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Brésil : Nouvelle donne politique, défis de taille

Comme le laissaient envisager les sondages, le Sénat a voté en faveur de la mise en accusation de la présidente brésilienne, Dilma Rousseff (Parti des travailleurs), qui est donc écartée du pouvoir le temps de son procès, au terme duquel les sénateurs voteront pour ou contre sa destitution, dans un délai maximum de 180 jours.

En attendant, l’intérim est assuré par son ancien allié du centre, le vice-président Michel Temer (Parti du mouvement démocratique brésilien), dont le parti a quitté la coalition du PT fin mars. 55 sénateurs ont voté pour la mise en accusation de la présidente, soit 14 de plus que la majorité simple requise. Ce nombre de voix suffirait à évincer définitivement Dilma Rousseff, la majorité des deux tiers étant nécessaire. Dilma Rousseff va sans doute essayer de s’opposer à ce qu’elle appelle « un coup d’état » en jouant sur le soutien populaire, ce qui augmente le risque de tensions sociales dans la rue.

NOTRE ANALYSE

A en juger par les intentions de vote des sénateurs, le scénario le plus probable est que Dilma Rousseff soit destituée et que Michel Temer dirige le pays jusqu’aux prochaines élections présidentielles d’octobre 2018. Un scénario alternatif qui ne peut pas être complétement écarté est celui de l’annulation des élections présidentielles par le Tribunal suprême électoral, qui mène depuis plusieurs mois une enquête sur le financement des campagnes de Dilma Rousseff et du vice-président. Si celle-ci aboutit avant la fin de 2016, les élections présidentielles seraient annulées et de nouvelles élections devraient alors être organisées dans les trois mois.

L’un des principaux défis que devra relever l’administration Temer sera de consolider les finances publiques sans déprimer davantage la conjoncture.

A priori, elle disposerait d’un support suffisant au Congrès pour faire passer des réformes d’ordre structurel nécessitant une majorité constitutionnelle, comme le relèvement de l’âge du départ à la retraite. Mais le temps presse. Les élections municipales prévues pour le mois d’octobre pourraient freiner l’approbation de ces mesures impopulaires, ce qui augmenterait le risque d’étiolement du soutien du Congrès et on ne peut pas exclure de nouveaux rebondissements dans l’affaire Pétrobras. La bonne nouvelle est que la politique monétaire pourrait bientôt venir à l’aide du gouvernement. Lors de sa dernière réunion, la banque centrale a exclu une baisse des taux imminente, tout en indiquant qu’elle les baisserait si l’inflation et les anticipations continuaient de baisser.

Lazard Frères Gestion , 18 mai

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