Un fonds Absolute Return à +5.10% YTD !

Le fonds Quantology Absolute Return affiche au 20 Mars 2020 une performance YTD à+5.10% en part USD couverte, et +4.89% en part EUR couverte, avec une volatilité annualisée de 4%. Entretien avec Julien Messias, co fondateur et Responsable de la R&D chez Quantology Capital Management…

Next-Finance : Pourquoi votre fonds parvient-il à résister dans ce contexte ?

Julien Messias : Le fonds Quantology Absolute Return, qui va bientôt fêter ses 4 ans (le 1er août) se positionne en tête des fonds de la catégorie Performance Absolue depuis sa création.
Il affiche au 20 Mars 2020 une performance YTD à+5.10% en part USD couverte, et +4.89% en part EUR couverte, avec une volatilité annualisée de 4%. Le fonds est UCITS, et nous n’utilisons aucun levier ou instrument à pay-off convexe.

Cela est dû à la robustesse de nos méthodes propriétaires et de nos principes de gestion : systématique, comportemental, simplicité, risk-management.

Systématique, car nous considérons que les décisions discrétionnaires humaines ont tendance à coûter de la performance, en particulier dans des marchés agités.
Comportemental, car nous considérons que les marchés sont efficients d’un point de vue fondamental – le prix d’un actif à l’instant T reflète l’ensemble de l’information afférente au même moment – et donc que le stock-picking, qui est la croyance de dénicher des pépites sur la bases d’informations comptables, ne fonctionne pas. Par contre de multiples exemples laissent à penser que les marchés sont inefficients d’un point de vue comportemental, ce que nous cherchons à exploiter.
Simplicité, car nous basons notre réflexion sur des principes simples et évitons toute suroptimisation, et parce que nous sommes transparents avec nos investisseurs sur l’ensemble des positions dans les portefeuilles (fichiers AMPERE).
Risk-management, car nous sommes responsables de nos performances vis-à-vis de nos clients.

Il est à noter que le fonds avait déjà parfaitement joué son rôle décorrélant lors des épisodes baissiers de la fin 2018 ou du printemps 2019.

Pouvez vous nous parler des stratégies utilisées par le fonds QUANTOLOGY ABSOLUTE RETURN ?

Quantology Capital Management est une société de gestion spécialisée dans l’exploitation systématique des biais comportementaux des acteurs présents sur les marchés financiers actions : nous considérons que cela constitue une source de performance stable et pérenne.

Nous revendiquons une expertise unique autour des évènements et communications des sociétés cotées (résultats, dividendes, recommandations..), et un track-record de qualité, notamment en termes de prises de positions "short".

Le fonds est un long/short actions market neutral, et appartient à la galaxie des fonds ABSOLUTE RETURN, dont l’objectif – comme son nom l’indique – est de délivrer de la performance, quels que soient les aléas des marchés boursiers.

QUANTOLOGY ABSOLUTE RETURN exploite les inefficiences de marchés liées aux publications de résultats, ce de façon systématique, sans aucun biais humain.

Le principal alpha est le Post Earnings Announcement Drift (PEAD), qui consiste à utiliser le fait qu’une bonne publication augure d’une surperformance du titre et qu’à l’inverse une mauvaise publication prédit une sous-performance de l’actif, ce durant les semaines et les mois à venir. Toute la difficulté réside dans la catégorisation de la bonne et de la mauvaise publication, ce que notre modèle propriétaire parvient à effectuer avec succès.

Les deux alphas satellites, sont liés également à cet évènement : le premier permet de profiter de certaines configurations intraday sur cette journée, le deuxième s’intéresse aux décalages de dates de publications.

Q : Sur quels axes de recherche travaillez-vous ?

Nos processes sont au cœur de notre gestion : l’objectif est d’y réduire au maximum le nombre de degrés de libertés.
Nous n’avons pas d’avis, pas d’opinion, rien que des processes, notre devise parle pour nous « no beliefs, only processes ».
Nous ne valorisons pas les convictions individuelles, et ne cherchons pas à comprendre le marché. Par contre, nous utilisons la donnée pour comprendre ce que les autres comprennent du marché, au travers de la notion d’ « intelligence collective ». Par conséquent, nous avons un ADN « momentum ».

Nos gérants sont des chercheurs – notre équipe R&D est composée de 4 personnes, qui passent leur temps à travailler sur des sujets tels que le momentum des choix de sélection des gérants small caps européens, extraire de l’alpha des recommandations des analystes financiers, ou développer une approche originale de l’ESG/ISR.

Q : Quelle est la taille du fonds Quantology Absolute Return ? Quelle est la capacité maximum du fonds ?

Le fonds a aujourd’hui un AuM de 6 millions d’euros, pour une capacité maximale de 500 millions d’euros, son univers d’investissement étant les large et mid caps US, dont la capitalisation médiane est de 20 milliards de dollars.
Quantology CM gère entre toutes ses activités, près de 60 millions d’euros.

Q : Pouvez-vous expliciter un exemple de stratégie qui a bien fonctionné ?

Le PEAD consiste à acheter les sociétés qui publient « bien », et à shorter les sociétés qui publient « mal ». Il est donc tout à fait courant d’acheter sur un +25% ou shorter sur un -30%, même si cela va à l’envers de la philosophie « mean-reverting » dominante en Europe.

Entre mi-janvier et fin février, notre modèle a donc constitué un portefeuille long mega caps US, et short mid caps US, sans dessiner de biais sectoriel marqué : un exemple, nous sommes long Amazon.com Inc et short Wayfair Inc.

Q : Êtes-vous impactés par les coupes circuits sur les marchés US lorsque les marché sont fortement à la baisse ?

Non. Pas du tout.

Q : Souhaitez-vous un arrêt des marchés dans ce contexte chahuté ? Quid de l’arrêt des ventes à découverts ?

L’idée d’arrêter les marchés est dangereuse et scandaleuse ! On veut créer un aléa moral gigantesque : quand ça monte de façon exponentielle, tout va bien ! Par contre dès que ça ne va pas dans le sens souhaité, il faut tout arrêter ? Cela inciterait les opérateurs à prendre encore plus de risque et à faire encore plus n’importe quoi, sur le dos des clients, le tout sachant que de toute façon ils sont protégés par une potentielle désactivation du marché...
Il est aisé de revendiquer des performances quand tout va bien mais il faut aussi assumer les désastres...

De plus, les postulats sous-tendant les modèles de valorisation des produits financiers instituent une symétrie dans la possibilité d’acheter et de vendre les produits : vendre doit être tout aussi aisé que d’acheter. Or, fermer les bourses parce qu’elles "baissent trop" (d’ailleurs, la définition du seuil est totalement arbitraire, et non figée, créant une volatilité supplémentaire) revient à rendre ce postulat faux.

Enfin, la Bourse n’est pas une "game-boy" pour gamins capricieux qui l’éteignent quand ils perdent. Donc les financiers, qui défendent dans leur majorité des principes darwiniens et libéraux pour les autres, refuseraient-ils de se les appliquer à eux-mêmes ?

L’arrêt des ventes à découvert est déjà en place dans certains pays européens, mais ce n’est pas encore(?) le cas aux Etats-Unis. De toute façon, on voit très bien que l’impact de cette décision est très limité, et relève plus du symbolique que de l’efficace…

Next Finance , 24 mars

P.-S.

Pour plus d’information : www.quantology-cm.com

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