L’environnement de marché difficile en 2018 rappelle l’importance d’une bonne allocation entre gestion active et passive

Seuls 24% des gérants actifs ont surperformé leur indice de référence en 2018, un résultat bien inférieur aux 48% enregistrés en 2017. Sélectionner un fonds actions performant n’a jamais été aussi difficile qu’en 2018...

Les résultats des hedge funds sur cinq ans sont nettement mieux orientés, 50% d’entre eux ayant surperformé leur indice de référence

Choisir le bon outil d’investissement s’avère tout aussi important que la bonne allocation d’actifs pour la construction de portefeuille

Lyxor Asset Management (« Lyxor ») a publié les conclusions de son étude annuelle 2018 [1] comparant la performance des fonds actifs domiciliés en Europe à celle de leurs indices de référence.

L’analyse de l’équipe de recherche de Lyxor continue à s’étoffer et couvre désormais également les fonds UCITS alternatifs. Cette recherche porte sur 32 univers d’investissement de gestion active (dont 28 traditionnels et 4 alternatifs), soit près de 7.000 fonds représentant 1.600 milliards d’euros d’actifs sous gestion.

L’étude Lyxor révèle que 2018 a été une année particulièrement difficile pour les gérants actifs, soit l’un des pires millésimes en plus de dix ans. Les incertitudes politiques et économiques, l’effondrement quasi généralisé des classes d’actifs et la trajectoire aléatoire des taux d’intérêt constituent autant de facteurs ayant fait obstacle à la génération d’alpha.

Par conséquent, les gérants actifs sont plus nombreux que d’habitude à avoir sous-performé leur indice de référence. Seuls 24% d’entre eux affichent une surperformance en 2018, un résultat largement inférieur aux 48% enregistrés en 2017 et à la moyenne annuelle de 36% sur 10 ans.

Par ailleurs, il n’a jamais été aussi ardu de sélectionner un fonds surperformant qu’en 2018, dès lors que la faible performance moyenne réalisée par les gérants actifs s’est accompagnée d’une dispertion des écarts de performance plus faible que les autres années. Selon l’étude de Lyxor : « Le marché a traversé des périodes de sous-réaction et de surréaction aux fondamentaux l’année dernière, ce qui a rendu plus complexe le travail des gérants actifs ».

Si seulement 27% des gérants actifs d’actions ont surperformé leur indice de référence en 2018, les gérants obligataires actifs ont fait pire, seuls 18% tirant leur épingle du jeu. Les analystes de Lyxor concluent : « Certains gérants actifs n’ont pas correctement anticipé l’inversion du cycle de crédit et l’évolution des taux d’intérêt dans l’ensemble, ce qui a pénalisé leur performance. »

L’année 2018 a également été placée sous le signe de la morosité pour les hedge funds UCITS actions long-short. Toutefois, les fonds alternatifs UCITS ont affiché de meilleurs résultats que les fonds actifs traditionnels.

En 2018, les hedge funds ont été pénalisés par le regain de volatilité et plus particulièrement par l’effondrement des marchés actions au quatrième trimestre. Néanmoins, les résultats des hedge funds sur cinq ans sont nettement mieux orientés.

Sur la base de cette recherche, Lyxor a élaboré un outil proposant des analyses régulières de l’environnement de marché le plus adapté aux styles de gestion actif et passif, aidant les investisseurs à faire leur choix entre fonds passifs ou actifs en fonction des conditions de marché et du stade du cycle économique.

Cet outil, le premier du genre, repose sur une analyse des principaux facteurs qui sont, selon Lyxor, les plus pertinants pour chaque environnement. Il évalue ces derniers à partir d’un très grand nombre de statistiques macroéconomiques et de marché, qui permettent d’établir des scores pour chaque style de gestion sur chaque région.

« Nous pensons que les avantages des fonds actifs et passifs divergent en fonction du stade du cycle économique. Selon nous, en premier, il convient de privilégier les fonds actifs traditionnels et les fonds alternatifs en phase de récession. Les investisseurs devraient faire la part belle aux fonds passifs en début de cycle dès lors que le bêta devient la principale source de performance. Enfin, en milieu et fin de cycle, deux stades caractérisés par une directionnalité de marché plus fragile, il est judicieux de trouver le juste compromis entre gestion active et passive », expliquent Marlene Hassine Konqui, Responsable de la recherche ETF, et Jean-Baptiste Berthon, Stratégiste senior multi-actifs chez Lyxor Asset Management.

Marlène Hassine , 16 avril

Voir en ligne : Analysing active & passive fund performance : What 2018 results tell us about portfolio construction

Notes

[1] Étude Lyxor : « Analysing active & passive fund performance : What 2018 results tell us about portfolio construction », avril 2019

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