Premières hausses de taux en novembre et durcissement des conditions d’octroi dans les banques

En novembre, on assiste aux premières légères hausses de taux de l’année, même si certaines banques continuent à les baisser en fonction de leur appétence à prêter… D’ailleurs, Vousfinancer note en cette fin d’année un durcissement global des critères d’octroi de prêts, plus sensible qu’en 2018...

En novembre, on assiste aux premières légères hausses de taux de l’année, même si certaines banques continuent à les baisser en fonction de leur appétence à prêter… D’ailleurs, Vousfinancer note en cette fin d’année un durcissement global des critères d’octroi de prêts, plus sensible qu’en 2018, comme en témoignent les résultats d’un sondage interne réalisé fin octobre auprès de ses 200 agences de courtages en crédit. Reste à savoir si cette évolution est propre à la fin de l’année ou si elle se poursuivra en 2019… Et si certaines banques remontent légèrement leurs taux, ils restent globalement très bas, ce qui conduit les banques à être plus attentives à la rentabilité des crédits qu’elles accordent, au détriment de certains profils d’emprunteurs…

Quelques remontées de taux pour certains profils mais encore d’importantes décotes pour d’autres

En novembre, on assiste aux premières remontées de taux, de 0,05 à 0,15 %. Des hausses modérées qui souvent ne concernent souvent que certaines durées (longues) ou profils (à faibles revenus) et sont même parfois accompagnées de baisses sur d’autres typologies d’emprunteurs, en fonction des profils ciblés par les banques en question. Une banque nationale a néanmoins remonté ses taux de 0,10%, mais elle reste parmi celle qui propose les taux les plus bas. A l’inverse, d’autres banques poursuivent leurs baisses ce mois-ci. Donc globalement, en cette fin d’année, la tendance reste à la stabilité. Les taux moyens restent stables à 1,05 % sur 15 ans, 1,25 % sur 20 ans et 1,45 % sur 25 ans.

« En cette fin d’année, si les banques accordent toujours des taux record aux profils qu’elles souhaitent capter, comme elles ont dépassé leurs objectifs de production de crédits, certaines sont plus restrictives pour les profils considérés comme moins rentables pour elles à ce niveau de taux… On observe ainsi les premières remontées de taux… Finalement, en cette fin d’année, les écarts de taux et d’accès au crédit se creusent selon les profils. Pour certains, nous avons des difficultés à obtenir un accord de financement par manque d’apport notamment, et pour d’autres nous parvenons à négocier encore des taux record grâce à un bon niveau d’épargne et de revenus » explique Jérome Robin, directeur général de Vousfinancer.

L’enquête Vousfinancer sur l’évolution des taux et les conditions d’octroi de prêt… un durcissement plus sensible que fin 2018

Pour aller au-delà de l’analyse des barèmes de banques reçus et afin de mieux comprendre la situation au plus près des emprunteurs, Vousfinancer a réalisé cette année encore, du 20 au 30 octobre 2019 une enquête interne auprès de ses 200 agences, sur l’évolution récente des taux et des conditions d’octroi de crédits de leurs partenaires bancaires locaux.

En cette fin d’année, près de 95 % des courtiers Vousfinancer ont le sentiment que les banques ont durci leurs conditions d’octroi de crédit (contre 64 % en octobre 2018) : pour tous les profils d’emprunteurs (selon 75 % des courtiers, contre 38 % en 2018) ou uniquement sur certains profils (pour 19 % des courtiers). Pour la majorité des courtiers, c’est sur l’apport que les banques sont actuellement les plus strictes (77 % des réponses, + 10 points par rapport à 2018) ou l’épargne résiduelle (disponible après opération) (58%) puis les revenus (52%), la qualité du bien acheté n’étant pas un critère majeur (6 % des réponses), sans changement par rapport à 2018. « En cette fin d’année, nos courtiers constatent qu’ils ont des difficultés accrues à financer certains profils d’emprunteurs, considérés comme plus risqués ou moins rentables : essentiellement les financements à 110 %, c’est-à-dire incluant le montant du bien ainsi que l’ensemble des frais, et les revenus inférieurs à 30 000 € par an. Certaines banques refusent ces profils, mais pas toutes heureusement ! Nous avons donc encore des solutions pour ces profils, souvent primo-accédants, qui veulent eux aussi profiter du contexte de taux bas pour devenir propriétaires » explique Sandrine Allonier.

