Marché Immobilier : Confinement COVID-19

Comment poursuivre son projet immobilier quand on est particulier ? Arnaud Guilleux, fondateur de monemprunt.com, prend la parole sur la situation exceptionnelle que traverse le secteur immobilier.

La crise du covid-19 va-t-elle se transformer en crise immobilière à long terme ? « Rien n’est moins sûr » selon Arnaud Guilleux, Président du courtier en ligne monemprunt.com. Si le marché fonctionne au ralenti pendant cette période de confinement, beaucoup de ses acteurs restent sur le pont pour accompagner les acquéreurs dans leurs recherches.

La crise du Covid-19 a bousculé l’économie française. La finance accuse le coup et beaucoup craignent des conséquences à long terme sur le marché de l’immobilier. Quel regard portez-vous sur cette situation de crise ?

A.G : Il est vrai que pendant cette période de confinement, nous sommes dans une certaine incertitude, qui nuit au marché de l’immobilier. Mais d’un autre côté, j’observe une prise de conscience collective de la valeur refuge de l’immobilier.
La notion du « chez-soi » prend ici tout son sens et de nombreux particuliers pensent déjà à l’après-crise. D’ici une dizaine de jours, les français locataires seront nombreux sur les portails immobiliers, à la recherche d’un bien à acquérir avec une terrasse ou un jardin. Certains penseront peut-être même à changer de région et partir vivre en province. Quel que soit leur projet, nous serons là pour les guider dans leur capacité d’achat. Du côté des banques, les délais de traitement des dossiers de crédits sont actuellement rallongés du fait du contexte. Elles sont encore dans la gestion de crise. Les rendez-vous physiques sont bien sûr annulés. Certaines sont organisées pour le télétravail mais manquent d’effectifs, d’autres n’acceptent plus aucun dossier de particuliers pour se concentrer sur le suivi des entreprises. Mais cette phase ne va pas durer longtemps, les banques vont s’organiser pour assurer une activité à distance, ce n’est qu’une question de temps.

Comment envisagez-vous l’évolution des taux ? Faut-il craindre une remontée ?

A.G : À l’heure actuelle, il est encore trop tôt pour se prononcer. L’OAT1 SUR 10 ans a beaucoup varié en peu de temps : -0,4 % le 9 mars contre à +0,3 % le 17 mars 2020. Cette variation de près d’un point est directement liée à la crise du covid-19 et pourrait avoir un impact in fine sur le taux d’emprunt des particuliers. D’autant que l’écartement des spreads de taux observé cette semaine risque d’influencer les banques à court terme. Elles pourraient ainsi relever leurs taux de 0,3% à 0,5% dans les semaines à venir.

Mais encore une fois, cela ne va pas durer. Les annonces de la Banque centrale européenne vont amortir les effets de la crise. À terme, les taux devraient rester bas pour les particuliers. Une fois le confinement passé, la question ne sera pas tant sur l’envolée des taux que sur le traitement des dossiers. Le redémarrage risque d’être fort mais il faudra s’attendre à des délais de traitement plus longs auprès des banques et aussi auprès des notaires, dus aux décalages de signatures et au retard accumulé. Nous attendons des établissements bancaires qu’ils donnent un coup de pouce à la reprise en étant particulièrement ouverts dans les conditions d’octroi de crédit. Nos équipes feront tout pour négocier les meilleures conditions de taux dans ce contexte.

Les services de monemprunt.com sont-ils impactés par le confinement ?

A.G : Nous sommes tous en télétravail et joignables comme toujours par téléphone, mail ou sur le chat du site. La gestion 100 % digitale de nos dossiers est inscrite dans l’ADN de monemprunt.com, nous sommes organisés et parfaitement opérationnels pour accompagner nos clients à distance et pour collaborer avec nos partenaires immobiliers et nos partenaires bancaires. Notre dispositif à distance prend tout son sens pendant une crise comme celle-ci. Les demandes de clients affluent depuis lundi, ils sont inquiets et stressés par la situation.

Par exemple : ceux dont le dossier de crédit est parti à la banque la semaine dernière juste après la signature du compromis, ceux qui s’apprêtaient à signer un compromis dans les prochains jours, ceux qui ont signé un compromis et s’inquiètent de la clause suspensive d’octroi du prêt dans mois de 60 jours.

Notre rôle est de les rassurer, de faire le relais avec les banques pour faire avancer leur dossier. Des notaires ont pu maintenir la signature grâce à la signature électronique et nos équipes se démènent pour trouver des solutions auprès des banques qui sont opérationnelles. À mon sens, des projets immobiliers vont être décalés mais la période peut permettre d’affiner son projet en s’appuyant sur les experts du secteur qui ont su s’équiper d’outils digitaux facilitateurs.

Next Finance , 25 mars

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