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Marchés Financiers : « Il ne peut y avoir de crise la semaine prochaine, mon agenda est déjà plein »

En ce début d’année la croissance mondiale accélère de manière homogène et les profits des sociétés semblent repartir à la hausse. L’amélioration économique est de moins en moins un sujet de débat. Aux États-Unis, en Europe, au Japon et en Chine l’activité croît, même si chacune de ces zones n’est pas au même niveau de cycle économique.

Les États-Unis sont certainement les plus avancés dans le cycle. Jusqu’alors la reprise reposait presque exclusivement sur une consommation forte, des services solides et un immobilier florissant. Désormais, l’investissement repart et l’industrie se redresse, après une courte récession liée en grande partie à la crise énergétique, venant conforter la croissance et ainsi la prolonger. Très logiquement l’inflation repart progressivement pour atteindre les objectifs de la FED, même si une partie importante de la remontée est liée à l’effet de base des matières premières. La Banque Centrale a commencé à normaliser ses taux d’intérêts courts comme elle s’y était engagée et pour l’instant, les taux longs restent à des niveaux compatibles avec la situation économique. Tout parait sous contrôle, à une exception notable près : monsieur Trump…

L’Europe est au début de son cycle économique.

La politique monétaire de la BCE a largement contribué à remettre le continent sur les rails, la dévaluation de l’euro, la baisse du pétrole et les réformes (inégales) faisant le reste. La croissance parait désormais installée et pourrait même surprendre en 2017. Les indicateurs de confiance sont hauts, la production industrielle remonte et la consommation est solide. Le sentiment sur l’Europe est bien meilleur qu’il y a un an et les profits des sociétés devraient enfin en bénéficier cette année.

Le Japon renait également de ses cendres et surprend les plus pessimistes, même si tous les problèmes, et notamment celui de la dette, ne sont pas réglés. Dans ce pays à la démographie vieillissante une croissance de l’ordre de 1% est en réalité un bon résultat.

Enfin la Chine, après une période de stabilisation, donne des signes de reprise, comme l’indiquent les productions d’acier et d’électricité.

Le constat est donc positif et nous conduit à envisager cette année boursière sous un angle favorable. Pourtant, les risques politiques n’ont jamais été si nombreux, jetant une ombre sur cette embellie. Ils nous incitent à la vigilance et à la mobilité.

« Il ne peut y avoir de crise la semaine prochaine, mon agenda est déjà plein » plaisantait Henry Kissinger. Jamais une boutade n’aura été autant d’actualité. Entre l’imprévisible Donald Trump, les élections risquées en Europe, la mise en place du Brexit et les risques géopolitiques divers, la coupe est pleine. Elle fait peser un climat anxiogène chez les investisseurs, qui cache en partie l’amélioration fondamentale évoquée plus haut. Cela pourrait amener à certains moments un regain de volatilité. En France, par exemple, l’hypothèse d’une élection de madame Le Pen commence à inquiéter les salles de marchés étrangères, qui comprennent mal le système électoral français.

Notre politique d’investissement repose sur l’analyse de l’économie et des entreprises. À ce titre nous sommes confiants, en dépit de la remontée des taux longs dans les principales zones.

« L’espérance est un risque à courir » disait Georges Bernanos : un risque qui doit se gérer, pouvons-nous ajouter ! Notre positionnement sur des actifs de grande qualité nous permet d’être sereins dans l’environnement actuel.

Emmanuel Auboyneau , Xavier d’Ornellas , 7 février

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