HCSF : La hausse du taux d’endettement maximum est un réel bénéfice pour les emprunteurs

Fin d’année 2020, le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) a augmenté le taux d’endettement autorisé - le faisant passer de 33 % du revenu net des ménages, à 35 % - et le volume de dérogation (autorisation de s’affranchir de cette règle) a été rehaussé de 15 % à 20 %. De bon augure en période économique chahutée...

Les discours alarmistes de certains professionnels indiquant que le fait d’imposer aux banques de tenir compte de l’assurance dans le calcul du taux d’endettement risque de pénaliser les emprunteurs sont étonnants ! Cette intégration de l’assurance dans le taux d’endettement est une norme chez la grande majorité des banques depuis les recommandations en 1993 de Jean-Claude Trichet, à l’époque gouverneur de la Banque de France, puis président de la BCE.

Un problème qui n’en est donc pas un, surtout à une époque où les taux d’intérêt restent au plus bas.

Fin d’année 2020, le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) a augmenté le taux d’endettement autorisé - le faisant passer de 33 % du revenu net des ménages, à 35 % - et le volume de dérogation (autorisation de s’affranchir de cette règle) a été rehaussé de 15 % à 20 %. De bon augure en période économique chahutée où les emprunteurs peuvent avoir plus de difficultés à répondre aux exigences normalisées des banques... tout en étant capables d’assurer leurs responsabilités (remboursement du crédit).

Pourtant, malgré ces bonnes nouvelles, certains trouvent des raisons de s’inquiéter de la prise en compte de l’assurance emprunteur dans le taux d’endettement. Comme s’il s’agissait d’une nouvelle mesure.

Certes en décembre 2019 lorsque les recommandations du HCSF sur l’octroi des crédits immobiliers étaient devenues des critères devant être respectés sous peine « d’amendes », l’intégration obligatoire de l’assurance dans le taux d’endettement n’avait pas été rappelée, mais les banques ont continué de respecter la méthode de calcul consistant à l’intégrer, sans pour autant respecter scrupuleusement les autres mesures tels que le taux d’endettement maximum, la durée maximum d’emprunt, ou le volume de dérogation autorisé.

Cette nouvelle version 2020 des recommandations du HCSF a donc à la fois assoupli les critères, reprécisé l’intégration de l’assurance dans le calcul du taux d’endettement, et réellement durci les menaces d’amendes pour les banques qui ne respecteraient pas ces nouvelles mesures.

Cette effervescence autour du sujet de l’assurance emprunteur a fait ressortir la proportion toujours plus importante du coût de l’assurance dans le coût du crédit. Pendant très longtemps, l’assurance a coûté beaucoup moins cher que le crédit. Aujourd’hui, compte tenu de la faiblesse des taux d’intérêt, le coût de l’assurance double parfois le coût global du crédit (quand il ne le surpasse pas !).

Les particuliers, encore trop habitués à accepter sans discuter le contrat de la banque prêteuse, doivent avoir, là aussi, une attitude consumériste de comparaison des offres. Comme ils font le tour du marché pour dénicher la meilleure offre de crédit correspondant au profil de l’emprunteur, les courtiers sont là pour leur trouver aussi la meilleure offre en termes d’assurances.

Philippe Taboret , 2 mars

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

© Next Finance 2006 - 2021 - Tous droits réservés