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Vent mauvais ?

Sur les marchés comme ailleurs, la météo peut être très changeante en cette saison. Aux premiers rayons printaniers succède rapidement un vent mauvais. La semaine passée illustre cette instabilité du moment. Hésitants depuis quelques semaines à rendre la pareille à des indicateurs qui sonnaient le printemps conjoncturel, les indices boursiers se sont enfin décidés à y croire.

La tendance était haussière et se voyait par ailleurs soutenue par de nouveaux chiffres qui enterraient définitivement les craintes du début d’année. Ainsi, pour la première fois depuis longtemps, la Chine délivrait une vraie bonne nouvelle. Sonnante et trébuchante. Sur un an, les exportations du géant asiatique ont en effet rebondi de 11,5 % en mars, à 160,8 milliards de dollars, selon les chiffres des douanes chinoises. Un contraste notable avec la chute de 25% enregistrée le mois précédent qui marquait la plus forte baisse des exportations chinoises depuis six ans. Parallèlement, les cours du pétrole touchaient, mardi, les 44 dollars le baril (Brent). Un seuil d’autant plus important qu’il ramenait ainsi les prix de l’or noir à ses niveaux de début décembre, précisément là où a débuté l’inexorable baisse des marchés actions. Tout un symbole, donc, qui laissait à penser que le Rubik’s Cube économique et financier avait enfin retrouvé sur chacune de ses facettes, les couleurs correspondantes.

C’était aller un peu trop vite en anticipation. D’une part, ces réjouissances contrastaient fortement avec le constat dressé en milieu de semaine par le FMI sur la croissance mondiale. Dans sa dernière édition des Perspectives de l’économie mondiale, l’institution de Washington a en effet abaissé à 3,2 % sa prévision pour 2016 alors qu’elle en anticipait 3,6 % il y a encore six mois. Un pessimisme en complet décalage avec l’amélioration des dernières semaines qui peut en partie s’expliquer par le fait que l’échographie conjoncturelle du FMI repose plutôt sur un premier trimestre difficile. Qu’à cela ne tienne, les prévisions sont faites pour être ajustées ! Mais c’était sans compter, d’autre part, sur une actualité du week-end passée presque inaperçue : la réunion des pays producteurs de pétrole à Doha. Comme il fallait s’y attendre, en l’absence de l’Iran, les pays protagonistes - à commencer par l’Arabie Saoudite - ont échoué à s’entendre sur un gel de leur production. Une décision lourde de conséquence qui se fait aujourd’hui sentir sur les cours du pétrole.

Dans un contexte de corrélation des actifs, reste désormais à savoir quelle sera l’ampleur de l’impact sur les marchés actions ?

David Ganozzi , 19 avril

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