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Les investisseurs adoptent la voie alternative

Selon une étude de Willis Towers Watson, le total des actifs gérés par les 100 premiers gérants d’investissement alternatifs a atteint 3 600 milliards US$, soit une hausse de 3 % par rapport à l’année précédente. L’encours de gestion des actifs alternatifs dans le monde a atteint un total de 6 200 milliards US$.

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L’enquête Global Alternatives Survey, qui couvre dix catégories d’actifs et sept types d’investisseurs, montre que parmi les 100 premiers gérants d’investissements alternatifs, les gérants immobiliers se taillent la part du lion (34 % des actifs et plus de 1 200 milliards US$) – on y retrouve ainsi en 15ème position le français Axa Investment Managers -, suivis des hedge funds (21 % et 755 milliards US$), des gérants de private equity (18 % et 640 milliards US$), des fonds de fonds de private equity (PEFoF) (12 % et 420 milliards US$), des fonds de hedge funds (FoHF) (6 % et 222 milliards US$), des fonds d’infrastructures (5 %) et du crédit illiquide (5 %).

L’étude présente également un classement des meilleurs gérants en fonction de l’encours sous gestion, sur chaque segment. Les données de l’étude élargie (602 entrées) montrent que le total de l’encours sous gestion des actifs alternatifs dans le monde s’établit désormais à 6 200 milliards US$. L’étude présente également, pour la première fois, le niveau des actifs investis dans l’assurance, qui s’élève à environ 30 milliards US$, dont près des deux tiers sont investis en Europe par 13 gérants différents.

Pierre Wendling, Consultant Investissement Willis Towers Watson France, précise : « Les investisseurs institutionnels restent axés sur la diversification, mais pas à n’importe quel prix. Si les actifs alternatifs continuent d’absorber des flux entrants à un rythme soutenu, les investisseurs sont maintenant attentifs à l’alignement de leurs intérêts et à la rentabilité de leurs investissements. Cela se traduit par des frontières encore plus floues entre les catégories d’actifs alors que les investisseurs accordent plus d’attention aux moteurs de rendement sous-jacents, dans l’objectif ultime d’atteindre une véritable diversité et de consolider leurs portefeuilles face à un environnement macroéconomique de plus en plus volatil et incertain ».

Selon l’étude, qui regroupe des données sur un large éventail d’investisseurs institutionnels de différents types, les actifs des fonds de pension représentent un tiers (34 %) des actifs des 100 premiers gérants alternatifs, suivis des gérants de patrimoine (19 %), des compagnies d’assurance (10 %), des fonds souverains (6 %), des banques (2 %), des fonds de fonds (2%) et des fonds de dotation et fondations (2%).

Pierre Wendling ajoute : « Le secteur de la gestion alternative reste étroitement lié aux capitaux des fonds de pension auprès desquels il a conquis une position de confiance grâce aux rendements diversifiés générés par des équipes d’investissement qui comptent parmi les plus talentueuses. Cependant, en plaçant la proposition de valeur globale des gérants d’actifs au centre de leur stratégie, la demande d’un alignement accru et d’une baisse des coûts par les investisseurs se fait de plus en plus forte. S’ils parviennent à atteindre cet objectif, les gérants pourraient ainsi attirer les actifs d’autres investisseurs, tels les assureurs et les fonds souverains, qui cherchent à exploiter au maximum la volatilité des marchés et les opportunités d’alpha qui en découlent, notamment dans un contexte actuel difficilement lisible et sans réelles opportunités de bêta ».

L’étude établit que sur les 100 principaux gérants, l’Amérique du Nord reste la destination phare des investissements alternatifs (50 %), le crédit illiquide et les fonds d’infrastructures étant les seules catégories d’actifs où c’est en Europe que les capitaux sont le plus investis.

Dans l’ensemble, 37 % des actifs alternatifs sont investis en Europe, 8 % en Asie-Pacifique et 5 % dans le reste du monde.

