L’économie bleue : l’utilisation raisonnée des ressources maritimes de notre planète.

Quel est le point commun entre l’Espagnol Iberdrola, le Français Véolia Environnement et l’Allemand Symrise AG ? Ces trois groupes figurent dans la composition de l’indice ECPI Global ESG Blue Economy Index qui est constitué d’acteurs de « l’économie bleue ».

Selon la Banque mondiale, l’économie bleue est « l’utilisation durable des ressources océaniques pour la croissance économique, l’amélioration des moyens de subsistance et des emplois tout en préservant la santé de l’écosystème océanique ». L’économie bleue regroupe ainsi les opportunités économiques fournies par les espaces maritimes comme les énergies renouvelables, les biotechnologies, la pêche, l’aquaculture, le tourisme ou encore le transport maritime.

L’idée de base est donc d’aller à contre-courant de l’exploitation désordonnée des ressources maritimes. Or certaines activités traditionnelles liées aux ressources océaniques menacent depuis longtemps les grands équilibres naturels, à commencer par l’exploitation de plus en plus profonde du pétrole off-shore ou du gaz, la surpêche, le tourisme de masse ou le transport maritime intensif. De quoi détruire les écosystèmes et accentuer les phénomènes de pollution...

Véolia Environnement
Veolia n’est pas seulement le géant du traitement de l’eau et des déchets, c’est désormais une référence mondiale de la gestion optimisée des ressources. Le groupe se situe en effet au cœur des enjeux de développement durable et occupe une place prépondérante sur le terrain de la recherche en matière de techniques de recyclage. Exemple concret : la présence massive de microplastiques dans tous les océans de la planète, y compris au niveau des pôles, est une des problématiques désormais bien connue des scientifiques qui ont alerté la communauté internationale sur l’urgence de traiter cette pollution des océans. Veolia s’est ainsi lancé en 2019 dans un projet européen de recherche et développement appelé MEDITPLAST. Piloté par Veolia et soutenu par l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse qui travaille sur les sources et les concentrations de microplastiques et de nanoplastiques dans la rade toulonnaise, le projet vise à développer une technique d’échantillonnage des microplastiques et à évaluer des procédés de rétention et de réduction de ces plastiques dans les filières de traitement des eaux. Il prévoit aussi de mesurer l’impact des microplastiques sur la chaîne alimentaire marine (phyto et zooplancton).

Iberdrola tourne rond
Autre exemple dans le secteur de l’énergie, le groupe espagnol Iberdrola est l’un des premiers producteurs mondiaux d’énergie éolienne. Consciente du fort potentiel de développement en France des énergies renouvelables, la direction du groupe a annoncé en juin dernier qu’elle allait investir jusqu’à quatre milliards d’euros au cours des quatre prochaines années dans l’hexagone : Iberdrola a déjà mis 2,4 milliards d’euros en jeu dans le parc éolien offshore de Saint-Brieuc dans les Côtes d’Armor, via sa filiale française Ailes Marines. Fabriquées au Havre, 62 éoliennes seront installées sur des fondations assemblées à Brest. Iberdrola a également annoncé qu’il prévoyait d’investir dans de nouvelles installations terrestres dans l’éolien et le solaire photovoltaïque. Il va aussi participer aux futurs appels d’offres dans l’éolien offshore. Un programme ambitieux qui montre que le développement des énergies renouvelables en France est stratégique pour le groupe espagnol.

Symrise AG en pointe
Dans un tout autre domaine, Symrise AG figure parmi les leaders mondiaux du développement, de la production et de la commercialisation de parfums, d’arômes et d’ingrédients fonctionnels ou nutritionnels. L’acquisition de la société italienne de biotechnologie Cutech mi-2019 a permis au groupe allemand d’étendre ses capacités en matière de tests d’efficacité pour les ingrédients cosmétiques. Fondée en 2002, la société de biotechnologie complète parfaitement le portefeuille de Symrise en matière d’ingrédients naturels, comme les micro-algues marines. L’utilisation de leurs propriétés naturelles est multiple dans les soins de la peau, des cheveux ou dans une meilleure alimentation. De quoi accélérer le développement de nouvelles technologies de pointe. Symrise s’attend d’ailleurs à ce que la crise sanitaire du Covid-19 modifie le comportement des consommateurs et entraîne une évolution de la demande. Un grand nombre de produits actuellement parmi les plus recherchés répondent ainsi à des besoins essentiels en matière de nutrition naturelle, de soins personnels et d’hygiène. L’objectif est d’offrir des solutions durables et innovantes contribuant à l’élaboration de produits naturels et performants issus de micro-organismes à destination de la nutrition ou de la santé. Les applications sont nombreuses et le domaine de recherche étendu. De quoi participer à l’élargissement du portefeuille d’ingrédients naturels biosourcés du groupe, un créneau porteur qui n’en est qu’à ses débuts, tant l’horizon est vaste et les connaissances scientifiques encore naissantes dans ce domaine…

Ces exemples (et bien d’autres) montrent que des entreprises ont bien compris l’intérêt de tirer parti des immenses ressources maritimes dont dispose note planète, en associant recherche scientifique et technique orientée et investissements.
Le recours à l’économie bleue (« Blue economy ») devrait s’imposer de plus en plus comme une opportunité d’assurer une alimentation en protéines mieux équilibrée, d’offrir des loisirs de qualité ou une énergie renouvelable et décarbonée, à une population mondiale appelée à un fort développement démographique et économique au 21ème siècle.

Bertrand Alfandari , 16 mars

P.-S.

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