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Cyrille Collet : « Il n’y a pas une recette mais plutôt 3 règles de bon sens ! »

Après 8 années de surperformance consécutives sur les marchés actions de la zone euro, Cyrille Collet, Directeur de la Gestion Actions chez CPR AM nous livre la philosophie de gestion du fonds CPR Euroland...

Pouvez-vous nous décrire brièvement la philosophie et l’objectif de gestion du fonds ?

CPR Euroland investit dans l’ensemble des secteurs et des pays de la zone euro. Les titres les plus attractifs sont sélectionnés à l’intérieur de chaque secteur pour obtenir un portefeuille diversifié avec un profil de risque proche de son indice de référence, le MSCI EMU. L’objectif est de surperformer cet indice sur long terme mais surtout de dégager 1 à 2% de valeur ajoutée chaque année dans un cadre de risque maîtrisé.

Depuis quand gérez vous ce produit et avec quelles performances ?

Je gère CPR Euroland depuis février 2002, avec Caroline Canard en binôme depuis fin 2005. Le fonds a surperformé son indice de référence entre 2003 et 2010 soit pendant 8 ans de façon consécutive. Notre satisfaction est d’avoir réussi à battre l’indice indépendamment de son évolution absolue, tant dans les années fastes de 2003 à 2007, que pendant les années de crise de 2008 à 2010.

Quelle est donc la recette de ce succès ?

Il n’y a pas une recette mais plutôt 3 règles de bon sens qui se résumeraient en une prééminence du pragmatisme sur le dogmatisme. La première règle consiste à gérer le fonds selon un processus quantitatif à visage humain, ce qui signifie que l’analyse systématique des valeurs est complétée par un suivi quotidien des titres en portefeuille à travers les flux d’information du marché. La deuxième concerne la recherche permanente sur la sélection de valeurs qui nous permet de faire évoluer notre modèle mais surtout de détecter les variables pertinentes en fonction des conditions de marché. La troisième réside dans une construction dynamique du portefeuille en fonction de l’analyse de marché donnée par le modèle de risque APT que nous utilisons depuis plus de 13 ans maintenant.

Et comment avez-vous maintenu le cap depuis fin 2007 ?

Face à cette crise, les maîtres mots ont été : équilibre et adaptation. En effet, nous avons réduit le risque relatif du portefeuille et apporté un soin particulier à l’adaptation de notre analyse des valeurs aux tendances de marché. Dans un premier temps, notre neutralité de style - ni growth ni value - de secteur et géographique a stabilisé le fonds, évitant ainsi d’amplifier les mouvements parfois erratiques de certains secteurs ou pays. Ensuite, notre approche privilégiant une sélection des valeurs rentables - avec un profil de décote ou de croissance - à l’intérieur de chaque secteur nous a permis d’éviter les « pires dossiers » et donc de dégager de la valeur indépendamment des tendances. Et enfin, nous avons complété cette sélection systématique avec les critères suivis par le marché comme l’endettement, la dynamique des prix et de révisions des bénéfices.

Votre surperformance est indéniable mais pas très « sexy », quel type de client investit dans votre fonds ?

Disons que nous surperformons de manière significative dans les marchés avec tendance (2003 - 2007) et que nous surperformons toujours, mais avec une plus faible amplitude dans les marchés plus agités (2008 - 2010). Cette double particularité plait beaucoup aux institutionnels français et étrangers - fonds de pensions - qui choisissent le beta et attendent du gérant la création d’un alpha stable et récurrent. Pour preuve, l’actif net du fonds a progressé de 100 millions d’euros fin 2007 à plus de 420 millions d’euros aujourd’hui. Il y a donc une prime et un intérêt pour ce type de gestion capable de délivrer de la performance relative indépendamment de l’évolution des marchés. De plus, son couple rendement/risque supérieur à celui des ETF devrait finir par charmer les investisseurs dont l’horizon d’investissement est plus court ...

Et que pouvons nous attendre des marchés actions en 2011 ?

Ils devraient rester volatils et principalement dans la zone euro du fait du risque lié aux dettes souveraines mais aussi de celui du refinancement des banques. Mais la zone n’a jamais été aussi attractive en termes de valorisation boursière au regard de la forte croissance attendue des bénéfices. De plus elle a fortement sous-performé les autres régions en 2010. Le premier semestre devrait être sportif mais les marchés actions de la zone euro pourraient créer la bonne surprise du deuxième semestre et CPR Euroland être un bon véhicule pour en profiter  !!

Next Finance , Janvier 2011

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