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L’Europe peut-elle bénéficier du "reflation trade" ?

Le début de l’année a constitué un tournant intéressant pour les investisseurs actions value, en particulier sur l’Europe. La rotation sectorielle, à laquelle nous avons assisté tout au long de 2016, s’est intensifiée au cours des derniers mois de l’année avec, en tête de file, les banques...

Le début de l’année a constitué un tournant intéressant pour les investisseurs actions value, en particulier sur l’Europe. La rotation sectorielle, à laquelle nous avons assisté tout au long de 2016, s’est intensifiée au cours des derniers mois de l’année avec, en tête de file, les banques, qui ont été pendant bien longtemps un bel exemple de destruction de la valeur, et, à la traîne, le secteur de la santé. Cette rotation a été accentuée par la discussion relative à un éventuel ralentissement du programme d’assouplissement quantitatif de la Banque Centrale Européenne (BCE), en réponse aux signes de montée des pressions inflationnistes.

Qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs ? Ceci pourrait signaler, à long terme, un changement de leadership sur le marché, changement attendu depuis longtemps et qui sera le bienvenu, d’un marché entrainé par la croissance à un marché stimulé par la valeur. Nous étions, depuis bien longtemps, dans un environnement où les investisseurs privilégiaient "à tout prix" les titres européens de qualité. Cela a cessé en 2016. Les raisons sont multiples mais dépendent, globalement, de trois facteurs : la montée du populisme, qui a exercé des pressions sur les pouvoirs politiques en place pour qu’ils assouplissent les politiques d’austérité, les perspectives de relance fiscale à long-terme, et la faiblesse structurelle du marché des obligations liée à une détention excessive, associée à une éventuelle hausse des taux d’intérêt et de l’inflation.

La situation politique : un risque et une opportunité

La situation politique est le facteur le plus visible. Les investisseurs passent sans cesse de la cupidité à la peur face aux titres individuels, en particulier en période d’incertitude. Plusieurs élections auront lieu cette année en Europe, dans un contexte d’instabilité populiste, y compris aux Pays-Bas (mars), en France (avril et mai) et en Allemagne (septembre). Nous estimons, au regard de ce qui est arrivé lors de l’annonce du résultat du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne et de la victoire surprise de Trump aux États-Unis, que les résultats de ces votes, quels qu’ils soient, entraineront probablement une hausse de la volatilité, même si celle-ci sera de courte durée. Le Brexit devra également être pris en compte.

Le Royaume-Uni devrait faire face à une période difficile, par rapport à la zone Euro, dans l’environnement d’après Brexit, avec un transfert des marges élevés et des emplois fondés sur le savoir de l’autre côté de la Manche, bien que cette tendance soit certainement plus marquée sur le long terme.

L’attention du monde se tourne-t-elle de nouveau vers l’Europe ?

L’Europe, et plus particulièrement la zone Euro (les pays qui ont adopté l’Euro comme leur principale devise), pourrait représenter une opportunité d’investissement contrariante en 2017. Selon le PER de Shiller, une mesure de valorisation utile qui évalue les bénéfices d’une société sur une période de 10 ans, la région est extrêmement intéressante, par rapport aux autres principaux marchés et en particulier les États-Unis.

ll est possible d’avancer que les actions américaines méritent d’avoir un ratio plus élevé que leurs homologues européens, en raison du rendement plus élevé offert aux investisseurs. Le rendement est certes plus élevé mais une partie de ce résultat provient de l’utilisation de créances pour régler les actions. Cette tendance devrait toutefois s’inverser, en cas de hausse des taux d’intérêt. Ceci aurait une incidence négative sur les sociétés américaines alors que la hausse des créances a excédé le taux de croissance des bénéfices. En termes de bénéfices, l’Europe reste loin derrière les États-Unis, mais les investisseurs s’interrogent, dans un marché de plus en plus axé sur la valeur, sur les capacités de la région à rattraper son retard.

En conclusion, la situation économique devait se reprendre en Europe et des mesures de relance devraient être mises en place par le gouvernement ce qui pourrait entrainer une sortie des rendements des obligations du territoire négatif, un processus qui s’est déjà engrangé.

Ceci pourrait être la dynamique dont l’Europe a besoin. Les régions telles que le Japon et l’Europe, qui sont traditionnellement des marchés plus orientés sur la valeur, ont tendance à enregistrer de bons résultats en période de reflation mondiale. L’Europe pourrait, si la situation se poursuit, revenir au goût du jour.

Nick Sheridan , 23 février

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