Une France relativement attractive pour les investisseurs étrangers et ce malgré une baisse significative du critère « sûreté des personnes »

Mené pour la deuxième fois par la Commission « Attractivité de la France » du CNCCEF, l’Indice d’Attractivité du Territoire offre une vision fine et différenciée des attentes et des besoins des investisseurs actuels et potentiels sur le territoire français...

Cette nouvelle édition montre que l’attractivité du territoire français est jugée satisfaisante et ce malgré la forte baisse du critère « sûreté des personnes  ».

Un territoire français perçu comme relativement attractif au niveau global, mais un indice qui varie fortement selon les critères

L’attractivité du territoire français est jugée par les répondants comme « plutôt satisfaisante » et constante depuis la dernière édition du sondage (juillet 2015), à 60 points sur 100. Sans surprise, les facteurs d’attractivité restent les mêmes que lors de la première édition : l’environnement culturel, la qualité des infrastructures, la qualité de vie et l’environnement, la capacité d’innovation et de recherche, la qualité de la main d’œuvre, l’approvisionnement énergétique et le coût de l’énergie. La seule hausse notable concerne la sécurité juridique qui gagne 3 points depuis la dernière édition.

Les quatre critères qui fragilisent l’attractivité de la France restent également les mêmes, mais enregistrent une faible amélioration : la fiscalité demeure le critère le plus faible, suivi de près par la flexibilité du travail et le climat social et par la charge administrative et réglementaire. Le coût de la main d’œuvre est quant à lui crédité d’une « note » de 26 points.

« Cette progression globale des critères pris individuellement est également constatée dans les classements internationaux. Cette remontée dans le classement est en partie due à une amélioration de la note liée au critère « paiement des taxes et impôts » qui permet à la France de gagner 18 places sur ce critère précis. Les mesures prises par le gouvernement en matière d’économie (loi Macron) et de dialogue social (loi Rebsamen) ont sans doute participé à ce regain d’attractivité et ce sur des critères importants pour les investisseurs. Toutefois, aucun sursaut spectaculaire n’est constaté. Même si les mesures prises semblent accueillies favorablement, elles ne doivent pas masquer une note globale bien en deçà de la moyenne pour la fiscalité, la flexibilité du travail et la charge administrative,  » explique Gilles Bonnenfant, administrateur du CNCCEF en charge de l’attractivité et président du comité Hauts-de-Seine des CCE.

Une amélioration compensée par une baisse significative du critère «  sûreté des personnes  »

Cette progression globale est compensée par une baisse significative du critère « sûreté des personnes », qui subit à la fois l’unique baisse mais aussi la variation la plus forte de cette deuxième édition, avec une baisse de près de dix points (indice de 60). Cette chute est certainement la conséquence directe de la vague d’attentats terroristes qui a frappé la France durant cette année 2015. L’impact négatif est évidemment fort pour les investisseurs, notamment du secteur « service à la personne » ou encore du secteur « hébergement, restauration, tourisme » mais cet impact est sans doute encore plus fort pour d’autres catégories de population auprès desquelles la France cherche à demeurer attractive, notamment les touristes, les retraités et les étudiants étrangers.

Il est enfin intéressant de comparer les critères « objectifs » d’attractivité avec la perception plus subjective qui peut être exprimée spontanément. Bien que l’indice global demeure constant, 81% des répondants estiment que celui-ci s’est dégradé au cours des six derniers mois. De même, lorsqu’il s’agit de donner une opinion globale sur l’attractivité du territoire français, l’indice obtenu est de 53/100 (+3 points), bien en deçà de l’indice calculé. L’image directement perçue de la France est donc toujours largement inférieure à ce que des études plus précises menées auprès du même panel semblent montrer. Cela témoigne d’une réelle difficulté de notre pays à valoriser ses atouts réels et à se construire une image plus fidèle à son potentiel réel.

« Si les attentats de novembre 2015 ont eu une influence importante à court terme sur l’attractivité du pays en termes de « sûreté des personnes », mais aussi un impact subjectif non négligeable, il semble encore trop tôt pour mesurer l’impact des décisions adoptées par le Gouvernement en termes de politiques publiques. Les prochaines éditions devront rendre possible une vision des secteurs d’activité ou zones géographiques au sein desquels ces mesures ont pu avoir le plus d’impact, et aider ainsi à différencier la communication adoptée par les pouvoirs publics ou les postes diplomatiques autour de la promotion de l’attractivité du territoire français,  » déclare Gilles Bonnenfant, administrateur du CNCCEF en charge de l’attractivité et président du comité Hauts-de-Seine des CCE.

Un regard sur l’attractivité qui varie peu selon les zones géographiques, sauf sur certaines attentes particulières

Pour cette deuxième édition, les variations de l’indice global entre les différentes régions restent très faibles. Si ce sont toujours les investisseurs d’Amérique Latine et des Caraïbes qui trouvent le territoire français le plus attractif, les facteurs de cette attractivité semblent évoluer. Ainsi, alors que dans la première édition, l’attractivité de la France pour les investisseurs d’Amérique Latine et des Caraïbes semblait reposer sur une excellente qualité de sa main d’œuvre et sur des niveaux élevés de sécurité juridique et de sûreté des personnes, cette deuxième édition traduit également chez les investisseurs de la zone un intérêt plus fort qu’ailleurs pour l’environnement culturel, la qualité des infrastructures et la capacité d’innovation et de recherche de notre territoire. Pour cette deuxième édition de l’Indice, les écarts importants entre les différentes régions ne concernent toujours que certains critères : « charge administrative », « flexibilité du travail et du climat social  », « sécurité juridique », « sûreté des personnes », « approvisionnement énergétique et coût de l’énergie  ». La France continue à convaincre bien que les investisseurs d’Amérique du Nord soient encore plus critiques que les autres lorsqu’il s’agit d’évaluer l’attractivité du pays en termes de « charge administrative » ou de « climat social », alors que ceux d’Asie, et ce notamment depuis les attentats de novembre 2015, paraissent plus critiques quant à sa capacité à offrir une réelle « sûreté des personnes ».

« Cette seconde édition de l’Indice d’Attractivité du Territoire conforte les résultats de la première : une France qui semble relativement attractive pour les investisseurs, s’appuyant sur des forces qui font toujours consensus mais souffrant également d’un très important déficit de compétitivité dans des domaines essentiels comme la fiscalité, le climat social ou le coût du travail. Améliorer l’accueil des étudiants étrangers, arrêter la fuite des talents hexagonaux et attirer ceux de l’étranger, séduire les touristes, faire venir des retraités d’autres pays et freiner le départ des retraités français constituent en effet des enjeux importants en termes d’attractivité et de performance économique. Les prochaines éditions de l’Indice pourraient ainsi être l’occasion d’accorder une attention particulière à plusieurs d’entre eux. Par ailleurs, les prochaines éditions de l’Indice pourront permettre de réaliser un travail approfondi avec les sections Royaume-Uni et Allemagne du CNCCEF afin de disposer d’une analyse comparative des facteurs d’attractivité de ces pays pour les investisseurs étrangers,  » souligne Gilles Bonnenfant, administrateur du CNCCEF en charge de l’attractivité et président du comité Hauts-de-Seine des CCE.

Next Finance , 4 avril

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