›  Opinion 

Les actions n’ont plus la cote ?

A l’heure des inquiétudes sur les perspectives de l’économie mondiale, les fonds de ‘Capital-Investissement’ ou ‘Private Equity’, continuent d’afficher des collectes records. Selon Les Echos, ils disposeraient ainsi de 2000 milliards de dollars à investir. On peut également constater dans le même temps que la collecte des fonds actions est nettement plus morose.

A l’heure des inquiétudes sur les perspectives de l’économie mondiale, les fonds de ‘Capital-Investissement’ ou ‘Private Equity’, continuent d’afficher des collectes records. Selon Les Echos, ils disposeraient ainsi de 2000 milliards de dollars à investir. On peut également constater dans le même temps que la collecte des fonds actions est nettement plus morose. Dans un récent rapport de Blackrock, portant sur 230 de ses clients institutionnels, 51% pensaient réduire leur allocation en actions, quand 47% envisageaient d’augmenter la part du Private Equity. La quasi symétrie de ces données est assez marquante, et on peut s’interroger sur ses raisons et ses implications.

Pour les investisseurs institutionnels, outre l’aspect de comptabilisation évitant en apparence la volatilité du marché, les performances sont souvent mises en avant. Néanmoins, leur calcul est remis en cause par certains acteurs comme Warren Buffet, qui a récemment souligné qu’un certain nombre de ces fonds utilisaient des méthodes « pas toujours honnêtes ». En France, l’AMF a également relevé que « les procédures encadrant la valorisation des participations (non cotées) étaient insuffisamment précises concernant les critères de choix des méthodes de valorisation et leur mise en œuvre opérationnelle ».

Sur ses implications, de plus en plus de sociétés cotées souhaitant réaliser des acquisitions évoquent des écarts de valorisation croissants quand elles se retrouvent face à des fonds de Capital-Investissement, qui pourtant ne disposent pas du même potentiel de synergies industrielles.

Dans l’Opinion, Stéphane Boujnah, président du directoire d’Euronext, déclarait également « Depuis une dizaine d’années il y a beaucoup plus d’argent disponible dans le monde privé. […] Tout cela fait grimper les prix car le gisement des dossiers dans lesquels investir se développe certes, mais pas aussi rapidement ».

Dans ce contexte on peut se demander si l’ampleur de ce phénomène ne ramène pas au final de l’intérêt pour les marchés actions. Quand on observe les introductions en bourse et les OPA [1], les messages convergent en effet vers une valorisation plus attractive. Les introductions de sociétés en provenance de ces fonds se raréfient. Au contraire les exemples de rachats de sociétés cotées par ces derniers ont été nombreux en 2018, notamment dans l’univers des microcaps, comme Link Mobility rachetée par une structure d’Abry Partners avec une prime de +27.4%, ou encore Karo Pharma par EQT (+25.3%). On oublie également le mérite des actions sur la transparence du prix, des performances, et surtout leur liquidité quotidienne. Quand il s’agit des inquiétudes macroéconomiques, les entreprises cotées ou non y sont soumises, l’avantage des gérants actions étant de pouvoir adapter leur portefeuille, et de ne pas avoir la pression d’une dette accompagnant leurs investissements.

L’équipe Actions Microcaps de Mandarine Gestion , 13 juin

Notes

[1] OPA : Offre Publique d’Achat

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Opinion Conquérir les marchés haussiers : le faux duel entre investisseurs actifs et passifs

Investir aujourd’hui est souvent considéré comme étant une bataille entre des gérants de fonds traditionnels et des ETF avant-gardistes (exchange-traded funds, fonds négociés en Bourse). Cependant, ce raccourci entre la « gestion active » et la « gestion passive » n’aide pas les (...)

© Next Finance 2006 - 2019 - Tous droits réservés