable d’anticiper des encours de 1 000 à 2 000 milliards de dollars sur ce type de stratégie dans les prochaines années.

RF , 12 avril

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