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La preuve par les faits

Peu d’entreprises ont la capacité de maîtriser leurs prix sur une longue période. En Bourse, ce sont les secteurs concernés par le Pricing Power qui tirent largement leur épingle du jeu depuis dix ans.

La gestion Pricing Power n’est pas une mode, ni une opportunité de court terme. En se concentrant sur les entreprises disposant d’un avantage structurel pour fixer leurs prix, elle offre la probabilité la plus grande pour dégager de la surperformance à moyen terme. Depuis 2004, date de lancement du premier fonds Pricing Power, notre conviction est qu’en raison de l’évolution naturelle de l’économie, seule une minorité de sociétés a la capacité de maîtriser durablement ses prix.

Arrêtons un instant sur quatre secteurs bien distincts. Deux, la grande distribution européenne et les télécoms, ont subi une déflation depuis dix ans, sans possibilité de fixer ou de maintenir leurs prix.

Deux autres, au contraire, les spiritueux et les cosmétiques, disposent de ce Pricing Power leur donnant le contrôle sur les prix et sur leurs marges.

La nouvelle organisation du commerce mondial et l’explosion d’internet sont des facteurs importants de concurrence par les prix qui affectent durablement les secteurs les moins protégés. Dans la grande distribution, la déflation dure maintenant depuis des années, affectant les capacités bénéficiaires des sociétés. Chez les opérateurs télécoms les choses sont identiques. L’évolution de la facture mensuelle d’un abonnement mobile a constamment baissé depuis 10 ans, du fait d’une concurrence toujours plus forte. L’arrivée de nouveaux acteurs comme FREE en France a accéléré ce mouvement.

En revanche dans les deux secteurs Pricing Power, on constate une évolution inverse. Les prix des spiritueux, même si leur progression n’est pas linéaire, montent sensiblement depuis dix ans (+20% sur le prix moyen global d’une bouteille). L’exemple des cosmétiques est également probant, l’augmentation des prix du secteur s’avérant régulière et constante, quel que soit le niveau de la concurrence.

Si l’on regarde maintenant les performances boursières de ces quatre secteurs depuis dix ans, il s’avère que la corrélation entre Pricing Power et cours de bourse est évidente. Ainsi les TELECOMS progressent de 6%, la grande distribution de 19%, les cosmétiques de 134% et les spiritueux de 136% : la preuve par les faits !

Gérer sous l’angle du Pricing Power, comme le montrent ces exemples (qu’on aurait pu multiplier), est bien une exigence quotidienne pour nous. Nous recherchons la croissance autonome et les sociétés qui s’affranchissent des cycles et des évolutions de l’environnement pour rester maîtres de leur gestion et de leurs prix.

Gérard Moulin , 22 février

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