Les sociétés de gestion anticipent la mise en place de Solvabilité 2

La 3e édition du baromètre semestriel AFG-Kurt Salmon, sur l’état de préparation des sociétés de gestion à la directive Solvabilité 2, met en évidence une nouvelle amélioration de leur connaissance et de leur adaptation à cette nouvelle réglementation, malgré le décalage de deux ans attendu pour son entrée en vigueur, initialement prévue en 2014.

La Directive Solvabilité 2 modifie en profondeur le calcul des fonds propres exigés des compagnies d’assurance de l’Union Européenne pour faire face aux risques encourus dans le cadre de leurs activités, sur la base de stress tests sur leurs actifs et passifs. Les sociétés de gestion seront donc impactées indirectement, en tant que délégataires de la gestion de leurs actifs. Elles devront être en mesure de répondre aux besoins et contraintes de leurs clients assureurs en leur proposant des solutions innovantes et adaptées.

L’AFG, par son groupe de travail « Solvabilité II » présidé par Frédéric Bompaire (Amundi) s’est fortement mobilisée autour de Solvabilité 2. Ce troisième baromètre, qui a été réalisé au second trimestre 2014 auprès des adhérents de l’AFG concernés par ces problématiques, permet de mesurer l’évolution de la préparation des sociétés de gestion depuis un an.

Les sociétés de gestion en pleine préparation pour Solvabilité II

  • 83% des répondants estiment bien connaître la réglementation Solvabilité II. Ce point de vue se reflète également dans leur implication dans des groupes de travail de place et au sein des travaux menés en interne.
  • Le projet semble bien pris en main par les sociétés de gestion, qui s’estiment pour les 81% en ligne avec leur calendrier initial.
  • Malgré le décalage de la Directive, 31% des répondants ont maintenu leur planning initial et 44% ont revu les priorités du projet. Elles mettent ainsi l’accent en priorité sur l’adaptation de leurs reporting et leurs outils de calculs. L’effort devra se poursuivre pendant les 18 prochains mois.

« Les sociétés de gestion ont bien avancé dans leur préparation à Solvabilité 2. Ayant pris la pleine mesure de ses impacts sur leurs activités et des opportunités de développement que cette Directive génère, les sociétés de gestion s’interrogent dorénavant sur leurs capacités à refacturer tout ou partie des coûts de production des nouveaux reporting demandés par les clients institutionnels assujettis. », résume Maxime Gaudin, associé en charge de la Practice Gestion d’Actifs au sein du cabinet Kurt Salmon.

Les sociétés de gestion prennent toute la mesure des opportunités générées par la réglementation Solvabilité II

  • 82% d‘entre elles considèrent cette réforme comme un levier de développement majeur auprès des investisseurs institutionnels, contre 65% en 2013.
  • 77% souhaitent proposer des produits ou services ad hoc à leurs clients assureurs dans le cadre de Solvabilité 2 :
    • Elles souhaitent développer une offre de gestion innovante et adaptée, soit via la création de fonds « solvabilité 2 friendly », soit sous la forme d’offre de gestion sous contraintes de SCR
    • A noter que la totalité des sociétés de gestion (100%) envisagent de proposer un service de fourniture de données d’inventaires transparisés enrichis
    • 85% d’entre elles souhaitent produire des calculs de SCR sur les portefeuilles (mandats et OPCVM)

Les besoins clients ont effectivement évolué depuis 2013. Les assureurs demandent toujours des données d’inventaires de portefeuilles (92% des répondants), et les sociétés de gestion sont prêtes à développer de nouvelles offres de service en termes de transparisation et d’enrichissement de données.

Elles sont également désormais sollicitées sur des éléments complémentaires au calcul et au suivi du budget de SCR, à l’instar du suivi des risques de leurs portefeuilles et la communication du dispositif de contrôle et de gouvernance (46% des répondants).

Pour répondre à ces besoins, les sociétés de gestion ont accentué leurs efforts d’adaptation ces derniers mois, surtout au niveau de leurs reporting et de leurs systèmes d’informations. Les sociétés de gestion sont maintenant en mesure de répondre aux besoins ponctuels de leurs clients en termes de données et de calculs ; toutefois, leurs processus ne sont pas encore tous industrialisés.

Se posent dorénavant les problématiques d’industrialisation et de refacturation de la production des reporting. En effet, l’hétérogénéité des demandes clients et la difficulté initiale d’imposer un standard (format/délai…) de restitution des inventaires enrichis mettent sous tension un modèle économique de la gestion assurantielle déjà convalescent.

Si l’entrée en vigueur de la Directive Solvabilité II est prévue en 2016, s’appliqueront dès 2014 des mesures transitoires portant sur les piliers 2 et 3 (les points de gouvernance, gestion des risques, l’ORSA et le reporting).

Next Finance , Juillet 2014

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Réglementation Remplacement des taux Euribor / Libor : Quelles conséquences pour les emprunteurs/prêteurs et les produits dérivés de taux d’intérêts ?

L’abolition de la publication du LIBOR était prévue pour 2020, mais la réforme a été repoussée à fin 2021 face au manque de préparation du système financier international.

© Next Finance 2006 - 2024 - Tous droits réservés