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L’investissement factoriel séduit un nombre croissant d’investisseurs par son retour à la performance, sa pertinence et ses convictions

A la recherche d’une optimisation de leurs performances, les investisseurs recourent de plus en plus à l’investissement factoriel [1] pour intégrer l’ESG (Environnement, Social, Gouvernance).

  • L’environnement de taux bas a contribué à augmenter l’allocation obligataire ; la majorité des investisseurs (55 %) utilisent désormais l’investissement factoriel dans cette classe d’actifs.
  • 43 % des investisseurs ont augmenté leur allocation dédiée à l’investissement factoriel au cours des 12 derniers mois, séduits par la possibilité de mieux contrôler les sources de risque et d’augmenter leurs rendements.
  • En évolution constante, l’investissement factoriel est appelé à monter en puissance pour répondre à une demande croissante, en faveur des ETF [2] (Exchanged Traded Funds) factoriels notamment.

Invesco publie aujourd’hui la sixième édition annuelle de son étude Global Factor Investing. L’étude a été conduite sur la base d’entretiens avec 241 investisseurs factoriels, totalisant plus de 31 000 milliards de dollars US d’actifs sous gestion. Les bénéfices de l’intégration ESG orientent les investisseurs vers une approche factorielle L’investissement durable a pris une place prépondérante ces dernières années, et l’étude révèle une volonté croissante d’intégrer l’ESG dans une méthodologie factorielle. En 2021, 78 % des investisseurs interrogés, qui utilisent tous des stratégies factorielles, ont indiqué avoir intégré l’ESG dans leurs portefeuilles.

Auparavant, la mise en œuvre de l’ESG répondait principalement à une demande des parties prenantes et des bénéficiaires en ce sens. Les résultats de l’étude montrent toutefois que le premier moteur de décision est désormais la conviction que l’ESG améliore potentiellement la performance des investissements à long terme (Graphique 1).

L’approche d’investissement factorielle est considérée comme étant plus compatible avec l’ESG qu’une approche pondérée en fonction du marché, mais pas autant qu’une approche active fondamentale. Malgré ce constat, les investisseurs interrogés affirment en majorité que l’ESG les pousse davantage à adopter une approche factorielle, en partie parce qu’elle permet de reproduire une méthodologie quantitative dans différentes poches du portefeuille. Une minorité d’investisseurs estime que l’ESG est un facteur d’investissement, qui reproduit les caractéristiques de facteurs tels que la valeur (« value ») et la qualité (« quality »). La plupart d’entre eux considèrent toutefois que l’ESG est complètement indépendant des facteurs d’investissement (41 %).

De nombreux investisseurs ont découvert que l’ESG avait créé un biais factoriel dans leurs portefeuilles, en induisant par exemple des pondérations plus élevées que prévu en titres de qualité par rapport à des titres value dans l’univers des actions. Sur l’ensemble des investisseurs interrogés, environ deux cinquièmes ont cherché à savoir si l’ESG avait créé un biais factoriel dans leur portefeuille ; et près de deux tiers d’entre eux en ont découvert un (Graphique 2). Les investisseurs qui n’ont pas effectué cette analyse ignorent comment l’intégration de l’ESG affecte leurs expositions à des facteurs et, en fin de compte, le profil de rendement de leur portefeuille.

Martin Kolrep, Senior Portfolio Manager, Quantitative Strategies chez Invesco, a déclaré : « Les facteurs peuvent aider l’investisseur à analyser dans le détail l’impact de l’ESG sur un portefeuille. Nous devons prendre en considération à la fois les risques liés à l’absence de critères ESG et à l’intégration de l’ESG dans le portefeuille. Les facteurs s’avèrent utiles dans les deux cas. »

Une analyse approfondie a montré qu’il existe une demande non satisfaite d’ETF associant l’ESG à une approche factorielle. Près de la moitié des investisseurs (46 %) affirment qu’ils seraient plus susceptibles d’investir dans un ETF factoriel s’il intégrait l’ESG (Graphique 3). De manière globale, l’offre de produits ETF combinant ESG et investissement factoriel n’est pas suffisante, et 49 % des détenteurs d’actifs ont parfois du mal à trouver un ETF factoriel qui répond à leurs besoins.

