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Elections françaises : la situation s’éclaircit-elle pour l’Europe ?

Tim Stevenson, Directeur actions européennes, fait le point sur le premier tour des élections françaises, qui ont vu l’outsider politique Emmanuel Macron, fondateur du mouvement ’En Marche’, prendre la tête.

Le résultat du premier tour de l’élection française implique qu’Emmanuel Macron, qui a recueilli 23,8 % des voix, sera le prochain président. Il sera opposé à la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen, dont les résultats ont été légèrement en deçà des attentes (21,7 %), mais qui a réussi à atteindre le second tour devant le candidat des Républicains, l’ancien Premier ministre François Fillon (19,8 %).

Les sondages indiquent actuellement que Macron l’emportera au deuxième tour avec plus de 60 % des voix, contre moins de 40% pour Le Pen. Le marché français s’est donc fortement repris ce matin, les banques en tête. Ce regain de confiance s’est propagé au reste de l’Europe.

Cette reprise s’explique clairement par le fait qu’au cours des 12 derniers mois, les marchés européens ont été freinés par le risque politique. Ce risque a été accentué par les tweets du président américain, Donald Trump, et par les articles profondément anti-européens publiés par la presse grand public au Royaume-Uni. Les marchés européens craignaient de voir la France emboiter le pas du Royaume-Uni et des États-Unis, avec l’étonnant Brexit et l’élection surprise de Trump, pour renverser à son tour "l’establishment". Dans une certaine mesure, cette crainte était justifiée dans le sens ou aucun des partis établis, qui ont dirigé le pays au cours des 30 dernières années, ne sera au pouvoir après le 7 mai. La différence réside dans le fait que Macron est relativement centriste et fermement pro-européen.

La réaction des marchés a été extrêmement positive car il est désormais quasiment certain qu’après les élections allemandes en septembre prochain, la "prime de risque politique" en Europe n’aura plus lieu d’être et permettra aux investisseurs de se concentrer sur le redressement des économies européennes (hors Royaume-Uni), les valorisations des actions européennes par rapport à leurs homologues américaines, et la reprise des bénéfices des entreprises européennes, après six ans d’attente.

Notre stratégie ne devrait pas beaucoup changer. Nous sommes déjà relativement surexposés à la France. Nous sommes également bien placés pour tirer profit de l’amélioration progressive des bénéfices et de l’activité économique à laquelle nous continuons d’assister.

Nous sommes positionnés sur deux banques, une compagnie d’assurance et une société de gestion en France. Nous affichons donc une forte surpondération du secteur financier français. Dans l’ensemble, nous sommes sous-exposés aux banques, mais surexposés aux autres secteurs financiers.

Les élections législatives françaises, qui auront lieu au mois de juin, sont le prochain temps fort. Il s’agira de voir si elles offriront une assise qui permettra à Macron, s’il l’emporte au second tour des élections début mai, de s’attaquer à bon nombre des problèmes auxquels le pays est confronté. Cela devrait être le cas étant donné que Macron a fédéré autour de lui la plupart des partis modérés ou centristes pour les élections présidentielles. Ces partis doivent réaliser qu’il leur faudra maintenir leur soutien à Macron par la suite, afin d’éviter que les prochaines élections présidentielles, qui auront lieu dans cinq ans, ne tournent au renversement radical de ce qui reste des forces vives.

Le dernier point important à souligner est que les dirigeants européens ont vu, entendu et ressenti, au cours des 12 derniers mois, l’immense niveau de contestation et de colère que suscite le "projet européen". Ils doivent désormais s’attaquer à ce problème et lui trouver une solution viable.

Tim Stevenson , 28 avril

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