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Les marchés émergents résistent malgré un contexte défavorable

Les marchés émergents résistent en ce début d’année 2018 malgré un contexte défavorable avec notamment un retour de la volatilité, la normalisation monétaire mais surtout la menace d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

La guerre tarifaire entre les deux puissances a secoué les marchés. Plusieurs gestionnaires de fonds conseillent de profiter de ce contexte incertain pour faire de bonnes affaires sur les marchés émergents. Il faut souligner que leur indice MSCI est encore en hausse en 2018 (0,6%). Cette classe d’actifs reste sous-estimée par les investisseurs.

Des opportunités à saisir sans sous-estimer les risques

Dernièrement, l’administration Trump a menacé d’imposer des tarifs douaniers sur 1 300 produits chinois. La Chine a répliqué en proposant un tarif additionnel de 25% sur près de 50 milliards de dollars américains de produits comme le soja, les automobiles ou les avions. Cela a eu un effet immédiat sur les titres et les devises des pays émergents dont le niveau a chuté au plus bas en seulement deux mois. Simon Smiles, Directeur en chef des investissements à UBS Wealth Management pour les clients premium, indique que cette réaction du marché constitue une opportunité pour les investisseurs.

Le mouvement de correction observé sur les obligations et les actions début février avait pourtant de quoi inquiéter. Toutefois, les marchés émergents ont résisté et leurs performances sont restées stables. En 2017, l’indice MSCI actions émergentes a largement surperformé ses homologues des pays développés. Un mouvement de correction a été enregistré début février, avec une chute d’environ 10 %, une évolution similaire à celle du Standard & Poor’s 500 et des indices de référence européens et japonais. Il faut préciser que l’indice MSCI est parvenu à conserver ses gains depuis le début de l’année (0,6%) alors que les grands indices des marchés développés affichent des replis de 2,5 % pour le S&P 500, 5% pour le Stoxx 600 et 7% pour le Nikkei 225.

« Les inquiétudes liées aux perturbations du commerce mondial, au ralentissement de l’activité économique et désormais la crainte de voir le secteur technologique devenir la cible des changements de régulation et d’une augmentation de la fiscalité ont créé un climat de ’tempête du siècle’ mêlant incertitudes et doutes dans l’esprit des investisseurs, alors que la complaisance dominait au début de l’année », résume Michael Hewson, de CMC Markets.

La réaction des marchés émergents reste confuse

La réaction des marchés émergents peut paraître confuse, ces derniers n’ayant pas de comparatif récent pour analyser la situation et mesurer les risques. Certains analystes affirment qu’au final, les tensions entre les États-Unis et la Chine pourraient profiter aux actifs des marchés émergents. Anders Faergemann, co-gestionnaire de portefeuille principal du Fonds IA Clarington d’obligations des marchés émergents, indique que tant que la riposte de la Chine a l’égard des États-Unis demeure raisonnable, les titres à revenu fixe devraient en bénéficier et l’attrait des marchés émergents devrait être renforcé.

Ainsi, la guerre commerciale pourrait probablement avoir un impact relatif sur les marchés émergents. Toutefois, il reste difficile de prévoir où s’arrêtera l’escalade des tensions. Sebastien Barbe, directeur de la recherche sur les marchés émergents et de la stratégie à Crédit Agricole CIB, se dit lui aussi confiant de voir les négociations aboutir sur une entente plutôt que sur une véritable guerre commerciale. Néanmoins, si le risque d’un tel affrontement perdure, il pourrait impacter les devises asiatiques puisque leurs économies et chaines d’approvisionnement sont plus ouvertes au commerce mondial. Dans tous les cas, le marché sourira aux investisseurs qui sauront saisir les bonnes opportunités.

Next Finance , 27 avril

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