2 milliards de dollars pour John Arnold, Trader chez Centaurus Energy

Comment John Arnold, Trader et propriétaire du fonds Centaurus Energy a-t-il pu empocher la bagatelle de 2 milliards de dollars en seulement une année ?

Durant l’année 2006, une bataille féroce a opposé John Arnold, Trader et propriétaire du fonds Centaurus Energy à Brian Hunter, Trader star du fonds Amaranth Advisors.

Un an plus tôt, Brian Hunter jubilait : Il avait reçu un bonus démentiel grâce aux positions judicieuses qu’il avait prises en pariant sur l’envolée des prix du gaz naturel ! 2005 fut en effet marquée par l’ouragan Katrina qui avait sévèrement affecté le raffinage et la production de gaz naturel et poussé les prix à la hausse. Brian Hunter avait vu juste !

En 2006, Brian Hunter pense rééditer sa performance et prend des positions ultra risquées sur l’élargissement du spread entre les prix des futures Mars et Avril 2007 et parie à la hausse sur les prix du gaz naturel. John Arnold, épaulé par des physiciens et un météorologue, modélise l’évolution climatique et anticipe une baisse des prix du gaz. Il prend des positions inverses. Les « leverages » sont énormes.

Malheureusement pour Amaranth, les prix du gaz baissent et le spread entre les contrats futures mars et avril s’affaissent, passant de 2 dollars 49 en août 2006 à 0 dollars 58 en septembre 2006.

En septembre 2006, Amaranth Advisors annonce une perte de 6 milliards de dollars. Le fonds est en faillite. Chez Centaurus Energy, on exulte. Le fonds aurait réalisé un retour sur investissement de 317% et deux milliards de dollars de bénéfice avant la prise en compte des frais de brokerage.

John Arnold, ancien trader chez Enron se paiera en cash ! Il est l’unique propriétaire de la société et possède plus de la moitié du fonds Centaurus Energy.

Malgré ce succès, la communauté financière reste perplexe et s’interroge sur la capacité de ce minuscule fonds d’une dizaine de personnes au plus, à produire un tel résultat.

Pour Tony Dav, Trader à Chicago : « Ce succès résulte d’une prise de risques énormes ! Les positions initiées sur les Marchés OTC étaient massives à la vue des positions ouvertes sur le Marché des futures. Le risque de liquidité est très élevé. De même, le leverage des positions est beaucoup trop important par rapport au capital propre des fonds. Dans le cas de Centaurus, cela produit un joli gain, dans le cas d’Amaranth, une énorme perte... »

Cependant, le « track records » de Centaurus Energy est plutôt flatteur. Depuis sa création en 2002, le fonds a toujours eu un retour sur investissement supérieur à 200%, excepté 2005 où le niveau est tombé à 178%.

Pour Klaus Low, observateur invétéré des places financières américaines, John Arnold n’est pas un « amateur ». Il s’est fait un nom lorsqu’il était Trader chez Enron en réalisant quelques centaines de millions de dollars de profit. Depuis qu’il a lancé Centaurus Energy, le succès est au rendez-vous ! Il avait déjà encaissé la coquette somme de 150 millions de dollars en 2005. Il a une équipe solide avec des hommes tel que Bill Perkins, considéré à juste titre comme un Gourou du gaz naturel ou Michael Maggi...Ce n’est pas rien même si le cas de LTCM a montré que les grands noms ne sont pas une condition suffisante pour la réussite... »

Next Finance , Mai 2007

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