L’environnement de taux bas favorise l’adoption d’une approche factorielle dans l’univers obligataire

Près de la moitié (45 %) des investisseurs ont déclaré que l’environnement de taux bas a rendu l’utilisation de facteurs au sein des portefeuilles obligataires plus attrayante, offrant ainsi de nouvelles opportunités de rendement et de diversification. Un nombre nettement plus élevé d’investisseurs utilisent désormais des facteurs dans leur allocation obligataire (55 %), contre 40 % l’année dernière (Graphique 4). Pour la majorité d’entre eux (52 %), l’investissement factoriel dans l’univers obligataire comprend à la fois l’utilisation de facteurs d’investissement (tels que la valeur/la qualité) et de facteurs macroéconomiques (tels que la duration/l’inflation) ; 23 % n’utilisent que des facteurs d’investissement ; et un quart d’entre eux analysent les facteurs uniquement sous un angle macroéconomique. Les résultats de l’étude révèlent que les investisseurs factoriels intègrent de multiples facteurs d’investissement dans leurs portefeuilles, en privilégiant toutefois la valeur et la qualité. En ce qui concerne les facteurs macroéconomiques, la duration, la liquidité, l’inflation et le risque de crédit sont les principaux facteurs utilisés. La duration est largement considérée comme le principal moteur de rendement obligataire, bien que la liquidité ait pris une grande importance en temps de pandémie. L’environnement économique actuel a renforcé l’attrait des investisseurs pour l’investissement factoriel, qui leur offre la possibilité d’identifier de nouvelles sources de rendement potentiel et de diversification.

La reprise post-pandémique attire les investisseurs vers les titres value

L’étude Global Factor Investing d’Invesco révèle que les investisseurs continuent d’augmenter leurs allocations en faveur de l’approche factorielle. 43 % des investisseurs interrogés ont augmenté leurs allocations au cours de l’année écoulée et 35 % prévoient de le faire l’année prochaine. La plupart évoquent comme principales raisons la possibilité de mieux contrôler les sources de risque et d’augmenter les rendements de leur portefeuille (Graphique 5). Les titres value ont enregistré une surperformance notable à la fin de l’année 2020, qui s’est poursuivie jusqu’au premier trimestre 2021. L’augmentation des allocations en titres value est une autre tendance forte : 42 % des investisseurs ont augmenté leur allocation factorielle en titres value au cours des 12 mois précédents, tandis que 48 % prévoient d’augmenter leur allocation value en vue d’une reprise post-pandémique.

L’investissement multifactoriel dynamique montre une meilleure capacité d’évolution et d’adaptation

Au cours des six dernières années, l’étude Global Factor Investing d’Invesco a constaté une sophistication croissante de l’investissement factoriel, en particulier grâce à l’utilisation de stratégies multifactorielles, les investisseurs cherchant à s’exposer à un plus grand nombre de facteurs.
L’adoption rapide d’une approche multifactorielle a également permis de dynamiser davantage l’investissement factoriel. Seuls 22 % des investisseurs factoriels cherchent à figer leurs expositions factorielles ; près de la moitié (48 %) utilisent une approche permettant une variation des expositions sur le long terme ; et un tiers d’entre eux modifient régulièrement leurs expositions (Graphique 6). L’approche dynamique est appelée à s’accélérer : 29 % des investisseurs affirment que leur approche est devenue plus dynamique au cours des deux dernières années, tandis que 41 % prévoient de dynamiser leur allocation factorielle au cours des deux prochaines années.

L’étude a révélé que malgré l’utilisation d’analyses sophistiquées par une partie des investisseurs factoriels, beaucoup demandent à bénéficier de meilleurs outils ; notamment pour le suivi des expositions et l’attribution des performances (Graphique 7). Les investisseurs recherchent une plus grande visibilité sur les expositions aux facteurs et souhaitent utiliser ces informations pour mieux anticiper l’évolution de leur portefeuille dans différents scénarios. L’étude révèle, par ailleurs, une dynamique continue autour des ETF factoriels, qui constituent un outil important pour la mise en œuvre de stratégies factorielles parmi les investisseurs wholesale et institutionnels. Les ETF peuvent servir de pierre angulaire d’une stratégie, de tactique ou d’outil pour compléter le portefeuille, ce qui explique pourquoi les investisseurs institutionnels recourent de plus en plus aux ETF factoriels. Près de la moitié (46 %) prévoient d’augmenter leur allocation en ETF au cours des trois prochaines années.

Martin Kolrep a commenté : « La période post-pandémique a permis de mettre certaines hypothèses à l’épreuve concernant les avantages de l’investissement factoriel. La plupart des investisseurs estiment toutefois que l’adoption d’une approche factorielle est un pari gagnant et les stratégies d’investissement factoriel connaissent un succès grandissant. La place croissante de l’allocation factorielle dans le portefeuille des investisseurs reflète une adoption plus large de cette approche. En effet, ces derniers prennent en compte les facteurs dans le contexte global du portefeuille et des classes d’actif, au-delà des actions. »

Next Finance , 30 septembre

Notes

[1] L’investissement factoriel est une approche d’investissement qui consiste à cibler des caractéristiques quantifiables ayant historiquement contribué à expliquer les tendances de risque ou de rendement des titres.

[2] Les ETF sont des fonds de placement dont l’objectif est de répliquer les performances d’un indice donné.

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