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Pour la moitié des sélectionneurs de fonds professionnels la volatilité est une de leurs principales préoccupations pour 2018 et ils sont divisés sur son impact sur les portefeuilles, selon une enquête de Natixis Investment Managers

Parmi les autres résultats clés de cette étude : les sélectionneurs de fonds ont recours à la gestion active et utilisent une large palette d’investissements alternatifs.

Alors que certains investisseurs ont été surpris par les mouvements de marchés de ce début d’année, les sélectionneurs de fonds professionnels s’attendaient depuis quelque temps déjà à une augmentation de la volatilité. Pour la moitié des sélectionneurs de fonds professionnels (49%) la volatilité est une de leurs principales préoccupations pour 2018. Cependant, les sélectionneurs de fonds sont divisés sur l’impact qu’elle aura sur les portefeuilles. En effet, 39 % la voient comme une menace, alors que 38 % pensent qu’elle aura une incidence favorable sur les performances. Parmi les autres résultats clés de cette étude : les sélectionneurs de fonds ont recours à la gestion active et utilisent une large palette d’investissements alternatifs. Par ailleurs, ils sont de plus en plus nombreux à attribuer à la gestion ESG tant un potentiel de génération d’alpha que de gestion du risque.

Matthew Shafer, Directeur de la Distribution Wholesale Internationale chez Natixis Investment Managers, déclare : « Les professionnels qui pensent que la volatilité aura des conséquences négatives estiment probablement que, après une longue période de croissance régulière, une correction est somme toute logique et qu’elle normalisera les prix des actifs. Pour leurs opposants, l’augmentation de la volatilité présage peut-être une dispersion accrue des performances et donc un potentiel de création d’alpha plus important. Dans les deux cas, nous remarquons que les professionnels se tourne vers la gestion active pour mieux diversifier leurs portefeuille et en maximiser la performance ».

Adapter les portefeuilles à la nouvelle réalité

Malgré leurs divergences d’interprétation sur l’impact de la volatilité, plus de huit sélectionneurs de fonds sur dix (82 %) pensent pouvoir atteindre leur objectif de performance en 2018, en adaptant leurs portefeuilles à la nouvelle réalité du marché.

Pour cela, ils privilégient plusieurs stratégies de gestion du risque, notamment la diversification sectorielle (91 %), la budgétisation des risques (80 %) et le recours accru aux actifs alternatifs (75 %).

Pour Matthew Shafer, « les résultats de l’enquête montrent que les sélectionneurs de fonds ont tendance à apporter des ajustements directionnels à leurs investissements plutôt que de modifier leur allocation globale. Sur le segment obligataire, ils vont chercher à réduire la duration et à investir dans des actifs alternatifs pour accroître leur revenu. Sur le segment des actions, ils privilégient les valeurs européennes et les marchés émergents. Dans la poche alternative, ils se tournent vers le capital-investissement pour générer de l’alpha et mieux gérer la volatilité, via des couvertures sur actions et des « managed futures ». Ils voient le potentiel de création de valeur de la gestion active sur le long terme et la mettent en œuvre via un large éventail de stratégies ».

L’ESG : un nouveau type de gestion « value »

Pour répondre aux attentes des investisseurs finaux, qui, à 78%, souhaitent que leurs investissements reflètent leurs valeurs personnelles et, à 72%, qu’ils aient un impact social positif, les sélectionneurs de fonds peuvent adopter une approche ESG (Environnemental, Social et de Gouvernance). Toutefois, seuls 43 % des sélectionneurs interrogés déclarent que les critères ESG sont intégrés dans le processus d’investissement de leur société. Selon eux, les obstacles à une mise en œuvre d’une approche ESG sont le manque de transparence (42 %), les confusions liées à la conciliation d’objectifs de performance à court terme avec ceux de durabilité à long terme et les dérives du « green-washing »  [1] à travers des entreprises prétendant offrir des produits ESG sans en respecter les critères (37 %).

« Ces chiffres interpellent et ne peuvent être ignorés. L’industrie dans son ensemble se doit d’être vigilante à l’égard du « green-washing » et de s’assurer que les investisseurs bénéficient bien de l’impact positif promis par les investissements ESG. De nombreux produits d’investissement sont dits responsables, mais nous avons besoin de plus de transparence, de critères précis et de labels. Cela permettra de fournir aux investisseurs les informations dont ils ont besoin et les produits qu’ils veulent, ceux qui suivent véritablement les critères ESG, répondent à des standards précis et rendent compte de l’impact obtenu », explique Matthew Shafer.

L’attention des investisseurs ne se limite pas au bilan financier des entreprises. Ils veulent investir dans des sociétés qui respectent leurs convictions personnelles. Ceci est particulièrement important, dans la mesure où la gestion ESG est arrivée à un point d’inflexion, les investisseurs lui attribuent tant un potentiel de génération d’alpha (pour 59% des institutionnels et 45% des sélectionneurs de fonds) que de gestion du risque (56% des institutionnels et 45% des sélectionneurs de fonds).

Déployer des investissements alternatifs dans les portefeuilles

Dans leur recherche croissante de diversification du risque, 70 % des sélectionneurs de fonds estiment qu’il est primordial d’investir dans des actifs alternatifs, comme les matières premières (47%), les stratégies global macro (44 %), le capital-investissement (38 %) et les managed futures (37%).

Plus d’un tiers considèrent que les stratégies alternatives peuvent être sources d’alpha (en particulier le Private Equity), 40% estiment que les infrastructures, entre autres, peuvent les aider à générer du revenu stable, et 51% que les couvertures sur actions sont une bonne protection contre la volatilité.

Next Finance , 26 avril

Notes

[1] Le « Green-washing” réfère à la pratique de certaines entreprises déclarant proposer des produits ESG sans véritablement en intégrer les critères au sein de leur approche d’investissement.

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