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L’essor de l’investissement durable en Asie

Au cours de ces dernières semaines, j’ai rencontré de nombreux investisseurs institutionnels asiatiques pour échanger avec eux sur le thème de l’investissement durable. J’ai été agréablement surprise de l’intérêt manifeste porté à ce sujet. Les investisseurs se sont révélés très désireux de partager leurs connaissances et...

Au cours de ces dernières semaines, j’ai rencontré de nombreux investisseurs institutionnels asiatiques pour échanger avec eux sur le thème de l’investissement durable. J’ai été agréablement surprise de l’intérêt manifeste porté à ce sujet. Les investisseurs se sont révélés très désireux de partager leurs connaissances et la plupart d’entre eux nous ont indiqué qu’ils avaient commencé à intégrer le développement durable dans leurs portefeuilles.

Leur réussite à cette tâche dépendra de savoir si les nombreuses parties prenantes dans le domaine du développement durable offrent suffisamment d’analyses sur les entreprises locales, ainsi que de l’existence de solutions d’investissement adaptées à leurs besoins. Dans les deux cas, une approche davantage axée sur l’Asie est nécessaire. Par ailleurs, j’ai été frappée par le degré d’importance du facteur humain et par le fait que ce sont les investisseurs les plus convaincus et engagés dans ce domaine qui parviennent le mieux à intégrer ce changement.

Progression de l’investissement durable au Japon

Le Japon est un pays où l’investissement durable semble connaître un net essor. Les deux jours passés sur place ont été un véritable enchaînement de réunions. Dans ce pays, la dynamique manifeste est actuellement conditionnée par la mise en place des codes de gouvernance d’entreprise et de gestion responsable, et par le fait que les grandes institutions prennent les devants et consacrent une partie de leurs portefeuilles à l’investissement responsable. Cela dit, tous ne se font pas entendre sur le sujet. J’ai rencontré un représentant d’un grand fonds de pension investissant depuis de nombreuses années dans un portefeuille ESG qui compte parmi les meilleurs de sa catégorie, sans pour autant que cette institution n’ait vraiment communiqué publiquement sur le sujet. L’humilité étant une forme de sagesse au Japon, la plupart des investisseurs soulignent qu’ils ne se situent qu’aux premières étapes et qu’ils sont encore en phase d’apprentissage dans le domaine de l’investissement durable. Espérons que ces propos se transformeront en actions dans les prochaines années.

Les grands investisseurs institutionnels prennent des mesures modérées

Dans d’autres pays asiatiques, j’ai rencontré quelques grands investisseurs institutionnels qui semblent prendre des mesures de moindre envergure. Ils élaborent des questionnaires ESG qu’ils utilisent dans leur processus de sélection afin d’évaluer les forces des gestionnaires en matière d’investissement durable. Si l’adoption de solides politiques et pratiques ESG est déjà un prérequis pour les gérants d’actifs travaillant avec des clients d’Europe du Nord, je pense que cela sera bientôt le cas à l’échelle mondiale. Nous avons partagé avec les experts de ces pays notre conviction qu’il est important de réaliser une évaluation approfondie des pratiques ESG des gérants. Il ne suffit plus d’être signataire des UN PRI et de tenir compte implicitement des critères ESG, ou d’engager occasionnellement le dialogue avec les entreprises présentes dans votre portefeuille. Ce qui compte avant tout, c’est la manière de mettre en œuvre les principes des Nations Unies, de tenir compte systématiquement des critères ESG, d’engager un dialogue avec les entreprises et d’en suivre les résultats.

Ces institutions travaillent également à la mise en œuvre de l’intégration des critères ESG à leurs propres portefeuilles (locaux), mais elles font face à de nombreux obstacles. Parmi ceux-ci figurent l’acquisition de connaissances et l’investissement dans des équipes ; la faible couverture des entreprises locales de petite et moyenne capitalisation par les prestataires de recherche ESG ; le choix de prestataires pour le vote, la manière d’engager un dialogue efficace avec les entreprises et de collaborer avec d’autres investisseurs.

Partager nos connaissances avec ces derniers accélèrera le processus et contribuera au dialogue des investisseurs sur ces questions à l’échelle mondiale.

Passer de l’alpha à la conviction

Du côté de la banque privée et de détail, il est manifestement nécessaire de montrer aux clients l’alpha potentiel d’une stratégie ESG et de développer des produits susceptibles d’intéresser les clients. Même si les recherches montrent que la demande des investisseurs privés en faveur de solutions de développement durable progresse, ce n’est pas toujours ce qui est ressorti des discussions menées avec les représentants des banques que j’ai rencontrés. Il existe une demande de la part des clients très fortunés et elle sera satisfaite, mais il relève toujours du défi de proposer des solutions aux clients fortunés et aux autres catégories de clients. Je crains que le fait d’avancer simplement l’argument de la quête d’alpha ne freine l’évolution de l’intégration des critères ESG. Il est beaucoup plus efficace d’avoir une vision claire et d’être convaincu de l’importance de ces critères, qu’il s’agisse des investisseurs ou de la société en général. À mon avis, ceux qui tiennent compte de ces deux aspects seront couronnés de succès (patrimoine et bien-être).

Les réunions que j’ai les plus appréciées sont celles auxquelles participaient les principaux dirigeants et les responsables de la mise en œuvre des critères ESG dans les portefeuilles. Tant les grands dirigeants que les spécialistes ESG étaient très motivés. Ils ont bien sûr parlé de création d’alpha, même s’il m’a semblé que cette étape avait déjà été franchie. Très impliqués, les participants ont posé des questions judicieuses sur la mise en pratique des votes, l’engagement, la recherche quantitative sur les critères ESG, la sélection des gestionnaires, etc.

Cela m’a conforté dans l’idée que la constitution d’un capital humain (intellectuel) est essentielle au renforcement des efforts ESG dans notre secteur. Tout nous ramène au capital humain.

L’empreinte carbone de mon voyage

Mes déplacements en avion dans cinq pays d’Asie n’ont probablement pas contribué à un meilleur environnement, ce qui était en fait l’une des raisons majeures de mon voyage. Il y a donc là une certaine contradiction. Chez Robeco, nous avons conscience que, même si les émissions directes de CO2 ne sont pas un aspect clé de notre métier, les déplacements professionnels peuvent toutefois avoir un impact significatif. C’est la raison pour laquelle nous tâchons de réduire notre empreinte carbone et de compenser le reste. Robeco est signataire d’une déclaration qui stipule que nous visons à réduire les émissions de CO2 issues des activités de chacun de nos salariés. Robeco a obtenu la certification CarbonNeutral® en réduisant ses émissions de CO2 à un niveau net de zéro conformément au protocole CarbonNeutral.

Masja Zandbergen , 22 octobre

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