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Olivier Héreil : « Nous avons fait le choix d’une gestion responsable »

Selon Olivier Héreil, Directeur Général Adjoint, Gestions d’actifs de BNP Paribas Cardif, son groupe a modifié son allocation d’actifs de manière tactique, en réduisant son risque actions et obligations, en augmentant légèrement son exposition immobilière et le montant de ses liquidités, tout en mettant en place des stratégies optionnelles de protection...

Next-Finance : Pouvez-vous nous présenter BNP Paribas Cardif et le montant actuel de vos encours ?

Olivier Héreil : Filiale du groupe bancaire BNP Paribas, nous sommes un spécialiste mondial de l’assurance des personnes et un acteur majeur de l’assurance vie en France. Présent dans 33 pays, nous avons également acquis des positions fortes en Europe, Asie et Amérique Latine, avec un chiffre d’affaires de 29,8 milliards d’euros en 2019.

En termes d’actifs gérés, le montant de nos encours s’élevait à 260 milliards d’euros à fin décembre 2019 dont 163 milliards d’euros en épargne : 123 milliards d’euros pour le fonds général et 40 milliards d’euros en unités de compte (UC).

Quelle est votre allocation d’actifs actuelle ? A-t-elle été modifiée depuis la crise boursière de ce début année ?

Globalement, notre allocation d’actif est définie par notre gestion actif-passif. Cependant, nous pouvons la modifier de manière tactique. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait avec la crise sanitaire, en réduisant notamment notre risque sur les parties obligations et actions qui sont passées respectivement de 78 % à 76 % et de 13 % à 12,5 %. Dans le même temps, nous avons légèrement augmenté notre exposition immobilière (de 7,5 % à 8 %) et le montant de nos liquidités, tout en mettant en place des stratégies optionnelles de protection.

A ce jour, notre allocation d’actifs est la suivante :

  • Obligations : 76 %
  • Actions : 12,5 %
  • Immobilier : 8 %
  • Liquidités : 2,5 %
  • Autres : 1%

Pensez-vous que la crise sanitaire actuelle va renforcer l’intérêt des investisseurs pour la thématique ESG ?

Ce mouvement a commencé bien avant la crise sanitaire. Cette crise a joué un rôle d’accélérateur et nous pensons que l’intérêt des investisseurs va se poursuivre dans les mois et les années à venir, y compris de la part des particuliers sur la partie UC de leurs contrats d’assurance vie.

Utilisez-vous les critères ESG dans votre politique de gestion ? Avez-vous des projets ou développements en cours sur ce sujet ?

Oui, tout à fait. Nous avons fait le choix d’une gestion responsable, intégrant des critères ESG dès 2008. Aujourd’hui, en France, 89% de l’ensemble des actifs du fonds général sont couverts par une analyse et des données ESG. Par ailleurs, tous les actifs du fonds général détenus en direct font l’objet d’un filtre ESG. De plus, nous avons pris l’engagement d’augmenter nos investissements à impact positif d’un milliard d’euros par an d’ici fin 2024. Ils s’élevaient à 6,5 milliards d’euros d’investissement à fin 2019. Avec ce nouvel objectif, nous atteindrons 11,5 milliards d’euros d’investissements à impact positif d’ici fin 2024.

Nous avons pris l’engagement d’augmenter nos investissements à impact positif d’un milliard d’euros par an d’ici fin 2024. Ils s’élevaient à 6,5 milliards d’euros d’investissement à fin 2019.
Olivier Héreil, Directeur Général Adjoint, Gestions d’actifs de BNP Paribas Cardif

Déléguez-vous toujours la gestion de votre portefeuille à des sociétés de gestion externes ?

Nous gérons nos actifs core en direct : les obligations d’Etat, les obligations d’entreprises et les actions. Par contre, pour nos investissements de diversification (obligations High Yield, marchés émergents, private equity et infrastructures), nous avons recours aux expertises d’autres asset managers.

Avez-vous des objectifs de rentabilité sur votre portefeuille ? Quelle a été sa performance l’an dernier ?

Il est prématuré de faire des projections mais le niveau des taux obligataires très bas a été renforcé par les effets récessionistes de cette crise. Nous poursuivons notre politique de gestion prudente et responsable en particulier de nos réserves. Le fonds en euros de BNP Paribas Cardif bénéficie d’un historique long de plusieurs dizaines d’années qui lui a permis de gérer la mutualité et la diversité de ses engagements et de les adosser au fil des années à un actif diversifié sur différentes échéances et différentes classes d’actifs.

En 2019, le taux brut du fonds en euros s’est élevé à 2,70%. Il reflète la continuité d’une politique de gestion à long terme et a rendu possible une dotation à la Provision pour Participation aux Bénéfices (PPB) de 583 millions d’euros. La PPB s’élève en totalité à 5 178 millions d’euros à fin 2019, soit 5,83 % des encours. Cette réserve est un gage de solidité et de sérénité pour les assurés et permet une gestion active et performante des fonds investis. Le taux de rendement moyen net du fonds en euros de BNP Paribas Cardif s’est élevé à 1,41 % en 2019.

Quelles sont vos différentes contraintes en matière d’investissements (SCR par exemple) ?

Nous sommes soumis à Solvency II qui exige de disposer des fonds propres en face des risques liés aux actifs, ce qui limite notamment notre exposition aux marchés actions. Tout en poursuivant l’objectif de dégager un rendement attractif pour nos assurés, nous intégrons cette règle dans notre gestion actif-passif.

Sur quelles classes d’actifs comptez-vous vous positionner ?

Face à l’environnement de taux bas actuel, nous investissons dans les infrastructures (autoroutes, énergies renouvelables, etc…) qui permettent un rendement régulier sur le long terme. Les infrastructures offrent donc une sorte de substitut partiel aux obligations tout en répondant à notre besoin de duration en termes de gestion actif-passif.

Face à l’environnement de taux bas actuel, nous investissons dans les infrastructures (autoroutes, énergies renouvelables, etc…) qui permettent un rendement régulier sur le long terme.
Olivier Héreil, Directeur Général Adjoint, Gestions d’actifs de BNP Paribas Cardif

RF , 24 septembre

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