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Les actions de croissance entraînent un nouveau fléchissement du marché

Les actions américaines ont subi des ventes massives ce lundi, le S&P 500 chutant de 2,0% à la clôture. Le marché obligataire était fermé à l’occasion du jour férié dédié aux anciens combattants (« Veterans Day »).

Les investisseurs restent focalisés sur les mêmes préoccupations qui étaient à l’origine des turbulences boursières des six dernières semaines : la pérennité de la croissance des profits des entreprises, les perspectives de croissance mondiale, les tensions commerciales et l’impact du relèvement des taux d’intérêts. De nouveaux éléments de données sur certains de ces fronts semblent avoir joué un rôle dans la vague de ventes de lundi.

  • Au niveau des bénéfices, un fournisseur d’Apple a abaissé ses prévisions pour le trimestre en raison d’une demande inférieure aux attentes, ce que les investisseurs ont interprété comme un signe de faiblesse en ce qui concerne le volume des ventes de smartphones d’Apple. Cela a tiré à la baisse les valeurs technologiques (en recul de 3,5% aujourd’hui) et, de façon plus générale, les actions axées sur la croissance, qui sont en retrait de 5,5% par rapport aux actions de valeur jusqu’ici sur le trimestre.
  • Le commerce international revient également sur le devant de la scène. On peut lire dans la presse que la Maison Blanche est en train de faire circuler un rapport provisoire concernant la possibilité d’imposer des droits de douane sur les importations automobiles.
  • Enfin, les investisseurs s’inquiètent de l’évolution politique en Europe : l’Italie s’est notamment vu imposer une date limite pour revoir son budget et les incertitudes persistent en ce qui concerne les conditions de sortie du Royaume-Uni de l’UE. Le dollar s’est apprécié aujourd’hui de près de 1%.

Malgré l’accès de faiblesse de lundi, nous pensons que l’élan haussier du marché actions reste intact. Les sociétés bénéficient toujours d’un accès favorable au capital, l’inflation ne pose pas problème et les valorisations gagnent en attrait. Les indicateurs économiques avancés aux Etats-Unis confirment que le risque d’une récession dans un proche avenir est assez bas et que la croissance bénéficiaire devrait se poursuivre, bien qu’à un rythme plus lent. Même si les ventes de smartphones manquent de dynamisme, les fondamentaux des valeurs technologiques en général se sont améliorés, profitant des robustes dépenses des entreprises ainsi que de la croissance durable des services de cloud et ceux associés à Internet.

Nous pensons que les marchés s’approchent du creux de la vague après le recul de 9,9% du S&P 500 entre fin septembre et fin octobre. Les corrections en période haussière tendent à offrir de belles opportunités d’investissement, mais il est très difficile d’identifier exactement le moment où le plancher est atteint. Par ailleurs, le recul de 20% du PER réalisé, qui est passé de 21x fin janvier à 17x aujourd’hui, indique que les investisseurs sont devenus assez prudents.

Nous notons que, depuis 1980, à chaque fois que les valorisations se sont comprimées aussi rapidement, les actions ont tendu à bien performer ensuite, le marché étant devenu exagérément craintif à l’égard des risques.

Nous en déduisons que le profil risque/rendement des actions est attrayant, car nous sommes de l’opinion qu’aucune des inquiétudes pesant actuellement sur le moral des investisseurs n’est susceptible d’entraîner une récession aux Etats-Unis ou de faire dérailler le mouvement haussier du marché. Cela dit, la volatilité devrait demeurer élevée. Nous surpondérons les actions internationales dans nos allocations House View.

David Lefkowitz , 15 novembre

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