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Métaux Précieux : « Il existe toujours un déficit de l’offre »

En dépit des dégagements massifs intervenus récemment sur les matières premières, Lauren Romeo, gestionnaire principale du fonds Legg Mason Royce Smaller Companies Fund, reste optimiste à l’égard des perspectives à long terme des métaux précieux...

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Après avoir récemment dépassé le seuil des 1 500 dollars l’once et atteint un plus haut sur 31 ans respectivement, le cours de l’or et celui de l’argent ont reflué dans le sillage de la correction des prix pétroliers, conséquence directe des statistiques économiques médiocres publiées aux Etats-Unis et en Allemagne. Cette volatilité devrait se poursuivre.

Lauren Romeo, qui gère le fonds Legg Mason Royce Smaller Companies Fund, un fonds domicilié à Dublin dont l’encours de gestion atteint 498,33 millions de dollars, détient des métaux précieux depuis longtemps et reste une ardente avocate de la classe d’actifs.

« Après une hausse spectaculaire comme celle qu’ont connue les cours de l’or et de l’argent, il est normal d’assister à un mouvement de consolidation ou de correction », explique-t-elle.

Actuellement, le secteur des matériaux est la troisième plus forte pondération sectorielle du portefeuille, avec environ 15 % des actifs sous gestion, dont 8 % investis dans les métaux précieux. Lauren explique que cette pondération était motivée au départ par une configuration favorable de l’offre et de la demande créée par la sous-représentation du secteur dans les portefeuilles au début de la décennie, lorsque les cours de l’or et de l’argent étaient nettement inférieurs à leur niveau actuel.

« La situation n’a pas changé », affirme Lauren. « Il existe toujours un déficit au niveau de l’offre. Dans le même temps, les économies émergentes sont devenues le moteur de la croissance mondiale et font preuve d’un appétit insatiable pour les matières premières, une situation bénéfique pour le secteur des métaux précieux. »

« Depuis que les Etats-Unis ont enclenché le second programme d’assouplissement quantitatif (QE2), les intervenants craignant que les politiques de relance monétaire n’entraînent une poussée inflationniste se repositionnent de plus en plus sur ce secteur. Les investisseurs, toutes nationalités confondues, cherchent à se protéger de l’inflation future en achetant des actifs tangibles tels que l’argent et l’or », poursuit-elle.

Lauren explique qu’en dépit du renchérissement récent de ces métaux, les cours de nombreuses valeurs du secteur n’ont pas suivi, tant en raison de difficultés propres à certaines sociétés que des incertitudes politiques dans certains pays producteurs.

« Les investisseurs ont opté pour des ETF sur l’or pour miser sur la classe d’actifs », explique Lauren. « Analyser les sociétés du secteur au cas par cas représente un travail énorme de recherche. Cette négligence de la part des investisseurs nous permet d’acheter des exploitants de mines de métaux précieux dont la croissance de la production est prévisible à des prix qui intègrent des cours de l’or et de l’argent nettement moins élevés. »

Lauren fait également remarquer que l’activité de fusion-acquisition continue de s’intensifier, l’année 2010 s’étant avérée la plus active en termes de nombre d’opérations et de montants en dollars. Elle affirme que la tendance s’est poursuivie au premier semestre 2011, certaines entreprises faisant l’objet d’une « guerre des enchères ».

« Cela n’est pas la raison pour laquelle nous sommes positionnés sur ce secteur, mais c’est un moteur de performance que le marché n’intègre pas pour le moment, » explique la gestionnaire.

Le fonds Legg Mason Royce US Smaller Companies Fund investit dans un portefeuille concentré composé d’une centaine de valeurs de premier ordre affichant des valorisations attractives et dont la capitalisation boursière est comprise entre 500 millions et 5 milliards de dollars. Ce fonds investit essentiellement dans des actions américaines, mais les actions de sociétés étrangères peuvent représenter jusqu’à 10 % des actifs.

La qualité de ces entreprises se mesure à l’aune de la solidité des bilans et des flux de trésorerie et de leur niveau de rentabilité économique sur le long terme.

Lancé en 2004, le fonds Legg Mason Royce US Smaller Companies Fund affiche une performance annualisée de 11,7 % depuis son lancement [1]. Depuis le début de l’année, le fonds a enregistré une performance de 9,93 %, contre une performance de 7,94 % [2] pour l’indice Russell 2000, sa référence.

Next Finance , Juin 2011

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Notes

[1] Date de lancement : 03.03.2004

[2] Au 31 mars 2011 – Source for performance figures Legg Mason. NAV to NAV, with gross income reinvested without initial charges but reflecting annual management fees.

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