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Marchés émergents : le retour en grâce malgré le risque « Trump »

Grâce à une amélioration des conditions économiques, les marchés émergents, qu’ils soient obligations ou actions, retrouvent l’intérêt des investisseurs après plusieurs années difficiles. Les pays dont les liens commerciaux avec les Etats-Unis sont les plus forts pourraient pâtir d’éventuelles mesures protectionnistes de l’administration Trump...

Grâce à une amélioration des conditions économiques, les marchés émergents, qu’ils soient obligations ou actions, retrouvent l’intérêt des investisseurs après plusieurs années difficiles. Les pays dont les liens commerciaux avec les Etats-Unis sont les plus forts pourraient pâtir d’éventuelles mesures protectionnistes de l’administration Trump. Au niveau global, la valorisation des actions émergentes reste très attractive par rapport aux actions des pays développés.

Après cinq années difficiles dans les pays émergents, marquées par la baisse du taux de croissance globale, l’exercice 2016 a vu la situation se stabiliser avec une croissance du PIB émergent de 4,2% (vs. 4,0% en 2015). En 2017, celle-ci devrait s’établir à 4,60%, un niveau qui n’a pas été atteint depuis 2014. Le renchérissement des matières premières explique en partie cette amélioration de la situation marquée notamment par la fin de la surabondance de l’offre. Le Brésil et la Russie sortent de récession et l’économie chinoise affiche une certaine robustesse. Les indices PMI sont en hausse. Par conséquent, les pays émergents ont abordé l’année 2017 avec confiance malgré la menace toujours réelle de mesures protectionnistes qui seraient mises en place par la nouvelle administration Trump. « Une économie américaine moins ouverte pénaliserait les marchés émergents et pourrait créer de la volatilité mais ces derniers disposent de fondamentaux suffisamment forts pour résister à la tempête Trump et créer ainsi des opportunités d’investissement en cas de baisse des marchés » estime Koon Chow, stratégiste macroéconomie et taux. Seul le Mexique pourrait voir sa situation économique se dégrader nettement cette année en raison de ses liens très étroits avec le voisin américain.

Une décote des actions émergentes estimée de 25 à 30%

Depuis le 8 novembre, date de l’élection de Donald Trump, les actions émergentes accusent un léger retard par rapport aux actions mondiales même si elles l’ont rattrapé en partie. Si des mesures protectionnistes entraient en vigueur aux Etats-Unis, les pays émergents les plus exposés à l’économie américaine seraient les plus pénalisés. Ainsi, le Mexique pourrait voir sa situation se dégrader fortement en raison de sa proximité géographique et de ses liens économiques avec la première puissance économique mondiale. « Ce sont Taiwan, le Mexique et l’Inde qui ont le plus de sociétés de taille significative avec une exposition directe aux Etats-Unis. La technologie est le secteur le plus exposé alors que les valeurs financières n’ont que très peu d’exposition directe » relève Mathieu Nègre, responsable des actions émergentes. Pour autant, si cette menace du protectionnisme existe, les estimations des bénéfices des entreprises émergentes résistent bien pour le moment. Contrairement aux années précédentes, elles n’ont pas été revues à la baisse.

Par ailleurs, la décote de valorisation des actions émergentes reste significative, de 25 à 30% selon les ratios et les devises émergentes sont redevenues beaucoup plus compétitives par rapport au dollar depuis 2011, favorisant les entreprises exportatrices de ces pays.

« Le PE de Shiller, qui prend en compte la moyenne des bénéfices sur les dix dernières années, ressort actuellement à 12 pour les actions émergentes contre 29 pour le marché américain » précise Mathieu Nègre.

Bien que la reprise des pays émergents puisse s’accompagner d’une reflation des actifs et de l’émergence d’un risque inflationniste, les investissements obligataires sont aussi à considérer. Ainsi la dette corporate en devis externe grâce à une duration (sensibilité aux taux d’intérêt) plus faible permettra de moins subir le resserrement monétaire de la Fed. « Dans l’univers obligataire émergent, Il est préférable de privilégier les obligations corporate émergentes qui offrent une duration plus faible et des primes de risque plus élevées que ceux affichés par les dettes souveraines des pays émergents » analyse Denis Girault, responsable des obligations émergentes.

Comme le risque politique se situe désormais autant sinon plus dans les pays développés que dans les pays émergents, ces derniers devraient encore être privilégiéser par les investisseurs.

Mathieu Nègre , 3 avril

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