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Willem Jellema : « Rentabiliser au maximum le Momentum »

Certains affirment que les performances passées d’un titre n’offrent aucune garantie quant à ses performances futures et que les stratégies Momentum peuvent impliquer une rotation de portefeuille élevée et le risque d’une inversion de tendance. Il existe cependant des preuves solides que l’investissement sur le facteur Momentum porte ses fruits.

Nous avons interrogé Willem Jellema, gérant du fonds Robeco Momentum Equities au sein de l’équipe Actions Quantitative, pour en savoir plus sur le Momentum et sur la façon dont Robeco exploite cette prime factorielle reconnue tout en évitant les pièges potentiels.

En quoi consiste l’effet Momentum ?

Au dix-septième siècle, Isaac Newton a démontré que les corps qui se déplacent ont tendance à rester en mouvement. Cette loi de la nature s’est également avérée vraie pour les marchés financiers aujourd’hui : les titres affichant de bonnes performances continuent généralement de présenter des résultats supérieurs à la moyenne, et l’inverse est vrai pour les titres offrant de faibles performances.

Pourquoi le Momentum n’est-il pas plus prisé ?

Citons comme raison importante le fait qu’il est difficile de mettre en pratique une stratégie Momentum. En effet, elle peut exposer les investisseurs au risque d’inversion après des périodes de Momentum conditionnées par une réaction excessive. Les coûts de transactions peuvent également poser problème, car le Momentum peut être une stratégie avec une rotation de portefeuille élevée.

Sur quel principe s’appuie le fonds Robeco Momentum Equities ?

Nous pensons que le Momentum est l’une des primes factorielles les plus attrayantes qui existent et qu’il devrait faire partie de toute stratégie action sur l’investissement factoriel. Pour profiter au mieux de la prime Momentum, Robeco Momentum Equities adopte une approche active pour annuler les pièges sur le risque d’inversion et des coûts de transaction liés aux stratégies Momentum traditionnelles.

Comment votre stratégie Momentum se distingue-t-elle des autres ?

Notre approche active réduit l’exposition au « facteur style », tel que l’exposition au marché. Contrairement à ce que croient les défenseurs d’une explication du Momentum basée sur le risque, à notre avis, ce risque n’est pas récompensé. De plus, notre processus de construction de portefeuille réduit les coûts de transaction à des niveaux acceptables : notre rotation de portefeuille est inférieure à celle de l’indice MSCI Momentum. Enfin, notre stratégie Momentum Equities ne va pas à l’encontre d’autres primes factorielles reconnues : nous préférons, par exemple, les titres Momentum moins coûteux aux titres plus onéreux pour éviter de contrecarrer l’effet de valorisation.

Notre stratégie Momentum est compatible avec d’autres primes factorielles reconnues.
Willem Jellema, gérant du fonds Robeco Momentum Equities au sein de l’équipe Actions Quantitative

Comment adressez-vous les risques associés aux stratégies Momentum ?

Nous réduisons l’exposition non récompensée au « facteur style » avec notre technique de résidualisation développée en interne. Qu’est-ce que cela signifie exactement ? En bref, nous sélectionnons les titres affichant de bons résultats en raison de leurs caractéristiques spécifiques plutôt que ceux dont le cours a augmenté parce qu’ils sont fortement axés sur un marché très performant.

Pour ce faire, nous corrigeons les performances de titres en termes d’exposition aux « facteurs style » comme le bêta du marché. Notre technique de résidualisation supprime le risque lié aux inversions des « facteurs style ». Ceci nous permet de sélectionner principalement des titres ayant un bon Momentum en raison d’une sous-réaction des investisseurs, ce qui constitue un moteur de performances beaucoup plus stable que les réactions excessives plus risquées.

Est-ce simple de sélectionner des titres adaptés à votre portefeuille ?

Chaque fois que nous rééquilibrons un portefeuille Momentum, nous sélectionnons les titres affichant les meilleures performances selon notre dernier modèle Momentum mis à jour, qui applique notre technique de résidualisation au signal Momentum et pénalise les valeurs n’offrant pas de bonnes performances par rapport à d’autres facteurs reconnus (comme la Valorisation et la Faible volatilité).

Nous investissons uniquement dans un titre si l’exposition à la prime momentum qu’il fournit dépasse les coûts de son achat et de vente d’un titre moins attrayant. C’est ainsi que nous parvenons à des coûts de transaction nettement inférieurs par rapport aux autres stratégies Momentum. L’intégralité du processus est très structurée, automatisée et basée sur des règles transparentes, donc malgré les différentes étapes en jeu, sa mise en œuvre est simple et nous comprenons exactement ce qu’il se passe dans le portefeuille. Ce n’est donc pas une boîte noire, et ainsi, nous gardons le contrôle.

Nous investissons uniquement dans un titre si l’exposition à la prime momentum qu’il fournit dépasse les coûts de son achat et de vente d’un titre moins attrayant. C’est ainsi que nous parvenons à des coûts de transaction nettement inférieurs par rapport aux autres stratégies Momentum.
Willem Jellema, gérant du fonds Robeco Momentum Equities au sein de l’équipe Actions Quantitative

Comment les investisseurs peuvent-ils combiner la stratégie avec d’autres facteurs ?

Le Momentum est un grand diversificateur au sein d’un portefeuille sur l’investissement factoriel, en raison de sa faible corrélation avec d’autres facteurs comme la Faible volatilité, et en fait, il peut même présenter une corrélation négative avec la Valorisation. En n’allant pas à l’encontre d’autres facteurs lors de l’assemblage de notre portefeuille, nous obtenons une corrélation proche de zéro et nous n’essuyons donc pas de pertes en nous exposant, par exemple, à des valeurs de croissance par suite d’une exposition au Momentum.

Quelle est l’expérience de Robeco avec le Momentum ?

Nous étudions et nous mettons en œuvre le Momentum depuis que nous avons démarré, dans les années 90, la création de nos modèles de sélection de valeurs. De plus, notre premier portefeuille entièrement constitué de valeurs quantitatives en 2002 a profité du facteur Momentum. En nous appuyant sur cette longue expérience, nous avons lancé notre stratégie unique de Momentum actif en 2012 et nous continuerons à améliorer la façon dont nous exploitons le facteur Momentum.

D’où vient l’intérêt des investisseurs pour votre stratégie ?

La majorité des clients de notre stratégie Momentum Equities y investit dans le cadre d’une stratégie de valeurs factorielles plus vaste, mais avec nos performances remarquables des trois dernières années, nous observons un intérêt croissant pour une allocation autonome à la stratégie. La bonne performance du facteur Momentum l’année dernière et les excellentes performances de notre stratégie ont à nouveau démontré l’importance du Momentum et montré comment nous pouvons en récolter les fruits avec notre approche active. Nous prévoyons ainsi que notre stratégie continuera à gagner du terrain.

Next Finance , 19 mai

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