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Les vents contraires semblent se dissiper

En février, les marchés se sont montrés extrêmement volatils, dans le sillage de la forte variation des prix des matières premières et des craintes des investisseurs sur la croissance américaine. Le marché du crédit a été particulièrement chahuté pendant la première moitié du mois, avec un écartement généralisé des spreads.

En outre, une relative défiance vis-à-vis du secteur bancaire (création d’une bad bank en Italie, tensions sur la dette de Deutsche Bank, impact éventuel des défaillances dans le secteur pétrolier américain sur le bilan des banques…) a pesé sur les spreads de crédit du secteur financier. On a pu cependant constater, après mi-février, une accalmie, principalement due à une remontée du cours du pétrole et à des statistiques macroéconomiques plus optimistes en provenance des Etats-Unis.

Le 11 février 2016 aura marqué le point bas des actifs risqués en ce début d’année. A titre d’exemple, à cette date, le marché des actions de la zone euro affichait une performance négative de pratiquement 18% et les spreads de crédit sur l’indice « high yield » de la zone euro touchaient quasiment 500 points de base. Depuis, les marchés ont repris quelques couleurs. L’inversion de tendance trouve, sans doute, son origine autour du pétrole et des statistiques américaines.

Concernant le pétrole, le marché a interprété positivement le fait que d’importants pays producteurs aient annoncé le gel de leur production (à la condition que d’autres fassent de même). Aux Etats-Unis, après un début d’année marqué par plusieurs statistiques en retrait, les chiffres de l’économie américaine ont retrouvé le chemin de la hausse. A titre d’illustration, l’indice des surprises économiques de « Citi » est passé de -55 en février à -10 environ plus récemment.

Sur les marchés actions, après avoir assez sensiblement abaissé notre exposition au cours des six premières semaines de l’année, nous avons progressivement repris du risque pour nous repositionner autour de l’exposition de début janvier.

Nous avons conservé un biais défensif via une exposition aux futures sur dividendes et aux valeurs moyennes et nous avons diversifié notre allocation géographique en renforçant l’exposition aux actions américaines et en introduisant des actions britanniques et émergentes.

De plus, nous avons mis en place des postions relatives favorisant l’Italie et l’Espagne au détriment du marché européen.

Sur les marchés obligataires, nous avons continué de renforcer notre positionnement sur les taux d’intérêt. Nous avons ainsi ajouté de la sensibilité à nos portefeuilles au travers d’emprunts d’Etats français et italien, tant pour équilibrer les risques que pour profiter des baisses de taux attendues après l’intervention de la Banque Centrale Européenne. L’intégration des obligations d’entreprises dans le panel des actifs que la BCE pourra acheter, fait partie des nouvelles assez inattendues de la réunion du 10 mars. Les indices iTraxx se sont ainsi violemment détendus, le Main comme le Crossover baissant respectivement de 20 et 46 points de base sur la semaine et de 51 et 158 points de base sur le mois.

Comme nous l’annoncions il y a quelques semaines, nous en avons profité pour nous repositionner sur l’investment grade et le haut rendement.

Michael Aflalo , 18 mars

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