Retour des embauches et des bonus garantis à Wall Street : une situation durable ?

Après quasi deux années de vaches maigres, depuis la chute de Lehman Brothers en septembre 2008, les effectifs du secteur financier repartent à la hausse à New York...

Le département de l’Emploi de l’Etat de New York a récemment indiqué que près de 6.800 embauches ont eu lieu entre mars et mai 2010.

Malgré les doutes sur la vigueur de la reprise économique, la plupart des banques, présentes à Wall Street, ont visiblement choisi de l’anticiper en renouant avec les embauches. Parmi les banques le plus actives au premier trimestre 2010 figurent JPMorgan Chase (plus de 2.000 personnes à l’échelle globale), mais aussi Goldman Sachs et Credit Suisse (600 personnes chacune), Nomura (NDLR : ayant racheté une partie des activités de Lehman Brothers) et enfin la Deutsche Bank.

Selon les données du Federal Bureau of Economic Analysis, le salaire moyen annuel à Wall Street s’établit désormais à 392.000 dollars. D’après plusieurs cabinets de recrutement, plusieurs banques de Wall Street auraient même renoué avec la pratique des bonus garantis annuels de plusieurs millions de dollars sur une ou plusieurs années.

Le secteur financier au sens large semble ainsi avoir renoué avec la croissance au premier trimestre avec un total de 429.000 emplois fin mai 2010, contre 422.200 en février 2010.

Toutefois, nous sommes encore loin du « pic » atteint en août 2007 avec 473.800 emplois. D’ailleurs, cette augmentation s’inscrit après une année 2009 noire sur le marché du travail.

Malgré l’embellie apparente des embauches qui laisse supposer le retour du « business as usual » à Wall Street, il convient de se demander si cette situation est durable, notamment au regard des résultats du deuxième trimestre des banques Américaines publiés ces derniers jours.

Leurs activités de marchés semblent, en effet, marquer le pas en 2010. Après avoir tiré à la hausse les résultats des banques, en 2009, les divisions de banque d’investissement voient désormais leurs profits reculer sur un an : -26% pour Citi Bank ou encore -42% pour Bank of America. Comme l’indique JPMorgan Chase, les activités obligataires qui avaient beaucoup contribué l’an dernier aux résultats ont généré moins de revenus, tout comme les activités primaires sur les actions.

D’ailleurs, certaines banques, à l’image de Morgan Stanley sont beaucoup plus prudentes dans leur processus de recrutement, décidant de geler plusieurs centaines d’embauches en attendant que la reprise des marchés se confirme.

Décision raisonnable ? Sans doute ! Car le monde de la finance post-Lehmann a changé, même si malgré les recommandations de prudence des régulateurs, le rapport de force semble être revenu dans les mains des employés de Wall Street. Cette situation ne devrait probablement pas durer très longtemps, avec un environnement de marché devenu plus difficile et une réforme financière de Wall Street adoptée la semaine dernière qui limitera sans doute davantage les activités de trading !

RF , Juillet 2010

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