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Vers un nouveau paradigme : le Pricing Power favorisera le rendement

Depuis plusieurs années la désinflation est une menace pour certains secteurs où l’hyper concurrence fait rage. Les sociétés touchées perdent sur tous les tableaux. Ces entreprises qui ne maîtrisent plus leurs prix sont les championnes des « profit warnings » à répétition.

Malgré cela elles déçoivent généralement au moment de la publication des résultats ! Leurs cash flows fondent de manière inquiétante, rendant de plus en plus faible la part du résultat distribuable. Des valeurs de rendement structurel vont, peu à peu, se transformer en valeurs de rendement décroissant. Trois exemples significatifs illustrent cette tendance à venir.

Les valeurs pétrolières : Depuis cinq ans ces sociétés s’évertuent à distribuer de forts dividendes, mais une analyse plus poussée démontre que cette politique ne découle pas de gains d’exploitation mais plutôt de coupes dans les dépenses d’investissement qui, n’en doutons pas, finiront par impacter le développement à moyen terme. Dans un premier temps le marché a apprécié ce rendement inespéré. Mais aujourd’hui le réveil est difficile car les groupes pétroliers doivent prendre le virage délicat des énergies renouvelables, avec des moyens qui ont substantiellement diminué. La quadrature du cercle… Le rendement de ces valeurs est condamné à diminuer.

Les télécoms : dans la période 2009-2013, où les cours des valeurs télécoms étaient très bas, le rendement moyen s’approchait de 7,5%. Dans un premier temps les dividendes étaient maintenus et avec la baisse des cours, le rendement augmentait. Cette époque est révolue.

Depuis 2013 le rendement est tombé sous les 4%. Cette moyenne encore élevée cache de fortes disparités. Ainsi Telefonica, ex-star du secteur, a supprimé son dividende en 2012, avant d’en rétablir un, très faible, par la suite. Le groupe garantit désormais le maintien d’un dividende de 75 centimes sur les 5 à 10 ans qui viennent, sans perspective de progression.

Les utilities : La moyenne du rendement des grandes utilities européennes était de 5,5% pour 2009-2013. Elle est tombée à 4,5% depuis. Les perspectives sont mauvaises pour des groupes comme EDF, EON, ENEL, en raison d’investissements massifs à réaliser, et de perspectives de recettes en baisse sensible. La situation serait encore plus marquée si, dans la plupart des cas, ces groupes n’avaient pas emprunté pour distribuer.

L’ère des traditionnelles valeurs de rendement que l’on achetait dans cette seule perspective, est aujourd’hui derrière nous.

En revanche, pour les valeurs à fort Pricing Power, éligibles au fonds Amplegest Pricing Power, on constate une hausse régulière du dividende (aujourd’hui le rendement moyen des titres du fonds est d’environ 2%).

A quelques exceptions près (ex Biomerieux), on remarque des hausses de dividendes de 20% pour AB Inbev, 21% pour Thales, 24% pour Luxottica, 25% pour Fresenius, 30% pour Ingenico et Brembo, 36% pour Valeo ou enfin 40% pour Kion. Ces exemples sont parlants. Cette augmentation du rendement est de qualité, car elle provient d’une hausse du résultat d’exploitation, et de « free cash flows » en amélioration. La part distribuée aux actionnaires est en hausse.

Ainsi le Pricing Power peut être regardé comme un concept vertueux où la qualité des sociétés soutient le cours de bourse et entraîne un rendement croissant.

Gérard Moulin , 22 mars

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