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Les obligations en tant qu’amortisseur

Les emprunts d’État ont joué le rôle d’amortisseur au cours de la plupart des corrections des actions intervenues depuis la crise financière. En moyenne, les obligations ont en effet témoigné d’une corrélation négative. Les cours des obligations ont ainsi eu tendance à augmenter lors des périodes de baisse des cours des actions et inversement.

Les emprunts d’État ont joué le rôle d’amortisseur au cours de la plupart des corrections des actions intervenues depuis la crise financière. En moyenne, les obligations ont en effet témoigné d’une corrélation négative. Les cours des obligations ont ainsi eu tendance à augmenter lors des périodes de baisse des cours des actions et inversement.

Ce comportement a de nouveau été observé au début de la semaine passée lorsque les inquiétudes géopolitiques liées à la Corée du Nord se sont accentuées en rappelant ainsi fort à propos, selon nous, l’intérêt de diversifier le risque actions via une allocation aux emprunts d’État. C’est d’autant plus important à une époque où les investisseurs ont perdu confiance dans ce principe à la suite de plusieurs épisodes notables ces dernières années au cours desquels les cours des actions et des obligations ont évolué de concert. Veuillez vous reporter aux pics annotés sur le graphique.

Des performances protectrices

La hausse rapide des taux d’intérêt a ébranlé la confiance dans les marchés actions lors de ces épisodes, lesquels ont notamment inclus le « taper tantrum » de 2013 en réaction aux allusions de la Réserve fédérale à une réduction progressive de la voilure de son programme de « QE » et l’augmentation des rendements des emprunts d’État allemands en 2015. La conséquence : les expositions obligataires ont amplifié, et non réduit, les pertes. Les craintes de nouvelles déceptions semblent freiner les flux de portefeuille à destination des emprunts d’État, tandis que la quête de revenus a bénéficié à d’autres actifs obligataires tels que les obligations d’entreprises. La crainte d’une hausse des taux d’intérêt, lesquels sont actuellement historiquement bas, pourrait également jouer un rôle.

Pour autant, les taux ont à nouveau baissé cette année après leur forte hausse au lendemain de l’élection présidentielle aux États-Unis et l’évolution des marchés au début de la semaine passée démontre bien selon nous que les emprunts d’État peuvent encore offrir aux portefeuilles des avantages en matière de diversification, chose que peu d’autres actifs peuvent faire. Notre analyse révèle que les emprunts d’État ont généré des performances positives durant les périodes de forte baisse des actions, confirmant ainsi leur rôle d’actifs de diversification. Depuis 2010, au cours des 22 mois durant lesquels les actions américaines ont signé des performances négatives, les obligations ont quant à elle enregistré des performances positives chaque mois où les actions ont reculé d’au moins 2,5 %. La seule et unique exception a été durant le « taper tantrum ». Il y a également eu des périodes marquées par une hausse simultanée des obligations et des actions. Cela s’est généralement produit sous l’effet des anticipations d’une augmentation des mesures de soutien des banques centrales à destination des marchés financiers. Un bon exemple en la matière est celui de la réunion de politique monétaire de la BCE cet été qui a mis fin aux anticipations du marché d’une réorientation imminente de la Banque centrale en faveur d’une normalisation de sa politique.

Nous entrevoyons certes une hausse des taux d’intérêt, mais à un rythme toutefois extrêmement lent dans le sillage de la normalisation progressive des politiques monétaires outre-Atlantique et dans la zone euro. En conséquence, il convient de s’attendre à des performances peu élevées ou négatives des emprunts d’État au niveau mondial sur un horizon à moyen terme.

Dans l’ensemble, nous privilégions les actions, mais recommandons des expositions stratégiques aux emprunts d’État, dont aux titres indexés sur l’inflation du Trésor américain (TIPS), même dans le cas où les obligations sous-performent les instruments monétaires.

Nous ne préconisons pas d’importantes allocations aux instruments monétaires ; en effet, ces derniers permettent d’amortir les pertes, mais ils ne diversifient cependant pas le risque des actions.

Isabelle Mateos y Lago , 7 septembre

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