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Disrupter la banque pour la sauver Les Fintech, acteurs de la révolution numérique dans la finance

Bpifrance Le Lab publie une étude inédite dédiée aux Fintech (contraction de finance et technologie) et analyse comment ces entreprises ont bouleversé les codes du secteur financier.

En l’espace de quelques années, les Fintech ont rebattu les cartes du jeu bancaire traditionnel et suscité un engouement grandissant. En 2015, KPMG recensait plus de 1100 opérations d’investissement pour un montant total s’élevant à 19,1 milliards de dollars. Pour pénétrer le secteur financier, elles ont tout misé sur le client en s’appropriant les nouveaux usages de consommation induits par le numérique (implication du consommateur, instantanéité, simplicité d’usage, quasi-gratuité des services, etc.).

Les positions des banques sont concurrencées par ces nouveaux entrants numériques à tous niveaux : à chaque activité bancaire, sa Fintech. Des services de paiement au financement des entreprises en passant par le compte courant et la gestion d’actifs, rares sont les métiers financiers qui n’ont pas été réinventés par les Fintech.

A travers cette étude essentiellement centrée sur les activités des Fintech en France, Bpifrance Le Lab s’est donné pour ambition :

  • de comprendre la stratégie de ces entreprises pour s’imposer au sein du secteur financier, un marché complexe et protégé par d’importantes barrières à l’entrée ;
  • d’analyser le caractère protéiforme de la concurrence (Fintech, GAFA, télécoms, grandedistribution) à laquelle les banques sont confrontées.

Fruit d’une collaboration de Bpifrance Le Lab avec Gilles Denoyel, ancien Président des relations institutionnelles internationales du Groupe HSBC en Europe, l’étude «  Disrupter la banque pour la sauver  » s’appuie sur de nombreux entretiens avec des acteurs de l’écosystème financier (startup, banques, investisseurs, journalistes spécialisés).

4 messages clés à retenir

1. Face aux nouveaux entrants, le danger majeur pour les banques, c’est d’être intermédiées et de perdre la maîtrise de la relation client. Elles pourraient risquer d’être cantonnées à un rôle de gestionnaire à faible valeur ajoutée.

2. Entre compétition et coopération, les Fintech poussent les banques à se transformer par la « coopétition » ! Elles imposent de nouveaux standards bancaires en offrant à leurs clients des solutions alternatives moins couteuses et plus personnalisées. Pour rester dans la course, les banques doivent s’adapter et tout miser sur l’expérience client.

Malgré les apparences, les « nouveaux entrants » ne sont pas nécessairement des « concurrents ». Certaines Fintech proposent également des services à destination des banques (B2Bank) pour les accompagner dans leur processus de transformation digitale.

3. La réelle concurrence pourrait venir des géants du web américains et chinois, des acteurs de la grande distribution et des télécoms. Ces entreprises qui souhaitent accroitre leur accès aux données des clients disposent de ressources financières considérables et d’une importante base de clients qui facilite l’adoption de nouvelles solutions financières.

4. L’étude de Bpifrance Le Lab s’interroge également sur l’avenir des Fintech, qu’elles soient disruptives ou collaboratives et montre que de nombreuses synergies existent avec les acteurs traditionnels du marché, notamment par l’exploitation de la technologie Blockchain.

L’étude « Disrupter la banque pour la sauver » dément également certaines idées reçues sur les Fintech, parmi lesquelles :

Le secteur bancaire est une forteresse impénétrable.

Les barrières à l’entrée de l’industrie bancaire restent certes efficaces contre la concurrence frontale de nouveaux entrants. Mais les Fintech ont pénétré ce secteur en ciblant des interstices de marché. Elles ont contourné les barrières à l’entrée en s’appuyant sur le numérique qui abaisse leur degré de protection par sa capacité à transformer les usages et à accélérer l’adoption de nouvelles solutions.

Les Fintech se sont avant tout imposées par une révolution technologique.

Ces entreprises se sont distinguées par des innovations d’usage : utilisation du smartphone (paiements, néobanques), sollicitation de la fibre collaborative (financement participatif), etc. Elles réinventent la relation client à travers des offres centrées sur le consommateur, qu’il soit un particulier, une entreprise ou… une banque.

Les activités des Fintech se soustraient à la réglementation financière.

Elles sont encadrées par les régulateurs, mais elles bénéficient de statuts plus souples car leurs activités ne couvrent pas la totalité des services bancaires. Un impératif demeure néanmoins : la sécurité des paiements et des transactions.

Next Finance , 29 juin

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