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Arnaud Brillois : « Le maintien d’un niveau de volatilité inférieur à 5 % passe par l’articulation des poches monétaire et convertibles ! »

Selon Arnaud Brillois, Responsable des obligations convertibles chez Lazard Frères Gestion, le lancement du fonds Objectif Orientation Convertible vise à compléter par un produit de volatilité modérée la gamme Obligations Convertibles dont le processus de gestion est plus agressif…

Quelles sont les caractéristiques d’Objectif Orientation Convertibles ?

Il s’agit d’un fonds investi sur les Obligations Convertibles Européennes présentant un profil relativement prudent. Le fonds ne peut en effet dépasser le seuil de 40 % d’exposition actions et nous nous sommes engagés à ne pas dépasser 5 % de volatilité. Le profil rendement/risque est très attractif. Le fonds bénéficie de la hausse des marchés actions et de la protection du plancher obligataire.

Le propos était de compléter ainsi par un produit de volatilité modérée voire basse la gamme Obligations Convertibles de Lazard Frères Gestion dont le processus de gestion est plus agressif.

Les performances sont-elles au rendez-vous ?

Les performances sont excellentes pour ce fonds créé le 30 juin 2010, et qui va bientôt fêter son premier anniversaire. A fin avril 2011, le fonds est en hausse de 10,6 %. Il faut noter que le couple rendement/risque est très attractif car la volatilité du fonds sur la période n’a pas franchi le seuil des 4,2 %.

Est-il difficile de gérer la volatilité ?

Afin de maintenir dans le fonds un niveau de volatilité inférieur à 5 %, nous travaillons sur l’articulation de la poche monétaire et de la poche convertibles.

Nous augmentons la proportion de monétaire dans le fonds lorsque l’on estime que la volatilité tend à devenir trop élevée et inversement nous accroissons la part d’obligations convertibles quand nous sommes à la recherche de volatilité et donc de rendement supplémentaire. A noter que dans la poche d’Obligations Convertibles nous avons tendance à privilégier les obligations convertibles mixtes. Il s’agit d’obligations convertibles hybrides qui présentent à la fois des caractéristiques des obligations et des actions. Elles permettent de profiter du potentiel d’appréciation des actions tout en bénéficiant du profil défensif des obligations.

Le gisement européen sur lequel vous êtes investis est-il suffisamment fourni ?

Oui. Grâce au marché primaire récent, le marché européen compte suffisamment de ces obligations convertibles mixtes que nous recherchons pour nous permettre de mener une gestion active.

Avez-vous des financières dans votre portefeuille ?

Le portefeuille n’est quasiment pas investi dans les obligations convertibles des institutions financières. L’exposition est inférieure à 2 %. Elles sont quasiment absentes du gisement européen des obligations convertibles.

Êtes-vous exposés au risque devises ?

Il n’existe aucun risque de devises dans Objectif Orientation Convertibles. Les investissements sur la poche monétaire se font sur des emprunts allemands ou français. Nous ne cumulons pas de risque pays. Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu d’opportunité intéressante d’investissement hors zone euro. Mais si l’occasion se présente, nous prendrons systématiquement une couverture de change.

Le marché primaire sera-t-il au rendez-vous en 2011 ?

Oui, nous le pensons. L’endettement par obligation convertible est un moyen pour un émetteur de se refinancer à un coût plus bas qu’avec les obligations classiques, voire de réaliser une augmentation de capital différée. De nouveaux émetteurs devraient être attirés par ces atouts. Les émetteurs habitués des obligations convertibles vont probablement se refinancer via cet actif. Nous pensons aussi que les obligations échangeables connaîtront un retour en force.

Le marché vous apparaît-il actuellement cher et quelles sont vos perspectives pour 2011 ?

Les niveaux sont élevés mais pas excessifs. Des flux importants en provenance de gros fonds américains tels que PIMCO, qui ont revu leurs allocations en obligations convertibles à la hausse, viennent actuellement s’investir sur le marché des obligations convertibles et contribueront à renchérir les prix. Nous anticipons dans notre scénario économique une croissance soutenue avec une montée des marchés actions comme une amélioration de la qualité financière des entreprises et la réduction des marges de crédit. Les obligations convertibles vont bénéficier de ces appréciations et donc continuer de s’enchérir.

Next Finance , Juin 2011

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