Des bonus « démesurés » à la City ?

C’est en tout cas ce qu’affirme Peter Hain, homme politique britannique qui qualifie de « grotesques » les bonus de la City.

Il prône même une intervention gouvernementale pour les réguler si la City ne montre pas plus de retenue dans les rémunérations et les primes offertes aux dirigeants. Ceux ci n’auront effectivement pas à se plaindre de l’année 2006.

Toutes les études parues en ce mois de novembre le montrent, la forte croissance des activités et des bénéfices des banques d’affaires vont tirer sur toutes les places financières mondiales les primes des traders dérivés actions, des spécialistes des fusions-acquisitions, des "prime brokers" et des structureurs de crédit vers le haut. Ils seront en effet les principaux bénéficiaires de l’envolée des bonus.

L’année 2006 a été excellente en matière de fusions-acquisitions (les transactions dans ce domaine sont estimées à plus de 3200 milliards de dollars contre 2400 milliards en 2005). Les fonds de LBO ont levé près de 170 milliards de dollars cette année, lesquels ont servi à alimenter la vague record de fusions tout au long de l’année.

La multiplication de ces opérations entraîne mécaniquement une hausse des commissions pour les banquiers d’affaires qui devraient voir leurs bonus croître de 20 à 25 % par rapport à 2005. Idem pour les sales, courtiers et structureurs de dérivés actions qui vont recevoir des primes de 20 à 25 % plus élevées qu’en 2005. Par contre, les traders « fixed incomed » pour compte propre ne gagneront guère plus que l’année dernière.

Géographiquement, c’est en Asie que les hausses les plus fortes seront relevées.

Londres reste cependant une place de choix pour les professionnels de la finance de marché. Les traders et les gérants de Hedge Funds de la City se partageront 16,7 milliards de dollars de bonus (hausse de 18 %) selon le « Economic and research Center » de la City.

Les nouvelles concernant les rémunérations à Wall-Street sont également très bonnes : Selon la « Securities Industry Association », le monde de la finance new-yorkaise connaîtra une nouvelle année record en terme de salaires et de bonus.

Les bénéfices combinés de Goldman Sachs, Morgan Stanley, Merrill Lynch, Lehman Brothers et Bear Sterns ont atteint 21,3 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de 2006, c’est-à-dire plus que les bénéfices combinés de ces firmes sur toute l’année 2005.

Banquiers et courtiers de Wall Street avaient alors empoché en moyenne 125.500 dollars en bonus et 289.600 dollars en salaire (+36% par rapport à 2003), alors que le salaire moyen dans la ville de New-York se situait à 56.600 dollars.

Un « managing Director » d’une grande banque d’affaires de Wall-Street peut espérer un bonus de 1,7 millions de dollars, contre 1,2 millions l’année dernière. Sa rémunération globale peut ainsi être comprise entre 1,7 millions et 2,3 millions de dollars en moyenne. Les jeunes « associates » s’attendent à un package allant de 200 000 à 270 000 dollars alors qu’un analyste fraîchement émoulu d’une « business school » peut espérer une rémunération totale allant de 105 000 à 145 000 dollars.

Toutefois, même à Wall-Street, les rémunérations des meilleurs banquiers d’affaires font pâle figure à côté de celles des ténors de Hedge Fund : En 2005, James Simons, de Renaissance Technologies, considéré comme le manager de Hedge Fund le mieux payé de la planète a encaissé la bagatelle de 1,5 milliards de dollars. Le revenu minimum pour figurer sur la liste des 25 managers de Hedge Fund les mieux payés était de 130 millions de dollars ! En comparaison, la rémunération globale d’un PDG d’une des 500 plus grandes entreprises américaines se situait à 10 millions de dollars... Qu’en pense Peter Hain ?

Paul Monthe , Novembre 2006

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