›  Opinion 

Les marchés manquent souvent d’une vue d’ensemble

Guido Barthels, Gestionnaire de Portefeuille d’ETHENEA Independent Investors S.A. et Yves Longchamp, Head of Research d’ETHENEA Independent Investors (Schweiz) AG, estiment que les marchés manquent souvent d’une vue d’ensemble...

Aux Etats-Unis, alors que la consommation devrait rester soutenue, la reprise s’essouffle. Dans la zone euro, les pays du Sud contribuent de plus en plus à la croissance. De son côté, la Banque centrale européenne pourrait prendre de nouvelles mesures d’assouplissement.

« Les marchés semblent pour l’instant trop préoccupés par les signaux négatifs. L’évolution des marchés à risque -actions et obligations- au début de l’année en témoigne. Baisse des actions, baisse des rendements des obligations sans risque et hausse pour les obligations risquées... tout ceci à l’échelle mondiale. Même si la croissance des économies de la zone euro et des États-Unis est en bonne voie, beaucoup craignent une nouvelle récession mondiale comparable à celle de 2008-2009. Les données positives sont négligées (...).

Hausse des taux de la Fed en mars peu probable

Certes, les signes de faiblesse s’annoncent un peu partout. La reprise cyclique en cours depuis trois ans aux États-Unis s’essouffle (...). Dans ce contexte, une hausse des taux de la Fed en mars semble improbable. Il est toutefois essentiel de garder à l’esprit le double mandat de la Fed : atteindre un taux d’emploi maximum et stabiliser les prix. Avec un taux de chômage inférieur à 5%, les économistes estiment que le marché a atteint le plein emploi et, selon la Fed, le faible taux d’inflation actuel est imputable à des situations temporaires, telles que les prix bas du pétrole et un USD fort. Si elle applique ce double mandat à la lettre, Janet Yellen pourrait relever les taux en mars. (...) Que fera-t-elle ? Elle répondra à cette question le 16 mars lorsque le FOMC prendra sa prochaine décision en matière de politique monétaire.

Dans la zone euro, déplacement de la croissance vers le Sud

Dans la zone euro, les contributions majeures à la croissance se sont progressivement déplacées du Nord vers le Sud. Si l’Allemagne, la plus grande économie de l’union monétaire, a joué un rôle central dans la reprise qui a suivi la crise de l’euro, sa contribution à la croissance de la zone euro a reculé l’année dernière (...). Dans le Sud de l’Europe, notamment en Espagne et en Italie, la consommation privée s’est redressée dans le sillage des créations d’emplois (...). Ceci s’applique à tous les pays affichant un taux de chômage élevé et une dynamique de hausse des créations d’emplois. Le cycle d’investissement européen est à un stade similaire à celui des États-Unis. L’impulsion de crédit est au ralenti. La situation est semblable dans les quatre plus grandes économies de la région : Allemagne, France, Espagne et Italie. Par rapport au cycle économique américain, celui de la zone euro se trouve encore à un stade précoce, ce qui lui confère un avantage (...).

Nouvelles mesures d’assouplissement de la BCE

La BCE se retrouve à nouveau sur le devant de la scène. Le 10 mars, Mario Draghi annoncera probablement de nouvelles mesures d’assouplissement, compte tenu de la faiblesse persistante de l’inflation et de la détérioration des perspectives de croissance. La question que nous nous posons tous est de savoir ce que la BCE pourra faire. Nous prévoyons une nouvelle baisse des taux - en espérant qu’elle s’accompagne de dispositions spéciales afin de ne pas pénaliser davantage les banques - ainsi que l’extension du programme d’assouplissement quantitatif actuel sous la forme d’achats mensuels supplémentaires. La BCE pourrait toutefois en faire plus.

Achat direct des prêts aux banques

L’indice des conditions financières (ICF) est utilisé par les banquiers centraux pour examiner l’état de la politique monétaire et synthétise trois dimensions : le taux d’intérêt, la prime de risque et la devise. La BCE a exploité la première (le taux d’intérêt) de manière intensive. Le taux d’intérêt à court terme est bas, voire négatif, tout comme celui à long terme. Si la « troisième dimension  », la devise, n’est pas officiellement ciblée par les banques centrales des pays développés, elle est manipulée indirectement en maintenant les taux d’intérêt inférieurs à ceux du reste du monde.

Les prochaines mesures de la BCE pourraient porter sur la « deuxième dimension  » (la prime de risque) qu’elle n’a presque pas exploitée. L’institution de Francfort peut acheter directement des prêts aux banques. Ce programme d’assouplissement du crédit aurait l’effet d’une subvention aux banques et réduirait probablement davantage la prime de risque liée aux prêts aux entreprises et hypothécaires. Une telle disposition serait favorable à l’investissement (...).

Guido Barthels , Yves Longchamp , 10 mars

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