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Résultats de L’Enquête Analystes 2016 : "Où trouver la croissance ?"

L’enquête annuelle de Fidelity International auprès de 200 analystes actions et obligations révèle que l’année 2016 sera placée sous le signe de l’arrivée à maturité du cycle, avec à la clé une hausse des risques et un climat d’investissement de plus en plus complexe.

L’enquête annuelle de Fidelity International auprès de 200 analystes actions et obligations révèle que l’année 2016 sera placée sous le signe de l’arrivée à maturité du cycle, avec à la clé une hausse des risques et un climat d’investissement de plus en plus complexe.

Cette enquête, qui livre un aperçu unique des anticipations des équipes dirigeantes des entreprises à travers le monde, est le fruit de 17 000 entretiens annuels tenus entre les analystes de Fidelity et ces mêmes dirigeants.

Dans l’enquête qui prend le pouls des entreprises, les analystes de Fidelity pointent une faiblesse accrue de leurs fondamentaux et sont généralement moins optimistes qu’en 2015. L’ajustement de l’offre dans les secteurs de l’énergie, des matériaux et de certaines industries pèse clairement sur leurs prévisions, mais l’enquête identifie également des opportunités dans d’autres secteurs, soutenues par trois grandes tendances.

Tendances sectorielles :

1. La consommation dans les pays développés, moteur de la croissance

Cette année, le nouveau moteur de la croissance devrait être la consommation, vecteur d’une innovation permanente qui transforme l’avenir des technologies et du secteur médical en particulier. En conséquence, les secteurs de la consommation ont affiché une note moyenne de 5,6 dans notre indicateur de confiance [1], soit plus de 10 points au-dessus de la moyenne de l’ensemble des secteurs.

Alors que le pouvoir d’achat des consommateurs est soutenu par le bas niveau des prix de l’énergie, l’inflation globalement faible, la situation favorable du logement, la croissance des salaires et la reprise de l’emploi, l’enquête révèle que la confiance des dirigeants dans les biens de consommation non-cyclique et cyclique est devenue neutre, alors qu’elle était négative en 2015. Les profits des entreprises liées aux biens de consommation non-cyclique vont probablement s’améliorer grâce à la hausse du pouvoir de fixation des prix des sociétés et de la demande.

Les analystes laissent entendre que selon les chefs d’entreprise, la croissance de la demande sera d’ailleurs la principale source de progression des bénéfices. En outre, grâce à la solidité de leurs bilans et à la baisse de l’endettement, les entreprises de la consommation n’ont pas besoin de lever beaucoup de capitaux.

Michael Sayers, Directeur de Recherche chez Fidelity International, déclare : « le nouveau grand thème de cette année est la solidité relative de la consommation par rapport à de nombreux autres secteurs. Alors que de larges pans de l’économie (énergie, matériaux, industries et services collectifs) sont pénalisés par le bas niveau des prix des matières premières et la baisse mondiale des dépenses d’investissement, il faudra peut-être plusieurs années de pénurie pour restaurer l’équilibre entre l’offre et la demande. Pendant ce temps, il est essentiel que le secteur des services se maintienne pour éviter une éventuelle crise mondiale ultérieurement dans l’année. Les résultats de notre enquête sont encourageants à cet égard. »

2. Innovation

Depuis un certain temps, la recherche de Fidelity souligne l’importance de l’innovation dans un environnement de croissance nominale faible. Lorsque la croissance se fait rare, les entreprises ou les marchés réellement innovants se vendent à prix d’or. L’Enquête Analystes 2016 confirme très clairement ce constat. L’impact de l’innovation ressort dans presque tous les secteurs et marchés, mais est particulièrement visible dans la santé et les technologies de l’information où elle crée des opportunités de marché et des flux de revenus.

3. Des services financiers en pleine évolution

Selon l’enquête, la finance évolue également sous l’effet des restrictions budgétaires et réglementaires ; en conséquence, les entreprises sont financièrement plus robustes et moins endettées. Ces signes d’amélioration des fondamentaux sont parfois aux antipodes de la confiance en berne des investisseurs, comme attesté par la sous-performance des valeurs bancaires au deuxième semestre 2015 et début 2016.

Toutefois, si les changements sont positifs, des risques subsistent, notamment le ralentissement de la croissance et des perspectives d’inflation, diverses formes d’exposition aux sociétés énergétiques et la baisse de la liquidité du marché obligataire.

Tout accès de faiblesse au niveau des sociétés financières risquerait par ailleurs d’affecter l’économie réelle, car de nombreux mécanismes de transmission peuvent transformer les inquiétudes des marchés en prophéties auto-réalisatrices.

