›  Interview 

David Pastel : « A fin mars 2013, Margin of Safety Fund a généré une performance cumulée de +320% depuis le 2 février 1998 »

David Pastel, PDG de Pastel & Associés, est l’un des gérants les plus prolifiques de la place. Quelles recettes applique-t-il à ses fonds, Valeur Intrinsèque et Margin of Safety Fund ? Entretien avec ce gérant iconoclaste qui refuse de céder aux sirènes du marketing et des effets de mode…

Next-Finance : Dans une de vos récentes lettres à destination des investisseurs, vous indiquiez que la période des soldes commencée fin 2007, sur le marché des actions des pays dits développés, n’était pas terminée. Est-ce toujours le cas selon vous ?

David Pastel : Oui, c’est toujours le cas pour certains titres qui nous semblent afficher une valorisation, en deçà de leur valeur fondamentale, au regard de nos critères d’analyse. Ma remarque ne concerne donc pas le marché boursier dans son ensemble, mais seulement quelques entreprises que nous pensons être actuellement sous-valorisées. Il convient, en effet, d’être particulièrement sélectif au sein de l’ensemble des valeurs cotées.

Nos portefeuilles se concentrent sur les titres offrant une liquidité suffisante – nous n’investissons pas dans les « small cap » - et sur des sociétés étudiées sur longue période, 5 à 10 ans de comptes…
David Pastel, PDG de Pastel & Associés

Vous avez expliqué à cette occasion que depuis la création de Pastel & Associés - il y a plus de quinze ans – que rarement autant de positions en portefeuille auront connu des décotes aussi fortes entre leur cours de bourse et leur valeur économique à long terme, plusieurs titres traitant même en dessous de leur valeur d’actif nette tangible. N’est-ce pas justifié par la crise économique que nous connaissons actuellement, dans les pays développés, avec des croissances plutôt faibles en moyenne depuis 5 ans ?

Non, je ne le pense pas. Notre analyse fondamentale s’appuie, entre autres, sur les prévisions des « cash flows » futurs des entreprises, volontairement pessimistes, prenant notamment en compte, un faible niveau de croissance économique, pour les années à venir. En effet, nous pensons que les résultats d’une entreprise doivent avant tout s’analyser sur le long terme, c’est-à-dire au temps de l’entreprise que nous estimons au minimum entre 5 et 7 ans. D’ailleurs, sur ce point, il est aujourd’hui désolant de constater que le marché raisonne de plus en plus à court terme ; ce qui est, à mon sens, de nature à le déconnecter de la vie réelle des entreprises.

Comment peut-on qualifier votre style de gestion sur le marché action qui s’affranchit de l’évolution des indices ? Quel type de valeurs avez-vous tendance à privilégier aujourd’hui dans votre portefeuille ?

Pour qualifier notre philosophie de gestion, j’utiliserai le terme « style value non benchmarké long terme ». Bref, une gestion axée, avant tout, sur la recherche de sociétés sélectionnées à partir d’une analyse approfondie de leur valeur économique et sous-cotées par le marché, tout en offrant des perspectives de croissance des bénéfices pour le futur. Nos portefeuilles se concentrent sur les titres offrant une liquidité suffisante – nous n’investissons pas dans les « small cap » - et sur des sociétés étudiées sur longue période, 5 à 10 ans de comptes. Il en ressort, a posteriori, des secteurs « d’expertise » comme le travail temporaire, les matériaux de construction ou encore la distribution spécialisée, à travers des valeurs telles que Randstad, Vicat et Carpetright.

Nous refusons de céder aux sirènes du marketing. Notre métier est la gestion de portefeuille. Nous ne suivons donc pas les phénomènes de mode, préférant nous concentrer sur notre métier, en essayant de faire gagner de l’argent à nos clients sur le long terme…
David Pastel, PDG de Pastel & Associés

Vous n’indiquez pas votre scénario boursier chaque année alors que certains investisseurs sont souvent dans l’attente d’une expression forte des convictions des gérants. Comment justifiez-vous cela ? Est-ce du manque de conviction ?

Nous ne voyons pas l’utilité d’un tel exercice ; nous ne sommes pas un cabinet de voyance. Plus sérieusement, nous préférons nous concentrer avant tout sur l’analyse fondamentale des actions, et non sur des prévisions de marché qui nous semblent plus qu’aléatoires.

Vous dites avoir refusé de céder aux sirènes du marketing et refuser de lancer des fonds de types « convertibles », « ISR » ou « long-short », comment expliquez-vous ce choix alors que les investisseurs en sont friands à l’heure actuelle ? Rajouter une composante « short » dans vos fonds, ne permettrait-il pas de les immuniser en cas de forte baisse des marchés et de limiter les sorties des investisseurs lors de périodes de fortes secousses ?

Oui, vous avez raison, nous refusons de céder aux sirènes du marketing. Notre métier est la gestion de portefeuille. Nous ne suivons donc pas les phénomènes de mode, préférant nous concentrer sur notre métier, en essayant de faire gagner de l’argent à nos clients sur le long terme. Pour répondre à la deuxième partie de votre question, je dirais que nous ne croyons pas au principe de ventes à découvert sur la durée, parce que le ratio risque/retour de la vente à découvert nous semble généralement défavorable.

Nous ne croyons pas au principe de ventes à découvert sur la durée, parce que le ratio risque/retour de la vente à découvert nous semble généralement défavorable…
David Pastel, PDG de Pastel & Associés

Pouvez-vous nous en dire plus sur la performance et la volatilité de vos fonds les plus anciens, Margin of Safety Fund (USD) (part P) et Valeur Intrinsèque (part P) depuis leur date de création ? A combien s’élèvent vos encours sous gestion, à l’heure actuelle ?

A fin mars 2013, Margin of Safety Fund a généré une performance cumulée de +320,3% et un taux de rentabilité annualisée de 9,9% (depuis le 2 février 1998), contre, respectivement, +108,9% et 5% pour MSCI World (USD) dividendes réinvestis. Valeur Intrinsèque à quant à lui généré une performance cumulée de +106,6% et un taux de rentabilité annualisée de +6,3% (depuis le 6 juin 2001) contre respectivement, +11,6% et +0,9% pour MSCI World (EUR) dividendes réinvestis. Par ailleurs, nos encours sous gestion s’élèvent à près de 230 millions d’euros à fin mars 2013

Quels sont vos ambitions à moyen terme ?

Notre ambition est d’atteindre, dans un premier temps, les 500 millions d’encours sous gestion, puis de franchir la barre du milliard d’euros. Pour cela, nous avons mis en place des partenariats, nous permettant notamment de nous développer à l’international.

RF , Mai 2013

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Interview Eric Dubos : « Nous nous engageons à détenir 8% d’investissements responsables au sein de la poche obligataire dont au moins 80% en obligations vertes »

Selon Eric Dubos, Directeur Financier et membre du COMEX de MACSF, avec des taux négatifs sur une bonne partie de la courbe des taux, la recherche de rendement pousse les investisseurs à rallonger la duration des (...)

© Next Finance 2006 - 2021 - Tous droits réservés