Les actifs des fonds de pension gérés par les 100 premiers gérants d’actifs pour les fonds de pension ont encore gagné du terrain par rapport à l’année dernière et atteignent presque 1 500 milliards US$. Les gérants immobiliers gardent la plus grande part des actifs de fonds de pension avec 40 %, suivis des PEFoF (20 %), des hedge funds (10 %), du private equity (9 %), des fonds d’infrastructures (8 %), des FoHF (7 %) et du crédit illiquide (4 %).

Pierre Wendling ajoute : « Les investisseurs institutionnels qui cherchent à diversifier leurs portefeuilles ont l’embarras du choix. Il suffit de constater le nombre croissant de ‘stratégies de bêta alternatives’ (comme les stratégies de réassurance, de portage, de rendement, de croissance, d’arbitrage de fusions) en dehors de la structure traditionnelle des hedge funds, à disposition pour diminuer sensiblement les frais et permettre un bien meilleur alignement. L’immobilier, les fonds d’infrastructures et d’autres actifs réels suscitent un intérêt croissant et sont autant d’options supplémentaires, en particulier pour les stratégies de sécurisation des flux de revenus adoptées par des investisseurs en quête de rendement et de diversité pour remplacer les hedge funds traditionnels et les obligations gouvernementales. Si la gouvernance le permet, le crédit illiquide est une autre façon de diversifier les sources de rendement et d’améliorer l’efficacité globale de portefeuilles à faible niveau de risque et en quête de rendements ».

D’après l’étude, à fin 2015, le classement des 25 premiers gérants d’actifs alternatifs de chaque catégorie d’actifs se décomposait comme suit : 476 milliards US$ (+ 4 %) pour la gestion de patrimoine, 304 milliards US$ (+1 %) pour l’assurance, 173 milliards US$ (+ 8 %) pour les fonds souverains, 100 milliards US$ (- 10 %) pour les actifs bancaires, 89 milliards US$ (- 10%) pour les fonds de fonds et enfin 87 milliards US$ (+ 8 %) pour les fonds de dotation et les fondations.

Pierre Wendling explique : « L’évolution vers les actifs alternatifs au détriment des actions et des obligations prend de l’ampleur pour la plupart des investisseurs institutionnels dans le monde car ces stratégies contribuent à gérer le risque grâce à la diversité. L’incertitude économique persistante, conjuguée à une volatilité très forte, risque fort de nourrir cette tendance. Alors que l’ensemble du secteur de la gestion d’actifs réfléchit à des questions existentielles comme savoir s’il a tenu ses promesses et identifier les pistes d’amélioration de sa proposition de valeur, il ne fait pas de doute que les meilleurs gérants continueront d’innover et de capitaliser sur les opportunités d’investissement engendrées par la volatilité actuelle de l’environnement macroéconomique avec pour objectif d’offrir plus de valeur aux investisseurs ».

Selon l’étude, Macquarie Group est le principal gérant d’actifs d’infrastructures avec plus de 95 milliards US$ et un classement au plus haut niveau des notations globales. De son côté, Blackstone se place à la première marche du double podium des gérants de private equity, avec plus de 94 milliards US$, et des gérants immobiliers avec près de 94 milliards US$. Bridgewater Associates s’affirme comme le numéro 1 des gérants de hedge funds avec 88 milliards US$ et Blackstone occupe le premier rang des gérants FoHF après près de 68 milliards US$. Goldman Sachs est en tête pour la gestion des PEFoF avec presque 45 milliards US$ et M&G Investments est en première place sur le segment du crédit illiquide avec plus de 33 milliards US$. PIMCO s’impose sur la gestion des matières premières avec 10 milliards US$, TIAA sur les actifs réels avec plus de 7 milliards US$ et LGT Capital Partners sur les investissements d’assurance.

Next Finance , 13 juillet

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