Tendances régionales

S’agissant des tendances régionales, le Japon ravit une nouvelle fois première place du classement dans l’enquête de cette année et obtient la note positive de 6,3. Bien qu’inférieur à l’année précédente (7,1), ce résultat n’en demeure pas moins impressionnant compte tenu de la prudence accrue partout ailleurs. Fin 2015, la troisième flèche du plan Abenomics (les réformes structurelles) a été pointée du doigt dans un contexte de repli du PIB, mais nos analystes estiment que la réforme des entreprises aura des effets positifs sur l’économie.

Nos analystes se montrent un peu plus prudents en ce qui concerne l’Europe et les États-Unis, où les fondamentaux devraient selon eux rester comparables à l’année dernière. Il s’agit là d’une conclusion importante qui signale que le cycle économique arrive à maturité dans les deux régions, sans toutefois parvenir à son terme.

La situation est plus inquiétante à travers les marchés émergents et appelle donc à une plus grande prudence. Les économies les plus durement frappées sont celles qui dépendent des matières premières, principalement situées au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique latine. C’est d’ailleurs ce que prévoyait notre enquête de l’an passé, qui annonçait une dégradation des fondamentaux des entreprises de ces régions, et à l’heure actuelle, peu de signes laissent supposer que la tendance soit proche de s’inverser. La note de 2,7 attribuée par nos analystes montre que la plupart d’entre eux s’attendent à une dégradation supplémentaire.

L’indicateur de sentiment envers la Chine baisse lui aussi, mais dans une bien moindre mesure, passant de 4,4 à 4,1. D’une part, le climat des affaires chinois se dégrade avec 71 % des analystes signalant une baisse des intentions d’investissement des dirigeants d’entreprise cette année. Mais d’autre part, 36 % des analystes estiment que le ralentissement de la Chine aura un impact nul, voire légèrement positif, sur les plans d’investissement stratégiques des entreprises. L’enquête révèle également que les analystes européens sont plus nombreux (48 %) à ne prévoir aucun effet du ralentissement chinois sur les entreprises qu’ils couvrent.

Les résultats en un clin d’œil :

  • En Europe et aux États-Unis, ce sont les secteurs de la consommation, de l’innovation et des technologies qui ont le vent en poupe, tandis qu’au Japon, nos analystes détectent un potentiel d’amélioration.
  • Dans les secteurs de la « vieille économie » l’ excédent d’offre continuera à peser sur les investissements en capital, une tendance accentuée par la transition économique de la Chine.
  • Les marchés émergents ne sont pas encore tirés d’affaire et la croissance deviendra de plus en plus difficile à trouver dans les pays développés.
  • Le nouveau moteur de la croissance cette année sera la consommation, vecteur d’une innovation permanente qui transforme l’avenir des technologies et du secteur médical en particulier.
  • Après déjà un an de réduction des capacités, les secteurs de l’énergie, des matériaux et de l’industrie doivent s’attendre à de nouvelles baisses des dépenses qui menacent considérablement les marges.
  • L’environnement réglementaire a rendu les sociétés de services financiers plus solides, mais l’avenir de la croissance, la faiblesse des taux d’intérêt et les difficultés du secteur énergétique pèsent sur les perspectives.
  • Après deux années d’optimisme, le sentiment général est plus mesuré
  • Les secteurs de la consommation, de l’innovation et des technologies ont le vent en poupe en Europe et aux États-Unis

Next Finance , 15 mars

P.-S.

À propos de l’Enquête auprès des analystes

L’Enquête auprès des analystes annuelle de Fidelity International couvre l’ensemble des régions et secteurs. Son objectif est de détecter les changements du climat des affaires au plus tôt et d’identifier les nouvelles tendances ainsi que les opportunités d’investissement attractives. L’enquête repose sur la couverture approfondie des secteurs ainsi que sur les opinions des analystes de Fidelity forgées au cours de nombreuses entrevues avec les dirigeants des entreprises. En moyenne, les analystes réalisent ainsi 17 000 entretiens par an. Les convictions exprimées dans l’enquête reflètent donc les perspectives de milliers de PDG et d’autres hauts dirigeants d’entreprises du monde entier. Cette enquête transpose l’approche d’investissement rigoureuse bottom-up de Fidelity et la manière dont les opinions des analystes sur les sociétés sont exploitées sur les différentes régions et classes d’actifs. Elle porte entre autres sur les niveaux de confiance, les prévisions de dépenses d’investissement et de rentabilité du capital, les évaluations de solidité des bilans ainsi que les anticipations de dividendes.

Notes

[1] Les notes de l’indicateur s’échelonnent de 1 à 10, une note inférieure à 5 suggère une baisse de confiance et une note supérieure à 5 une hausse de la confiance.

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