L’immobilier face à la relance

Digitalisation, reprise des chantiers, retour de la confiance des investisseurs...En cette période estivale, les professionnels du BTP et de l’immobilier accentuent leurs efforts pour accompagner la reprise. Si les équilibres sont encore fragiles, le plan de relance de l’Etat et l’amélioration progressive du climat des affaires devraient marquer un retournement positif de situation. Il est en tout cas très attendu. Explications.

Les secteurs de l’immobilier et du BTP amorcent leur relance. Dans tous les corps de métiers et auprès de tous les acteurs, l’heure est à la mobilisation pour rattraper le retard lié à la crise, en espérant par ailleurs, un retournement de situation positif de l’économie française. Les chefs d’entreprise du bâtiment, interrogés par l’INSEE au cours du mois de juin, signalent qu’ils peuvent à nouveau exercer dans des conditions plus faciles, avec des effectifs et une activité de retour, même si la dynamique n’est plus tout à fait la même qu’avant la crise sanitaire. Les carnets de commande pour cette même période, sont en dessous de la moyenne et à leur plus bas niveau depuis 2017.

Cette difficulté conjoncturelle s’explique pour deux raisons : les autorisations de construction ont été très ralenties de mars à mai 2020. Les réservations de logements neufs, de l’ordre de 24.000 avant la crise sanitaire, n’ont pas été mises en construction du fait du confinement. Dans l’attente, les acteurs du Bâtiment doivent honorer quelques 7,9 mois de travail en portefeuille, en tenant compte des adaptations sanitaires et de la question des surcoûts. Pour les aider, le Ministère de l’Economie et des Finances a pris des mesures d’urgence. En septembre, un plan de relance devrait prendre en compte ces différentes problématiques. L’Etat s’est par ailleurs engagé à favoriser la reprise, en actionnant la commande publique. Il s’agira donc de faire le point cet automne pour en mesurer les effets.

Un rebond grâce au télétravail

Concernant l’immobilier ancien, une mécanique de rattrapage est observable du côté des agences immobilières et des notaires. Il s’agit désormais de régulariser l’ensemble des actes du second trimestre, dont le cours a été stoppé. Pour autant, la crise a eu un impact bénéfique au niveau de la digitalisation de la relation client et du traitement des actes. Il a été donné de constater que les Français consultaient davantage les vidéos de présentation des biens (+14%). Mais aussi que les professionnels, comme leurs clients, se sont davantage dirigés vers la signature électronique (+13%). Ces nouvelles habitudes de fonctionnement devraient se pérenniser. Elles ne pourront que faciliter la remise en marche des acteurs de la chaîne immobilière, d’autant plus que les déménagements sont à nouveau autorisés.

S’il est difficile pour l’heure de faire des prévisions pour les prochains mois, sur les capacités de résilience propres au marché immobilier, des effets de correction pourraient, à moyen terme, lui permettre de rebondir. Notamment, à la faveur du recours désormais démocratisé du télétravail. La mobilité géographique est devenue prioritaire pour 1 Français sur 4 au sortir du confinement. Par ailleurs, 9% des Français et 15% des personnes en agglomération parisienne (ces derniers étant plus concernés par le télétravail) envisagent un nouveau projet immobilier suite à leur expérience du confinement dans un logement inadapté. Ils souhaitent des lieux de vie plus grands et plus dotés en espaces verts. Par conséquent, l’immobilier pourrait profiter des effets de corrections géographiques prometteurs.

Optimisme et prix en hausse

Notons enfin que les Français sont désormais plus optimistes après la déconfinement sur le contexte immobilier comme pour leur situation personnelle. 45% des interrogés jugent le contexte favorable à l’achat d’un bien immobilier, soit 9 points de plus par rapport aux premiers jours du confinement et un retour au niveau de 2019. Plus exceptionnel, 58% sont optimistes quant à leur propre situation, soit 6 points de plus par rapport au début du confinement et un score également en augmentation de 5 points par rapport à 2019. Ils cherchent pour beaucoup, une maison individuelle en centre-ville ou à proximité. La demande est d’ailleurs de plus en plus pressante et l’offre assez restreinte.

D’ailleurs, la hausse des prix fait actuellement débat au sujet de l’ancien (mais aussi dans le neuf) où le mètre carré a augmenté de 5,1% sur l’année, pour atteindre, en moyenne, 3601 euros. Elle se justifie par une inadéquation entre l’offre et la demande. Et même par une raréfaction de l’offre dans les secteurs géographiques en tension. Enfin, s’il a été constaté une baisse du nombre de crédits immobiliers ces mois derniers, la Banque de France a précisé que l’accès au financement devrait retrouver son cours normal dans le courant du mois de juillet. De quoi répondre sans doute à la demande croissante des primo-accédants. Enfin, il demeure un constat qui perdure et qui existait avant la crise : il faut véritablement que la France construise plus, plus vite, moins cher, avec des normes plus souples. Tout d’abord parce que la pierre tient une part importante dans le coeur des Français en matière d’investissement. Mais aussi qu’elle constitue une part non négligeable du Produit Intérieur Brut, grâce aux nombreuses entreprises sur notre territoire. Il en va donc de notre relance collective, des emplois de la filière et de la satisfaction d’une demande des Français, qui ne sera que bénéfique pour la croissance.

Didier KLING , 27 juillet

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