Ainsi, concernant les conditions d’octroi actuelles de crédit, les courtiers Vousfinancer attribuent une note de satisfaction moyenne de 2,8 sur 5 contre 3,2 en 2018, témoignant du durcissement des critères des banques en cette fin d’année. Seuls 20 % des courtiers ont donné une note supérieure à 3 sur 5 contre 33 % en 2018…

Dans ce contexte, l’autre évolution sensible - en lien avec les conditions d’octroi - concerne l’appétence des banques à accorder des crédits. Seuls 23 % de nos courtiers attribuent une note supérieure ou égale à 7 sur 10 contre 56 % en 2018, soit moitié moins. La note moyenne passe ainsi en 1 ans, de 6,5 à 5,3 sur 10, témoignant du fait que certaines banques ont atteint, voire largement dépassé, leurs objectifs de production de crédit. Quelques légères remontées en fin d’année, mais pas de mouvement haussier à l’horizon en raison de la forte concurrence inter bancaire…

En octobre, près de 40 % des courtiers Vousfinancer (contre 50 % en 2018) ont constaté une hausse des taux de leurs partenaires bancaires, mais ils sont 52 % a pensé que les banques n’ont pas relevé leurs barèmes, notamment en raison de la forte concurrence interbancaire. 7 % des courtiers affirment, eux, que les banques ont augmenté facialement leurs grilles de taux mais sans appliquer ces augmentations dans les faits. Dans le contexte actuel, 53 % des courtiers Vousfinancer arrivent toujours à négocier d’importantes décotes de taux auprès de leurs partenaires bancaires notamment pour les beaux profils, mais ils étaient 73 % à affirmer pouvoir le faire fin 2018. A l’inverse, 46 % des courtiers ont quand même le sentiment que les marges de négociations sont plus faibles en cette fin d’année, les banques étant plus attentives à leurs marges et ayant déjà atteint leurs objectifs depuis plusieurs mois pour certaines… Selon 41 % des courtiers Vousfinancer (soit deux fois plus qu’en 2018), leurs partenaires bancaires ont atteint à 100 % leur objectif de production de crédit, et selon 53 % d’entre eux (contre 65 % en 2018), ils les ont atteints à 75 %. Seuls 6 % de nos courtiers (2 fois moins qu’en 2018) pensent que les objectifs ne sont atteints qu’à moitié… « En réalité, beaucoup de nos partenaires bancaires ont même dépassé leurs objectifs de production de crédit, de 30 % pour certains ! C’est aussi pour cela qu’en cette fin d’année, après une année 2019 très dynamique, marquée par des taux record, le marché du crédit est compliqué… Les délais de traitement sont plus longs et les banques plus sélectives. Mais ces deux phénomènes ne devraient pas durer dans la mesure où les banques vont bientôt remettre les compteurs à zéro et accorder des crédits qui seront comptabilisés dans leur production 2020 » analyse Sandrine Allonier.

Quelles perspectives pour 2020 ?

Si le marché immobilier est en passe de dépasser tous les précédents records en 2019, tant en termes de transactions immobilières, niveau de taux et production de crédits (hors renégociation), en cette fin d’année, on voit actuellement le revers de la médaille : « Dans le contexte actuel nous en sommes presque à souhaiter une remontée modérée des taux de crédit… Car si les taux se maintiennent à ces niveaux-là, nul doute que les emprunteurs seront au rendez-vous en 2020, mais qu’en sera-t-il des banques ? Auront-elles intérêt à prêter autant avec d’aussi faible niveau de marges ? Une remontée de 0,10 à 0,30 % sur l’année permettrait d’assurer un plus large accès au crédit, à des taux toujours très favorables, à tous ceux qui voudront acheter en 2020, sans impacter leur capacité d’emprunt... » conclut Jérôme Robin.

Next Finance , 5 novembre

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